Tunisie: naissance d’une démocratie
De toutes les révolutions arabes, la tunisienne est l’unique à rester prometteuse. Les élections de dimanche prochain devraient permettre l’émergence d’institutions crédibles mettant fin à une période de transition qui n’a pas été sans périls.
Les observateurs mettent en avant le nombre de partis, près de 190, le retour des cadors du RCD, le parti de Ben Ali, la puissance d’Ennahda, le parti islamiste au pouvoir pour justifier leurs pessimismes. Ce sont les mêmes qui s’extasiaient devant le printemps arabe qui devait aboutir à la modernité.
C’est une forme de cécité, malheureusement, très partagée. Si la Tunisie s’en sort bien, elle le doit à quatre atouts :
-l’existence d’une classe moyenne éduquée qui agit pour la stabilité. C’est cette classe moyenne qui porte les débats politiques. Si, en son sein, Ennahda recrute largement, la laïcité y trouve aussi ses défenseurs.
-une centrale syndicale unique et indépendante. On n’oublie pas que Habib Achour a été emprisonné par Bourguiba pour avoir défendu cette indépendance. L’UGTT a joué un grand rôle en s’interposant entre la volonté hégémonique des islamistes et les velléités de rupture à gauche. C’est un cas unique au monde arabe. Depuis Farhat Hachad, le syndicalisme tunisien est resté et a pu garder ses distances avec le pouvoir dictatorial.
-les islamistes appréhendent à sa juste mesure l’existence d’une force sociale opposée à leur projet, sans être éradicatrice. Ils en tiennent compte et si on suit les débats internes, ce que je fais, on se rend compte que sous cette pression, ils sont les plus avancés parmi les islamistes sur la question de l’Etat. Ce n’est pas rien, parce que cela tranche avec l’expérience égyptienne par exemple.
-enfin, la faiblesse de l’armée, institution qui n’a joué aucun rôle dans la transition, même quand le blocage était à son paroxysme et la déflagration très proche.
Les islamistes seront un acteur essentiel des prochaines institutions, parce qu’ils sont implantés, mais aussi parce que leurs concurrents sont divisés. Ils reconduiront probablement la coalition actuelle.
Peu importe, parce que la Tunisie entrera dans une nouvelle ère, que la vie politique finira par se structurer. L’enjeu essentiel, c’est la situation socio-économique. Il faut trouver les moyens pour satisfaire les attentes populaires en relançant la croissance.
Le risque terroriste est réel, la situation en Libye le renforce.
Malgré ces risques, on peut être raisonnablement optimiste pour la patrie de Chabbi. Si le peuple veut, et il a prouvé qu’il le veut, le destin ne peut que s’incliner.
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