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Sahara. Échec et mat, deux rapports favorables au Maroc

PAR AHMED FAOUZI. À deux jours d’intervalle, deux think-tanks sérieux mais différents, ont publié des analyses sur l’évolution de la question nationale après la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara par la France. L'analyse d'Ahmed Faouzi à propos de cette dynamique qui pèse favorablement pour la cause nationale.

Le 21 août 2024 à 16h41

Le 14 août, ce fût d’abord l’United States Institute of Peace, USIP, et le 16 c’était le tour de l’Institute for Security Studies sud-africain, ISS. Les deux se sont penchés sur ce différend pour s’accorder, chacun de son côté, à souligner l’échec cuisant de la diplomatie algérienne à contrer l’offensive marocaine sur ce dossier.

L'USIP, l’autonomie est la seule perspective

Pour l’article de l’USIP rédigé par Thomas Hill directeur de la section Afrique du Nord, le conflit qui oppose notre pays à l’Algérie est l’un des plus longs sur notre continent. Selon l’auteur, la guerre qu’a menée l’Algérie au Maroc, par polisario interposé, a été "définitivement perdue par Alger", suite à la reconnaissance de la marocanité du Sahara par la France en juillet dernier. Cette initiative de Paris, ajoutée à l’avantage militaire du Maroc, ne laisse aucun autre choix sur la table que le projet l’autonomie proposée.

Thomas Hill souligne que la meilleure option qui reste pour l’Algérie est de saisir cette occasion pour négocier les meilleures conditions possibles avec le Maroc pour sortir de ce conflit avec honneur. Il rappelle que depuis que le Polisario réclame ce territoire, le Maroc a mené de front ce combat, défendant et développant en même temps ce territoire pour asseoir sa souveraineté. Le polisario, avec l’aide de l’Algérie a mené, lui, une politique infructueuse pour contrôler cette région et établir sa république.

Selon ce consultant, l’échec de l’ONU pdans l'organisation d'un référendum sur une base qui prend en compte tous les sahraouis, puis la reconnaissance par les États-Unis de la marocanité du Sahara en décembre 2020, ont constitué un virage dans l’évolution du dossier. En outre, la récente reconnaissance par la France du projet d’autonomie pour le Sahara, dans le cadre de la souveraineté marocaine, est d’une toute autre nature. Elle provient d’un pays qui connait le mieux l’histoire de cette région, beaucoup plus que tous les autres.

Hill observe, à juste titre, qu’au sein des pays européens, les oppositions aux revendications marocaines se sont estompées ces dernières années. La raison principale, selon lui, réside dans les intérêts économiques que présente désormais le Maroc pour l’Europe. L’autre atout a été la reconnaissance de la marocanité du Sahara par la première puissance mondiale que sont les États-Unis en décembre 2020. À ce niveau, il a comptabilisé tous les pays arabes, islamiques et africains, qui reconnaissent la marocanité du Sahara au détriment de l’entité créée et nourrie par l’Algérie elle-même sur son propre territoire.

L’auteur reproche sévèrement, et à raison, au polisario et à l’Algérie, le rejet du plan d’autonomie pour le Sahara, alors qu’ils ont échoué à le contrôler militairement. Il pose conséquemment la question qui mérite d’être posée, à savoir quelles sont les concessions qu’ils peuvent accepter dorénavant, dans le cadre de la seule alternative qui reste qu’est l’autonomie. L’un des défis majeurs qui devrait être relevé serait selon lui le retour des populations au Maroc, et leur intégration dans le tissu de la nation marocaine.

Une partie de l’analyse de Hill porte sur l’impopularité du polisario auprès de la population sahraouie dans les camps de Tindouf. Celle-ci voit le mouvement séparatiste comme une vieille direction inefficace. Une autre frange de la nouvelle génération, qui ne connait pas le Maroc est, au contraire, jusqu’au-boutiste, préférant l’aventure dans une lutte armée sans issue. Pour que les responsables du polisario renoncent donc à l’idée d’une indépendance devenue irréalisable, il doit présenter tout éventuel compromis avec le Maroc comme une victoire.

Par ailleurs, le polisario est loin d’être lui-même autonome, ajoute l’auteur. C’est l’Algérie qui tire les ficelles et récolte le plus de bénéfices de ce conflit pour irriter le Maroc, écrit Hill. Alger fera pression sur la direction du polisario, si jamais celui-ci opte pour l’autonomie, à moins d'obtenir elle aussi des concessions qui lui profitent également, écrit-il. La dynamique actuelle, ajoute-t-il, est entièrement du côté du Maroc et dans un avenir pas si lointain ce, conflit sera définitivement clos. Compte-tenu de l’avantage qualificatif du Maroc, l’Algérie comme le polisario, n’ont d’autre choix que de négocier un règlement sur la base de l’autonomie, seule et unique issue.

