Sahara marocain : “Genuine means” souveraineté. Souplesse et force tranquille
À l’heure où l’Algérie peine à imposer sa vision d’un Maghreb à géométrie variable, la Mauritanie réaffirme son attachement à l’Union du Maghreb arabe comme seul cadre légitime de coopération régionale. Dans le même temps, le dossier du Sahara confirme son recentrage sur le plan d’autonomie marocain, désormais soutenu par un nombre croissant de capitales.
La Mauritanie, par la voix du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, réaffirme que l’Union du Maghreb arabe (UMA) reste le cadre le plus approprié pour construire ou reconstruire le Maghreb. Cela devrait impérativement se réaliser à travers la redynamisation des institutions de l’Union et de ses comités sectoriels. Le chef de l’État mauritanien exprime cette conviction quand il reçoit le nouveau secrétaire général de l’UMA, Tarek Ben Salem, à Nouakchott, le 13 avril 2025.
La Libye, selon une information véhiculée par certains médias, mais non confirmée par les autorités libyennes, aurait suspendu les préparatifs pour la tenue d’un sommet tripartite regroupant, outre la Libye, l’Algérie et la Tunisie. Et pour cause, ce sommet vise au premier chef la réactivation des politiques d’axes au Maghreb. Le retrait libyen est qualifié par certains commentateurs de désaveu stratégique pour l’Algérie, qui aurait voulu imposer son agenda géopolitique en y introduisant la question du Sahara.
Cette fixation-écran noir des nuits blanches que nourrissent des décideurs algériens en souffrance d’imagination ne laisse aucun doute sur leur désarroi et perte de boussole. Ils n’arrivent pas à se libérer d’une souricière diplomatique qui les fait saigner à chaque mouvement qu’ils s’agitent ou lorgnent le nord, le sud, l’est ou l’ouest.
Dans la foulée, l’Algérie est élue membre du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine pour une période de trois ans. Elle y trouvera matière à croquer, quand bien même la question du Sahara ne relève plus de la compétence de l’Union africaine.
Le dossier du Sahara, depuis le sommet de Nouakchott de 2018, est exclusivement traité par le Conseil de sécurité des Nations unies. Dès lors, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ne devrait plus se saisir du dossier.
De même, le sommet d’Accra de 2024 décide que seuls les États membres de l’Organisation des Nations unies sont habilités à participer aux sommets entre l’Union africaine et ses partenaires internationaux bilatéraux et multilatéraux.
Le délégué algérien pourrait se réjouir de « papoter » un peu avec ceux parmi les quinze membres du CPS qui épousent sa thèse hostile au Maroc. Après tout, les nuits d’Addis-Abeba sont longues et l’ennui fait des ravages au sein d’une institution qui a tout réussi dans l’échec depuis 2001. L’Union africaine ne pouvait pas avancer, car elle était incapable de corriger une lacune fondamentale sur les critères d’expulsion des États membres. Cette lacune a été enregistrée en 1963, alors qu’elle s’appelait Organisation de l’unité africaine, et en 2001, en pleine course au leadership entre la Libye, l’Afrique du Sud, l’Egypte, l’Ethiopie, le Nigéria et l’Algérie.
Quelques heures auparavant, le représentant personnel du secrétaire général des Nations unies au Sahara fait son briefing devant le Conseil de sécurité réuni à huis clos. Un pavé dans la mare de l’Algérie : le plan d’autonomie proposé par le Maroc est la seule base des négociations pour une solution mutuellement acceptable par les parties en conflit.
Entretemps, le chef de la diplomatie marocaine fait une tournée européenne au cours de laquelle les pays visités (Estonie, Croatie, Moldavie et Hongrie) réaffirment leur soutien au plan d’autonomie marocain, qui devient la seule option pour la résolution du conflit régional autour du Sahara.
