Reconnaissance de la Palestine. Un petit pas pour Paris, une grande avancée pour les Palestiniens
En annonçant depuis l’ONU la reconnaissance officielle de l’État de Palestine, Emmanuel Macron a marqué une rupture majeure dans la diplomatie française. Ce geste relance l’espoir d’une solution à deux États.
Par la voix de son président Emmanuel Macron, la France a reconnu officiellement du siège des Nations-Unies ce lundi 22 septembre l'État de Palestine.
Cette initiative, tout comme celles de plusieurs autres pays occidentaux, a ressuscité la question palestinienne que l'on tentait d'enterrer une fois pour toutes. Elle donne espoir à ce peuple qui vit depuis la naissance de l’ONU une tragédie humaine sans fin en relançant le processus de l’établissement de deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité.
Bien que symbolique, cette reconnaissance qui donne un souffle nouveau à cette cause juste et humaine a suscité de nombreuses réactions de par le monde. D’abord, et comme on s’y attendait, Israël et les États-Unis ont déserté l’Assemblée générale, laissant leurs deux sièges inoccupés, ce que les caméras de l’ONU ont soigneusement couvert lors de l’intervention du président français. Washington comme Tel-Aviv ont critiqué la nouvelle initiative française, la qualifiant de cadeau au Hamas.
En France, toute la classe politique était déjà avertie de la nouvelle décision que préparait depuis longtemps le gouvernement français, et que le Quai d’Orsay mettait en œuvre. Les partis de gauche ont salué ce pas qui s’inscrit pour les uns dans la stricte légalité internationale, et pour les autres donne espoir à l’arrêt du génocide à Gaza et à l’établissement de l’État palestinien. Bien qu’une partie de la droite française, héritière de De Gaulle et de Chirac, ait applaudi le geste, d’autres comme ceux de la droite extrême ont jugé la décision inopportune.
Du côté de l’Autorité palestinienne, et par la voix de son président qui a pris la parole par vidéoconférence, l’initiative française a été saluée comme un signe de courage malgré les diverses pressions et chantages exercés contre Macron pour le dissuader d’emprunter ce chemin de paix que recommandent toutes les résolutions onusiennes afférentes à cette question.
Le Secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, a rappelé que l'État palestinien est un droit et non une récompense. Ce leitmotiv, qu’il ne cesse de rappeler sous différentes formes, lui a valu d’être interdit de séjour en Israël.
Tout a été tenté en France pour dissuader Macron de reconnaitre l’État palestinien et de le dissuader d’un tel geste. Les institutions juives, les intellectuels et les gens des médias et des acteurs se sont mobilisés pour défendre auprès de lui Israël même dans le tort.
Il faut y ajouter des réceptions et même un diner à l’Élysée avec des représentants pro-israéliens qui n'ont pu produire les résultats escomptés. De guerre lasse, un comité de 20 personnalités a lancé un appel dans le journal Le Figaro pour assimiler la reconnaissance de l’État palestinien à une capitulation morale face au terrorisme.
Nous appelons de toutes nos forces, pouvait-on lire, à la paix au Proche-Orient. Mais cette reconnaissance, nous l’avons nous-mêmes soumise à des conditions préalables claires pour qu’elle contribue à la paix, et en particulier à la libération des 48 otages encore retenus à Gaza et au démantèlement du Hamas. Cette reconnaissance, selon ce comité pro-israélien, n’aidera ni les civils palestiniens ni la libération des otages, estiment-ils. Nous savons, poursuit cet appel, que ce n’est pas votre intention, et pourtant cette reconnaissance, avant la réalisation de ces conditions, serait revendiquée comme victoire pour le Hamas.
En déclarant sa reconnaissance de l’État palestinien, Emmanuel Macron a honoré la diplomatie de son pays. Il a marqué le registre des Nations Unies par sa déclaration. Comme hier quand Jacques Chirac s’est opposé au sein de l’ONU à la guerre en Irak par la voix de son ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin en février 2003.
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