Mais pour Hill, cela serait une pilule amère à avaler pour l’Algérie et le mouvement séparatiste, que d’accepter cette nouvelle réalité. Cependant, continuer à la nier ne mènera qu’à un règlement qui leur sera encore moins favorable. Hill conseille au polisario et à ses soutiens de saisir ce momentum pour négocier les termes d’un accord et d’un règlement réalistes. Agir autrement reviendra à nier que ce conflit, l’un des plus anciens conflits en Afrique, est arrivé enfin à sa conclusion finale.

L’ISS c’est un échec cuisant pour l’Algérie.

C’est la même conclusion à laquelle aboutit l’analyse de l’Institute for Security Studies, ISS, basé en Afrique du Sud, menée par son consultant Peter Fabricius. Sous le titre prémonitoire "la quête d’indépendance du Sahara semble s’essouffler", l’auteur affirme que de plus en plus de pays soutiennent le plan d’autonomie proposé par le Maroc, plutôt que l’indépendance de ce territoire. Le polisario semble perdre progressivement du terrain dans sa longue bataille pour se dissocier du Maroc, écrit-il.

Tout en rappelant que le Maroc avait accepté le plan de paix des Nations Unies en 1991, l’article omet sciemment de signaler les difficultés rencontrées lors du recensement de la population sahraouie durant le début de ce processus. L’ISS écrit que le Maroc a commencé depuis à faire pression pour accorder une autonomie limitée sous sa souveraineté, comme l’unique solution à ce conflit. Il s’agirait selon cet Institut, d’une alternative à l’indépendance revendiquée par le polisario reconnue, selon l’ISS par plusieurs pays africains.

Le consultant Fabricius, baignant dans une atmosphère politique imprégnée par l’idéologie de l’ANC, n’évoque à aucun moment les subterfuges et les manipulations orchestrées par les militaires algériens depuis la fécondation in vitro du polisario, jusqu’à son admission au sein de la défunte Organisation de l’unité africaine, OUA. Il n’évoque pas non plus les financements gracieux et colossaux, fournis pour leur ouvrir des ambassades, et leur octroyer des salaires depuis maintenant un demi-siècle sans grand succès.

L’ISS finit par admettre la réalité qui saute aux yeux de nombreux observateurs dans beaucoup de contrées à travers le monde. L’indépendance n’est plus une option sur la table parce qu’elle est tout simplement irréaliste. L’article conclut que le soutien au polisario se réduit comme peau de chagrin, dans l’attente d’une résolution pacifique du conflit. Il énumère, avec un regret qu’on perçoit en filigrane, les ouvertures de consulats dans nos provinces du sud, et s’attriste sur le sort du polisario qui a perdu beaucoup du terrain sur le plan international.

Cependant, selon l’ISS, le coup le plus dur encaissé par le Polisario demeure la triple reconnaissance par les États-Unis, l’Espagne et la France, de la marocanité de ce territoire. S’il s’attarde sur la reconnaissance des États-Unis, en la mettant en relation avec les accords d’Abraham, il prête moins attention au nouveau positionnement de l’Espagne et de la France, deux pays qui connaissent parfaitement, et mieux que les autres, l’histoire du Maroc et de toute la région.

Une leçon pour la diplomatie sud-africaine

Selon cet institut sud-africain, au-delà de l’échec cuisant de l’Algérie, qui a rappelé son ambassadeur de Paris, ce sont les responsables sudafricains également qui se sentent découragés par la nouvelle tournure que prend le dossier du Sahara, et sur lequel ils ont tant misé. Ces responsables constatent, ajoute l’auteur, une érosion du soutien au polisario, et une croissance constante des soutiens à la revendication de souveraineté du Maroc sur ses provinces du sud.

La question qui mérite d’être posée maintenant au gouvernement sud-africain est: que doivent-ils faire pour réviser leur politique à l’égard du Maroc en prenant en compte l’évolution de ce dossier ? Malheureusement, cette interrogation n’a pas été posée par le consultant Peter Fabricius. Elle n’a pas effleuré son imagination pour se la poser à lui-même durant toute sa réflexion.

Il est temps pour beaucoup de nos amis sud-africains, politiciens comme intellectuels, de changer de lunettes et de lire le Maroc à travers son histoire qui leur inspirera bien des vérités pour corriger leurs perceptions sur nous. Il faut qu’ils cessent de nous voir à travers leur idéologie surannée et déformante. Eux comme nous serions ensemble les vrais gagnants.

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Le 21 août 2024 à 16h41

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