Le polisario se refait une nouvelle virginité en procédant à la nomination d’un nouvel responsable pour occuper le portefeuille des Affaires étrangères de la pseudo-rasd. L’ancien détenteur de ce portefeuille est dépêché au Royaume-Uni pour siéger au sein de l’ambassade algérienne à Londres et tenter de freiner l’élan de reconnaissances de la souveraineté marocaine un peu partout dans le monde, soit directement, soit par l’appui au Plan d’autonomie. Il y a feu dans la demeure, car le Royaume-Uni confirme avoir un dialogue constructif avec le Maroc sur la question du Sahara.
Stratégie haussière, stratégie baissière : vogue la galère
Cela sous-entend une évolution substantielle dans la mesure où le Royaume-Uni fait du principe de l’autodétermination une priorité dans sa politique étrangère. Naturellement, ce principe conforte sa position par rapport à la question de Gibraltar et au litige qui l’oppose à l’Argentine sur les îles Malouines (Falkland). Déjà, en juin 2024, lors d’une conférence organisée par The Royal United Service Institute (RUSI), des experts et diplomates britanniques et marocains ont démontré que les cas précités ne pouvaient être totalement assimilés à la question du Sahara, car le Maroc avait préexisté en tant qu’État indépendant à l’instauration des protectorats espagnol et français en 1912.
Les experts ont souligné la nécessité pour le Royaume-Uni de prendre le train en marche et d'emboîter le pas aux pays qui soutiennent le plan d’autonomie marocain comme étant la seule solution réaliste pour résoudre le conflit artificiel autour du Sahara. Pour mémoire, il faut rappeler que le Royaume-Uni et le Royaume du Maroc ont signé un accord en 1895, en vertu duquel le Royaume-Uni reconnaît la souveraineté marocaine sur les terres allant de l’Oued Draa au Cap Boujdour au Sahara.
Le ridicule ne tue pas et les médias algériens parlent de l’envoyé du Polisario comme représentant de la pseudo-rasd à Londres. Il s’agit du même refrain répété à New York, Paris, Genève, Bruxelles et Madrid qui atteste du dérapage d’une boussole qui ne sait plus où s’orienter. Ainsi, rien à "cirer" pour le représentant polisarien élisant domicile à l’ambassade d’Algérie à Londres et circulant avec un passeport diplomatique algérien.
De même que les tentatives de l’ONG (Western Sahara Campaign UK) et de certains politiciens britanniques de remettre en cause l’accord d’association entre le Maroc et le Royaume-Uni signé en 2019 et entré en vigueur en 2021 ont échoué. En effet, la Cour d’appel britannique scelle irrévocablement la validité des accords commerciaux avec le Maroc par une décision finale prononcée en mai 2023.
La Cour enfonce le clou en affirmant que l’interprétation que fait la WSCUK est infondée, voire n’a aucun sens. L’argumentaire de cette ONG a été que la présence du Maroc sur le territoire était "illégale" au regard du droit international et qu’il procédait à l’exploitation des richesses du Sahara dit occidental et violait les droits humains des populations.
Précipitation des évènements, et voilà l’Algérie et la France qui entrent en conflit direct avec une salve d’expulsions de diplomates. Paris rappelle son ambassadeur à Alger pour consultation.
Pour jouer de la diversion, le secrétaire général de la SADC (South African Development Community), Elias M. Magosi, annonce le 2 avril 2025 la signature d’un mémorandum d’entente avec la pseudo-rasd. Il est incité à le faire par l’Afrique du Sud qui perd de plus en plus de dents dans l’arène géopolitique africaine – et signe et persiste dans son hostilité au Maroc ; une position qu’elle avait inaugurée en 2004 par la reconnaissance d’une entité artificielle.
