img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
SOCIETE

Couverture médicale: les pistes pour mieux financer le système

La conférence nationale sur le financement de la santé se tient les 18 et 19 juin à Salé. Lors de cet événement, des pistes pour mieux financer la couverture sanitaire universelles ont été explorées : Financer la construction des hôpitaux par les OPCI, le recours à la gestion déléguée... Le modèle français a notamment été exposé.

Abdelali El Hourri
Le 18 juin 2019 à 17h57 | Modifié 11 avril 2021 à 2h42

Le ministère de la Santé organise, ces 18 et 19 juin, la Conférence nationale sur le financement de la Santé. Tenu à Rabat, cet événement, qui regroupe décideurs et professionnels de la santé, a pour objectif de penser un nouveau modèle de financement pour la couverture sanitaire universelle. C’est l’un des volets fondamentaux du Plan Santé 2025, chantier de réforme touchant à un secteur miné de failles. 

Le Maroc consacre environ 6% de son PIB au secteur de la santé. Les dépenses sanitaires annuelles ont atteint aujourd’hui 65 MMDH », un chiffre qui a triplé en 15 ans. Le quart de ces dépenses sont supportées par l’Etat à travers les recettes fiscales, tandis que 22% sont financées par l’assurance maladie.

Bémol, les 50% restant sont payées des « poches des citoyens », rappelle Anas Doukali. « La forte contribution des ménages à la prise en charges des soins constitue un lourd fardeau, notamment pour la population vulnérable », concède le ministre. Son département ambitionne de ramener le taux de contribution des citoyens « à moins de 25% ».

Au Royaume, le taux de la couverture sanitaire universelle est aussi en nette augmentation, mais reste relativement faible comparé à d’autres pays de la région. Il s’établit à 62% (Ramed compris) contre 76% en Algérie et plus de 80% en France. Si l'objectif est d'augmenter le taux de couverture à 90%, encore faut-il étendre l'assurance maladie aux travailleurs non-salariés, "qui représentent entre 10 et 11 millions d'habitants", précise le ministre.

Les dépenses de santé sont aussi en dessous des standards régionaux. Elles se chiffrent à 160 dollars per capita contre 292 en Algérie, 258 en Tunisie et plus de 4.000 en France. Ces dépenses représentent 5,5% du PIB marocain (7,1% en Algérie, 6,7% en Tunisie et 11,1% en France) et 7,7% du budget de l’Etat (10,7% en Algérie, 13,6% en Tunisie et 15,3% en France).

Des ressources en dehors du budget du ministère

Ces chiffres appellent l’Etat à des efforts. Le ministre de la Santé annonce la couleur: « On ne peut pas dire que le budget de la santé est suffisant », « Nous allons encore faire subir de la pression à notre budget. » Mais la solution ne se résume pas à l’augmentation mécanique du budget. Il s’agira aussi et surtout d’apporter « des moyens de financement innovants et alternatifs ».

Assurer la pérennité des régimes de la couverture médicale passe par «la recherche d'outils novateurs». L’idée principale est de trouver « des sources en dehors du budget du ministère, explique M. Doukkali. A ce titre, le ministre annonce des discussions avec le ministère des Finances à propos du financement d’hôpitaux via les organismes de placement collectif en immobilier.

Le ministère examine aussi la piste fiscale, en utilisant une "taxe sucre, tabac et alcool, ou encore la taxe Autoroute du Maroc et la taxe Télécom" dans le financement du secteur, expose  Hicham Nejmi, Secrétaire général du ministère. 

Coté rationalisation des dépenses, « l’espoir est que le ministère se décharge de tout ce qui est opérationnel, et que le budget soit directement affecté aux financeurs et prestataires de services ». M. Doukkali fait valoir la nécessité de séparer « entre le financement, la gouvernance et la services ».

Dans ce cadre, il est aussi question d’impliquer le secteur privé dans le système public, à travers, notamment, la gestion délégué de « services qui n’entrent pas dans le cœur de métier du ministère de la Santé. »

Le modèle Français en exemple ?

En France, le ministère « se pose en grand organisateur » du système de la santé, dispose d’une « mission de contrôle » mais « les moyens financiers sont assurés par la Sécurité sociale », rappelle Pierre-jean Lancry, directeur de la caisse de la mutualité sociale agricole. Il intervenait lors de la séance plénière de la conférence, dédiée au Benchmark international.

Dans ce modèle, le ministère ne « paie pas les médecins » et ne finance pas  « les hôpitaux », ce rôle étant dévolu à la « Sécu » dans un système défini comme « bismarckien ». Néanmoins, l’Etat dispose de larges responsabilités, notamment pour « compenser les exonérations de cotisation sociale. Par exemple, lorsqu’il a été a décidé de baisser le taux de cotisation pour les salaires inférieurs à deux fois le smic, cela a provoqué une baisse des rentrées aux caisses, il a fallu qu’il compense de manière à ce que les revenus ne pâtissent pas de ces modifications », explique M. Lancry.

Tel qu’il est conçu, le système français favorise ainsi « l’intégration du privé dans le public ». Sur « les 3.000 établissements hospitaliers, 1.500 sont des établissements privés à but lucratif ou non lucratif », ajoute l’intervenant. C’est eux qui assurent le financement du matériel, mais c’est la « Sécu » qui rembourse les bénéficiaires dans « les mêmes conditions » que pour les autres établissements.

Suite de la vidéo: 

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Abdelali El Hourri
Le 18 juin 2019 à 17h57

à lire aussi

La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Quoi de neuf

Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka

Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.

Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
TOURISME

Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance

Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.

Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
Quoi de neuf

Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca

En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.

Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026

L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.

La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
Mines

Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP

C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.

Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Quoi de neuf

Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial

Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité