URSS, la république qui a changé le monde
Ce vendredi c’est le 100e anniversaire de la création de l’URSS, la république qui a chamboulé la géopolitique en créant un contrepoids historique et qui a été proclamée le 30 décembre 1922.
L’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, URSS, ce vaste et puissant empire aura vécu trois phases dans sa courte vie.
Une parturition difficile
La première s’étendant entre 1922 et 1939, une période consacrée à la création du parti communiste par l’emblématique Vladimir Ilitch Lénine. Mais surtout au grand ménage de la scène intérieure, marquée par l’élimination des dernières poches nostalgiques au règne des Tsars, et à la concentration du pouvoir entre les mains de Joseph Staline, avec l’intégration à l’U.R.S.S. d’un maximum de républiques limitrophes.
Lénine, le père fondateur de cet empire, décède en 1924 et laisse la fédération en proie à une guerre interne entre Staline et Léon Trotski. Ce dernier s'exile au Mexique en 1927 laissant derrière lui un Staline avide du pouvoir. Staline se consacrant à consolider la république et à étendre ses frontières en annexant d’autres républiques d’Asie. La crise économique mondiale de 1929 déclenchée en Amérique avait atteint les pouvoirs politiques en Europe. Ainsi, un petit parti d’extrême droite en Allemagne émerge, Parti Nazi, mené par un certain Adolf Hitler arrive au pouvoir en 1933 et remet la carte d’Europe sur la table.
L’opportunisme de guerre
Impacté par les effets de la crise mondiale et plombé par les crédits contractés auprès de l’Allemagne, Staline essaye, dès l’arrivée au pouvoir de Hitler, de désamorcer la tension entre les deux pays et de renforcer la coopération économique germano-soviétique. Mais rapidement Hitler s’attaque à tous les symboles du communisme en Allemagne et vise l’Union Soviétique dans ses plans expansionnistes, tout en reléguant l’URSS au dernier chapitre de son pari fou de conquérir toute l’Europe.
Le reste de l’histoire est connu. En 1939, Hitler déclare la deuxième guerre mondiale avec l’invasion de la Pologne et le reste des pays européens. Mais ce n’est qu’en 1941 qu’il s’attaqua à l’URSS, et ce fut l’erreur fatale. Car les soviets avaient profité de leur neutralité entre 1939 et 1941 pour bien s’armer et puis l’URSS est un vaste territoire qu’il est pratiquement impossible d’occuper entièrement.
L’URSS entre en guerre à côté des occidentaux ce qui lui a procuré un statut de vainqueur de la guerre et par ricochet un bénéficiaire du partage du leg allemand. Au sortir de la guerre, l’Organisation des Nations Unies fut créée en 1945 et l’URSS hérita du statut de membre permanent du Conseil de Sécurité lancé en 1946. Dès lors, l’Union Soviétique devient un acteur majeur de la géopolitique mondiale, une autre page de l’histoire s'ouvre.
Grandeur et décadence
Après la guerre, les vainqueurs voulaient marquer leur territoire.
Logiquement la grande Bretagne et la France, redevables aux États-Unis, s’allient avec ces derniers pour créer un bloc de sécurité et de défense, l’Otan, qui visait directement l’URSS, redoutée pour ses tentatives d’expansion. Les soviétiques ripostent et créent leur propre bloc, le pacte de Varsovie, déclenchant ainsi une guerre froide qui divise le globe en deux camps.
Les pays qui essaient de se démarquer de ces deux clans, Mouvement des non-alignés, quoique nombreux restaient inaudibles.
Cependant, la date qui allait changer les rapports de forces est le 29 août 1949 quand l’URSS teste avec succès sa première bombe atomique devenant ainsi le deuxième pays nucléaire du globe. S’ensuivait une folle course à l’armement, et une guerre de positionnement dans l’échiquier mondial.
L’URSS devient le co-leader planétaire et incontesté qui vit quatre décennies de grandeur. Mais entre-temps, et surtout après que les deux pays ont failli se confronter directement dans la crise des missiles et celle de la Baie des Cochons en 1961-1962, les États-Unis ont tout fait pour affaiblir l’Union Soviétique, en créant des foyers de tension partout où il y avait de l’influence communiste, jusqu’aux années quatre-vingt avec la guerre de l’Afghanistan, orchestrée, équipée et armée par les Américains. Une guerre qui a mis l’économie soviétique à genoux, ce qui a précipité le président soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, dans le plan américain de ce qui est qualifié par d’aucuns du complot du siècle et par d’autres de la capitulation la plus « smart » de l’histoire.
Le 9 novembre 1989, les Allemands de l’Est, devant les caméras du monde, détruisent le mur de Berlin en prélude de la chute de l’empire soviétique. Un scénario digne des méga productions hollywoodiennes. Le 25 décembre 1991, devant les caméras de la télévision russe, douze minutes auront suffi à Gorbatchev pour annoncer la mort de l’URSS et son remplacement par une « Communauté des États indépendants » (CEI), une structure qui a supervisé le démembrement de l’empire soviétique, et l’indépendance des républiques membres, mettant fin à l’une des pages les plus marquantes de l’histoire.
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