Déjà, des pays membres de la SADC, en l’occurrence le Malawi, les Comores et la Zambie, ont rendu publics des communiqués officiels dénonçant la manœuvre du secrétaire général Magosi. Pour rappel, des membres de la SADC ont retiré leur reconnaissance de la pseudo-rasd (les Seychelles en 2008, l'Eswatini en 2017 et la Zambie en 2018). Les Comores, l'Eswatini, la Zambie et le Malawi ont par ailleurs ouvert des consulats à Laâyoune et à Dakhla.
Au moment où l’Algérie et le polisario s’agitent, les populations séquestrées à Tindouf commencent à donner de la voix. Elles ne veulent pas rester indéfiniment là-bas. C’est comme si ces populations se faisaient l’écho du chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, qui appelle dans une interview accordée à La Cafetera Radiocable, le 6 avril, à mettre fin à cette question bloquée depuis cinquante ans.
Le ministre espagnol a réaffirmé, le 17 avril, la position claire et nette de l’Espagne, consignée dans la déclaration du 7 avril 2022 reconnaissant les efforts sérieux et crédibles du Maroc pour atteindre une solution mutuellement acceptable. L’Espagne considérant l’initiative marocaine de large autonomie présentée en 2007 comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour résoudre le différend autour du Sahara.
Une saccade de surprises encore, un mouvement dissident appelé "Des sahraouis pour la paix" regroupant d’anciens dirigeants et activistes au sein du Polisario avait demandé à être reçu par Staffan Di Mistura, lors de sa tournée dans la région, qui avait précédé la présentation de son briefing devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le 14 avril dernier. Le mouvement des sahraouis pour la paix, s’ajoute au mouvement خط الشهيد créé en 2004, qui se prononce clairement pour le plan d’autonomie. La prétendue légitimité du Polisario comme « seul représentant du peuple sahraoui » se rétrécit ainsi comme peau de chagrin.
Sans préjuger de la bonne foi de ces mouvances qui auraient fait une autocritique qui les aurait convaincues d’adopter une position médiane, cela n’empêche pas de faire un parallélisme avec ce qui s’est passé durant les années 1970.
En effet, en 1974, l’Espagne travailla à créer le Parti de l’Union nationale sahraouie dans le but de perpétuer sa présence dans le territoire. Un référendum avait été envisagé pour, au final, octroyer une autonomie sur mesure aux populations encadrées par le mouvement susvisé. La passation du pouvoir serait alors un subterfuge et l’Espagne ne quitterait pas la région.
Parallèlement, la Mauritanie encouragea les premiers éléments du mouvement qui allait devenir le Polisario à se réunir sur son territoire. L’objectif était le même : une fois le territoire "indépendant", ce mouvement intégrerait la Mauritanie. Tout cela entrait dans le cadre d’une alliance tripartite entre l’Espagne, l’Algérie et la Mauritanie avant que cette dernière, s'apercevant qu’elle était le maillon le plus faible de la chaîne, ne changeât de stratégie et fît cause commune avec le Maroc.
L’Algérie, de connivence avec l’Espagne, avait déjà, à partir de 1967, encouragé le transfert vers Tindouf des vagues de populations appartenant à la tribu des Rguibat. L’Algérie adopta alors un narratif tiré par les cheveux, mais qui profita de la confusion générale à l’époque où les revendications marocaines se faisaient de plus en plus pressantes autour de la question d’Ifni et du Sahara. L’Algérie n’eût pas eu froid aux yeux d’exprimer ses ambitions de prendre possession du territoire.
L’Algérie prétendit que les Rguibat se divisaient en deux grandes fractions : les Rguibat du Sahel rattachés à la Mauritanie et les Rguibat de l’Est rattachés à Tindouf. Naturellement, l’Algérie passa sous silence le fait que tout le Sahara oriental faisait partie du royaume chérifien avant 1954, date de son rattachement au département français algérien à la veille des négociations sur l’octroi par la France d’une indépendance conditionnelle à l’Algérie, à la suite d’un référendum organisé en trois temps.
