Cloudfisher à Sidi Ifni: “la capacité actuelle de stockage est insuffisante”
Le projet de capteurs de brouillard à Boutmezguida est le plus grand projet au monde. Avec 1.700 m² de filets, la technique permet de collecter une moyenne de 37.000 litres d’eau par jour. Toutefois, la capacité de stockage disponible est insuffisante.
Ce projet sert depuis 2015 à alimenter la région de Sidi Ifni, souffrante de sécheresse. En effet, 119 familles, 3 écoles et une mosquée en profitent. Il a reçu plusieurs prix, notamment celui de UNFCC Momentum for change durant la COP22 en 2016.
Durant sa première phase, le projet ne disposait que de 600 m² de filets. Aujourd'hui, il en comporte 1.700 m² qui permettraient de récolter en moyenne 37.000 litres d’eau par jour. Cependant, la capacité actuelle de stockage disponible à Boutmerzguida est de 750tonnes, insuffisante pour récolter une telle quantité quotidiennement et à long terme. L’association Dar Si Hmad travaille activement sur ce point.
"Après avoir amélioré nos filets pour les rendre plus résistants et augmenté leur nombre, on tombe aujourd'hui dans un autre problème. On ne peut pas exploiter la totalité des filets pour l’instant. Il faut environ 600 tonnes de stockage pour 1.000m carré de filets.", a expliqué Aissa Derham, président de l’association Dar Si Hmad.
"On ne peut exploiter l’ensemble des filets que si on ajoute d’autres réservoirs. Nous sommes actuellement en train de construire une deuxième citerne d’eau pour régler ce problème. D'ici moins d’un mois, nous serons prêts à exploiter les 1.700 m² filets", a ajouté la même source.
L'association travaille ainsi sur le renforcement de la capacité de stockage du projet, elle vise à l'augmenter à 950 tonnes durant le mois suivant.
On souligne que la moyenne de 22 litres par mètre carré par jour varie selon les saisons, le vent et le climat. Ainsi, il y a des jours où les capteurs rassemblent beaucoup plus d’eau, et d’autres beaucoup moins. Il est donc nécessaire d'avoir assez de réservoirs d'eau pour faire face aux jours où il y a beaucoup plus de brouillard.
Pour réaliser un tel projet, il a fallu un investissement 666.000 euros, environ 400 euros par mètre carré de filet. Ce projet a été financé par Wasserstiftung, fondation allemande qui opère dans des projets similaires dans des pays africains (Ghana et Erythrée).
Extension vers d'autres villages?
Ce projet écologique pourrait être appliqué dans plusieurs régions. Aissa Darham nous a affirmé que l'association avait déjà réalisé des tests dans les régions d’Essaouira et Fnideq. Les résultats ont démontré la faisabilité d'un projet du Cloudfisher dans ces régions.
Cependant, ils n’ont pas reçu le soutien nécessaire pour l’application d’un tel projet. La même source souligne qu’ils sont prêts à partager leur savoir-faire avec les communautés intéressées.
"Pour appliquer un tel projet, il faut faire des tests durant une année minimum. Nous sommes prêts à partager notre savoir-faire et transmettre notre expérience, nous sommes prêts à expliquer nos techniques aux communautés qui s'y intéressent. Toutefois, ce n’est pas à une petite association comme la nôtre d’exploiter un tel projet.", nous a déclaré Aissa Derhem.
Ce projet écologique, qui entre dans le cadre du développement durable, permet de satisfaire les besoins d’eau de plusieurs personnes dans des régions qui souffrent de sécheresse. Il facilite ainsi la tâche à des femmes rurales à Sidi Ifni au quotidien. En effet, ces dernières consacraient environ 3 heures par jour pour récolter de l’eau. Elles ont maintenant l’occasion de convertir ce temps gagné en formation. En effet, l’association Dar Si Hmad offre à ces femmes rurales des cours en calcul pour les aider dans leur quotidien.
"Nous nous intéressons à notre région qui souffre du manque d'eau pour l’instant, nous comptons appliquer ce projet dans 13 ou 15 villages. On aimerait renforcer ce projet ici pour montrer à quel point c’est une bonne solution au problème de sécheresse", a affirmé Aissa Derhem.
On souligne que cette association n’opère pas uniquement dans l’écologie, mais également dans l’éducation et la culture. L’association a une école ethnographique appliquée offrant des formations dans les domaines du développement durable ainsi que dans le périmètre du projet des capteurs du brouillard.
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