Coronavirus. Pas de dépistage sans motif médical indiscutable
Malgré la création des deux services de communication “Allo SAMU” et “Allo Yakada” par le ministère de la Santé pour répondre aux demandes et interrogations des citoyens concernant le coronavirus, des doutes, questionnements et parfois mécontentements, persistent. Témoignages et début d'explication.
Le ministère de la Santé a créé deux services de communication et de réponse aux demandes des citoyens:
-"Allô Samu", joignable au 141 pour l'assistance médicale d'urgence.
Ce service vient alléger la pression sur "Allô veille épidémiologique". Il servira à fournir des conseils aux citoyens qui ont des difficultés respiratoires, une température élevée ou de la toux ; et à orienter les cas possible vers les centres dédiés dans les différentes régions.
"Allô Samu 141" couvre actuellement 8 régions. Par contre, Drâa-Tafilalet, Béni Mellal-Khénifra, Guelmim-Oued Noun et Dakhla-Oued Eddahab ne sont pas couvertes et leurs habitants devront appeler le service "Allô veille épidémiologique" au 080 100 47 47.
-Allô Yakada (veille épidémiologique): 080-100-47-47
Le service "Allô veille épidémiologique" est consacré à l'information générale sur le Covid-19, au conseil aux voyageurs et à l'orientation sur la manière d'alerter sur un cas possible de Coronavirus aux professionnels de la santé.
Deux témoignages sur Twitter
Se réveillant avec des symptômes semblables à ceux du COVID-19 suite à des réunions avec des étrangers, un jeune Casablancais appelle le numéro vert de veille épidémiologique qui le renvoie vers le numéro d’assistance médicale d’urgence 141.
À la fin de la communication, le jeune homme est dirigé vers l’institut Pasteur… d’où il est renvoyé vers l’hôpital Moulay Youssef. Arrivé sur place, une personne du corps médical lui demande de retourner à l’institut Pasteur, pour finir par lui dire qu’il lui faudrait aller à l’hôpital de Aïn-Chock ! Cette incapacité à recenser les cas potentiels de contamination a fait douter le jeune homme de l’aptitude de l’Etat à contenir une potentielle épidémie.
Autre ville, autre mésaventure. À Mohammédia, un jeune homme de 19 ans qui vit seul avec sa sœur handicapée commence à ressentir des symptômes alarmants. Ayant été en contact avec des personnes venant de zones à risque, il décide de contacter les numéros mis en place par le ministère de la Santé.
Après plusieurs tentatives infructueuses, il téléphone à son autre sœur qui habite à Casablanca pour qu’elle tente de contacter lesdits services. Lassée de ne recevoir aucune réponse et inquiète quant à l’état de santé de son frère, cette dernière loue une voiture avec chauffeur via une application et va le rejoindre.
Après l’avoir récupéré, elle se dirige avec lui vers l’hôpital Moulay Abdellah d’où ils sont froidement évacués, puis finissent par s’acheminer vers une polyclinique où le médecin finit par diagnostiquer une simple grippe.
“sans moyens de transport, sans médecin traitant joignable, vivant loin de Casablanca et sans réponse des numéros des autorités (...), [elle] ne sais pas comment d’autres personnes dans la même situation feront pour s’en sortir”, s'était-elle indignée sur les réseaux sociaux à propos de cet incident.
Comment se faire dépister
Contacté par Médias24, le service “Allô Yakada” de veille épidémiologique a répondu à nos questions.
-Peut-on se faire dépister à sa demande ?
-Non. Le test est réservé à des cas particuliers, à savoir, les personnes présentant des signes cliniques, récemment rentrées de l’étranger ou ayant eu un contact avec une personne déclarée positive.
-Pourquoi tout le monde n’est-il pas dépisté ?
Pour deux raisons : premièrement, pour des raisons économiques, car il faut rationaliser l’utilisation des tests disponibles en ne les administrant qu’aux personnes à risque.
Et deuxièmement, pour des raisons de santé publique. En effet, les cas sans gravité sont renvoyés sans être testés car une personne en début de période d’incubation peut être déclarée saine même si elle porte le virus. Or, si une personne est diagnostiquée négative, elle sort des radars et peut constituer un danger pour la population.
-Où se font les tests de dépistage ?
Depuis le début de l’épidémie, ces tests sont réalisés uniquement dans les laboratoires suivants, qui sont les seuls habilités et autorisés à pratiquer ces examens :
- L’Institut d’Hygiène de Rabat relevant du ministère de la Santé,
- L’Institut Pasteur du Maroc à Casablanca relevant du ministère de la Santé ;
- Le Laboratoire de l’Hôpital d’Instruction Militaire Mohammed V de Rabat.
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