La précipitation des évènements fit échouer les deux projets. Le Polisario créé de fait en Libye fut récupéré par l’Algérie. Le Parti de l’Union nationale sahraouie déclara son allégeance au Maroc quand il se rendit compte du stratagème ourdi par l’Espagne et l’Algérie. Ce fut la même lecture faite par la Jmaa, dont le chef Khatri Ould Said Joumani posa un lapin à l’Espagne en prêtant allégeance au roi Hassan II, le 5 novembre 1975.
C’est le cas pour moi d’annoncer qu’une analyse, qui va au-delà de ce que je viens de dire, est contenue dans un livre en langue arabe écrit par le Dr Samir Bennis. Le livre paraîtra en été ou en automne 2025. Une randonnée passionnante dans les labyrinthes de la question du Sahara marocain qui viendra conforter sa contribution magistrale dans son livre en langue anglaise paru en juillet 2024 (Samir Bennis, The Self-Determination Delusion : How Activist Scholars and Journalists Have Hijacked the Western Sahara Case, 2024).
Ils sont nombreux, ces mouvements, qui parfois donnent l’impression de chercher à semer le trouble dans les esprits. On ne sait pas s’ils sont vraiment pour la mise en œuvre du Plan d’autonomie marocain ou s’ils sont de mèche avec des tendances diffuses dans la région pour faire durer le conflit à jamais.
Certains observateurs sont d’avis que des éléments sahraouis, qui dansent sur les deux jambes, se féliciteraient de la position de la SADC citée plus haut et des tentatives de l’Algérie de créer un Maghreb sans le Maroc et la Mauritanie pour pouvoir, un jour, y faire intégrer la pseudo-rasd.
Coïncidence encore, le gouvernement marocain relance le processus de la régionalisation avancée pour aller de l’avant dans la mise en œuvre de la démocratie locale. Le temps est effectivement arrivé pour que la symphonie d’ensemble soit jouée dans les douze (12) régions du Royaume. La question des ressources humaines ne se pose vraiment pas, mais une circulation rationnelle des élites est on ne peut plus incontournable.
Tous ces évènements ont, cela saute aux yeux, un point commun, une toile de fond, une ligne conductrice : le Sahara marocain. Oui, le Sahara marocain, qu’on l’appelle occidental pour utiliser le langage onusien, ou provinces du Sud, ou encore avec un peu d’esprit le Sahara occidental marocain. Eh bien, le Maroc est conforté dans sa cause par une évolution qui commence déjà en 2001. Cela a été inauguré par l’abandon de la question du référendum défendu à cor et à cri par l’Algérie, le Polisario et leurs relais en Afrique et en Amérique latine.
Or, on est parfois étonné de la réaction de certains commentateurs et diplomates marocains. Au lieu de se féliciter de l’évolution de la perception par de nombreuses capitales du monde de la question du Sahara, en en arrivant à la conclusion qu’il s’agit d’un problème entre l’Algérie et le Maroc, ils posent des questions sémantiques et passent à côté de la plaque. La question qu’ils soulèvent depuis le 14 avril se rapporte à l’adjectif "genuine, authentique, حقيقي أو أصيل" qui a été mentionné dans le briefing de Staffan Di Mistura tel qu’il l’a associé au plan d’autonomie marocain. On reproche, à juste titre, à Di Mostra de ne pas ajouter l’expression "Plan d’autonomie sous souveraineté marocaine" quand il a parlé de la confirmation de la position américaine et française.
La réaction de ces commentateurs rappelle celle très véhémente de certains analystes basés à Doha, à Paris, à New York, à Washington et à Rabat, qui ont minimisé la portée et la magnitude de la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara par les États-Unis, le 20 décembre 2020.
Ces commentateurs se sont barricadés derrière un argumentaire juridique encensant les Nations unies et omettant délibérément le fait que les conflits internationaux sont géopolitiques dans la forme et dans le fond. On remarque que ces experts se font trop transparents depuis quelques semaines.
