Coronavirus: les détails du dispositif mis en place dans les aéroports marocains
Pour éviter la propagation du coronavirus "2019-nCOV" au Maroc, le ministère de la Santé a instauré, dimanche 25 janvier, le contrôle sanitaire dans les ports et aéroports internationaux. Voici les détails du dispositif mis en place, avec Dr. Mohamed Moussif, médecin-chef de l'aéroport Mohammed V, et coordonnateur national, au ministère de la Santé, du contrôle sanitaire aux frontières pour les ports et les aéroports marocains.
Ce dispositif comporte sept étapes et commence bien avant l'atterrissage des avions. Il repose sur les recommandations du règlement sanitaire international de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les dispositions de l’Organisation internationale de l’aviation civile.
"Le contrôle des maladies contagieuses à caractère épidémique est un processus bien réglementé par les instances internationales", souligne Dr Moussif.
"Le plan d’urgence mis en place au Maroc fait partie du plan d’urgence nationale de veille, de préparation, et de riposte à toutes les menaces pour la santé publique, du ministère de la Santé".
Ce plan se divise en deux parties:
- "Le renforcement des capacités au niveau des postes frontaliers terrestres et maritimes du Royaume en terme de ressources humaines, d’équipements spécifiques de protection individuelle (gants, masques, bavettes…), d’appareils de mesure thermique, d’ambulances et de mesures spécifiques d'isolement et de mise en quarantaine, à chaque fois qu’il y a une menace épidémique".
- "Un processus de contrôle sur sept étapes:
1- La première phase commence bien avant l'atterrissage des vols en provenance des zones affectées par le Coronavirus. Durant le vol, il y a une procédure qui est admise et bien comprise par les équipages de bord de toutes les compagnies aériennes, à savoir comment détecter un malade suspect, comment l’isoler des autres passagers, avertir la tour de contrôle de l’aéroport à destination et remplir la partie sanitaire de la déclaration générale de l’aéronef.
2- Une fois que l'avion atterrit, les autorités aéroportuaires désignent un parking éloigné des autres avions afin d’éviter de mélanger les membres de ce vol avec les passagers des autres avions et le personnel de l’aéroport.
3- Un officier sanitaire consulte ensuite la déclaration générale de l'aéronef et pose un certain nombre de questions aux membres de l’équipage, pour voir s'ils ont remarqué quelque chose d’anormal à bord, et savoir si quelqu’un se plaint d’un mal de tête, de diarrhée ou de vomissements….
4- Les passagers défilent ensuite un à un, et sont soumis à un contrôle thermique sur deux phases: un contrôle par le thermomètre infrarouge et puis par la caméra thermique. Les passagers, considérés en période d'incubation, remplissent également des imprimés du service médical (nom, prénom, adresse, numéro de téléphone…), qui permettent au ministère de la Santé de les suivre jusqu’à expiration de la phase d’incubation (14 jours).
5- Si un cas est suspecté, il est emmené dans une salle d’isolement, où il est examiné par un médecin spécialiste. L'aéroport Mohammed V dispose de deux salles d'isolement.
6- Si le cas est confirmé, il est emmené en urgence à la structure hospitalière désignée par le ministère de la Santé à cet effet. Les hôpitaux désignés sont ceux équipés d’une salle d’isolement à pression négative. A Casablanca, il s'agit de l'hôpital Moulay Youssef.
7- L'avion est ensuite désinfecté. On doit faire très attention aux produits utilisés. Ceux-ci doivent correspondre aux normes du constructeur de l’avion et à celles du service technique de la compagnie aérienne".
La ligne Casablanca-Pékin maintenue
Par ailleurs, après le confinement de la métropole de Wuhan, puis de quasiment toute la province centrale du Hubei, où vivent plus de 56 millions d’habitants, Pékin a annoncé ce week-end la suspension des voyages organisés en Chine et à l’étranger, une décision qui pourrait affecter le tourisme mondial.
Plusieurs pays, comme la France, ont décidé de suspendre les voyages vers la Chine. Au Maroc, la ligne reliant Casablanca à Pékin, inaugurée le 16 janvier, est toujours opérationnelle, nous a confié la compagnie nationale Royale Air Maroc.
Toutefois, "le contrôle est rigoureux sur ces vols, et les avions arrivant de Chine sont priorisés", nous assure Dr. Moussif, qui confirme qu'"aucun cas n'a encore été détecté au Maroc jusqu'à aujourd'hui".
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