Des Samaritains en queue de peloton
Ces commentateurs feignent d’oublier que "genuine" est un terme qui est utilisé dans le langage onusien, qui veut dire que les négociations pour la résolution des conflits doivent être sincères, engagées, et apporter des solutions définitives qui s’inscrivent dans la durée.
Outre ces commentateurs, il y a ceux qui, en Algérie, développent un autre narratif. Ils prétendent que le plan d’autonomie soutenu par les États-Unis au Sahara viserait à morceler le Maroc. Des Samaritains de la dernière pluie ; "Pincez-moi, que je ne rêve pas !"
En vérité, les Algériens sont conscients du fait que le prochain pays candidat au morcellement dans la région ne serait autre que le leur. Ils jouent sur la diversion. Ils ont récemment financé une mission de propagande au profit d’une "opposition dite du Rif" dont des éléments sont allés prêcher leur droit à l’autodétermination en Tanzanie. Allez savoir pourquoi.
Les commanditaires algériens ont vraiment l’audace apparente de Judas en miniature en mauvaise posture. Parce qu’au moment où ils partent en safari, ils n’arrivent pas encore à avaler la pilule amère que le dirigeant kabyle Ferhat Mehenni, président du MAK, leur a administrée. Il a été reçu au Sénat français au début du mois d’avril. Il inscrit sa démarche dans la droite ligne de la présentation des revendications de son mouvement indépendantiste, dont le point culminant a été la proclamation de l’indépendance officielle de "l’Etat Kabylie" le 20 avril 2024 devant le siège des Nations unies à New York.
Qu’à cela ne tienne, le chef de la diplomatie algérienne se rend à Addis Abéba, en marge des élections au CPS, et arrache lors d’une réunion avec son homologue éthiopien une déclaration sur « le droit des Sahraouis à l’autodétermination et à l’indépendance. » C’est en tout cas ce que la presse officielle algérienne a laissé entendre. Rien de surprenant, l’Éthiopie reconnaît la pseudo-rasd depuis 1979 ; toutefois, depuis le retour du Maroc au sein de l’Union africaine en 2017, elle tente d’avoir des relations équilibrées entre le Maroc et l’Algérie.
La visite royale à Addis Abéba en 2016 et la signature d’un accord important pour la construction d’une usine d’engrais à Dire Dawa avec l’Office chérifien des phosphates portant sur un investissement estimé à 3,7 milliards de dollars, confortent cette analyse. Par ailleurs, lors de son mandat au sein du Conseil de sécurité des Nations unies (2017-2018), l’Éthiopie, tout en s’abstenant de voter les résolutions 2414 du 27 avril 2018 et 2440 du 1er novembre 2018, s’est démarquée de son narratif traditionnel sur le référendum et a appelé à une solution politique mutuellement acceptable.
Toujours est-il que le plus étonnant, si ce que la presse algérienne avait avancé était vrai, c’est le fait que ce grand pays fait encore face au séparatisme dans la région du Tigré (2020-2022) et a été lui-même obligé de reconnaître l’indépendance de l’Érythrée en 1993 à la suite d’un référendum imposé. L’Érythrée est un cas d’école en matière de cession de territoire par un pays africain. L’Éthiopie accepte de se faire priver du seul accès qu’elle pût avoir sur l’océan Indien.
Mémoire amnésique ou hypocrisie diplomatique, quoi qu’il en soit, la conclusion serait que les biberons de la propagande révolutionnaire ne servent plus que du lait industriel. Ils produisent de l’obésité politique et privent les consommateurs de l’initiative d’une hygiène diplomatique salutaire. Plus intéressant encore est le fait que l’Éthiopie garde son ambassade ouverte à Rabat au moment où, depuis 2021, elle a fermé la sienne en Algérie pour, dit-on, des raisons financières et de crise économique.
En réalité, les Algériens et leurs soutiens africains ne sont pas sortis de l’auberge en matière de morcellement de leurs pays. L’Afrique du Sud s’est vue secouée récemment par la montée des revendications indépendantistes émanant de la minorité blanche en Orania et dans le Cap-Occidental.
En pleine floraison, les fleurs s’épanouissent
Les alliances traditionnelles, l’identité commune sur les questions internationales commencent à ressentir le doute. Il y a certes "l’effet Donald Trump", mais il y a surtout le fait que les atouts sur lesquels les alliés comptent sont atteints par l’humidité diplomatique. On ne peut pas dire que les BRICS, par exemple, font le poids idoine pour bousculer l’ordre mondial actuel. On ne peut pas dire, non plus, que les acteurs proxies reprennent du poil de la bête. Au contraire.
The Washington Post révèle, le weekend dernier, que des combattants du Polisario ont été formés en Syrie par Hezbullah affilié aux Gardiens de la Révolution islamique, confirmant les liens entre l’Iran et le mouvement séparatiste. La formation des séparatistes entrait dans le cadre d’un programme global destiné à des mouvements hors croissant fertile. Ces éléments polisariens seraient entre les mains des nouvelles forces de sécurité syriennes.
Concomitamment à la publication de cet article, le Guide suprême de la Révolution islamique, Ayatollah Khamenei, déclare que les négociations qui ont lieu à Oman entre négociateurs iraniens et américains réalisent quelques progrès ; néanmoins, il affirme être pessimiste quant à la sincérité des Américains.
Les agitations algériennes rappellent l’émoi sinon la rage constatés chez les pays du Front arabe du refus (Irak, Algérie, Syrie, Libye, Yémen du Sud et OLP), à la suite de la conclusion des accords de Camp David entre l’Égypte et Israël en 1978. De la précipitation et de l’irresponsabilité politique et diplomatique. Sinon, comment expliquer cet entêtement à raviver la politique d’axes maghrébins ? Comment réussir un tel pari, à deux, si le retrait de Tripoli est confirmé ? Peut-être la Tunisie n’aurait-elle de choix que de jouer le marchandage pour grignoter un soutien financier de la part de l’Algérie.
L’Algérie ne perd pas espoir d’acculer le président tunisien à adopter une position plus claire de soutien au Polisario. Pourrait-il franchir ce pas ? Les gardiens du temple tunisien, ceux-là qui avaient servi sous Zine El-Abidine Ben Ali, qui nourrissent un sentiment revanchard contre les mouvances post-Printemps arabe tunisien, le permettraient-ils ?
Ce serait un acte suicidaire, dans la mesure où la question du Sahara est sur la voie de sa résolution dans le cadre du Plan d’autonomie, certes "genuine", mais toujours marocain ; certes constituant un pas courageux sur la voie de la régionalisation avancée, mais toujours dans le cadre de la stabilité des institutions et de la démocratisation du système de prise de décision.
Bien que le briefing de Staffan Di Mistura devant le Conseil de sécurité reste formel, il annonce une coupure épistémologique avec un narratif dépassé sur le référendum. Désormais, ce sera le plan d’autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine qui sera la base des négociations pour résoudre le conflit régional artificiel autour du Sahara.
Ce mot "genuine" ne devrait pas causer d’appréhension, car les expériences d’autonomie sont aussi variables que soucieuses de la souveraineté des États. Le Maroc a lutté pendant soixante-dix ans pour parachever son intégrité territoriale – et ce n’est pas maintenant que des esprits mal inspirés lui apprendraient comment prendre le taureau par les cornes. "Genuine, authentique, حقيقي" signifie souveraineté, souplesse et force tranquille pour une intégrité territoriale qui ne laisse pas l’ombre d’un doute.
Car, tout le monde est désormais convaincu (une centaine de pays membres des Nations unies reconnaissant la souveraineté du Maroc ou appuyant l’initiative d’autonomie) que la question du Sahara est une question existentielle pour tous les Marocains.
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