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Grèves des bagagistes à l'aéroport: les perturbations risquent de durer tout l'été

Depuis le 15 avril, les voyageurs de l’aéroport Mohammed V sont confrontés à des grèves sauvages des bagagistes employés par la société GPI. Selon un de ses dirigeants, un accord définitif est en cours de finalisation mais pour une autre source sûre, le problème ne se réglera que si RAM Handling augmente les salaires des employés de son sous-traitant ou trouve un autre prestataire. Sachant que l'actuel contrat court jusqu'à fin septembre, les perturbations risquent de durer jusqu'à ce que l’appel d’offres lancé début juin aboutisse.

Grèves des bagagistes à l'aéroport: les perturbations risquent de durer tout l'été
Samir El Ouardighi
Le 25 juin 2019 à 16h50 | Modifié 11 avril 2021 à 2h42

En plein début de haute saison, les retards de livraison des bagages deviennent chroniques au sein du plus grand aéroport du Maroc.

Confrontés à des grèves des bagagistes sans préavis, les passagers de vols internationaux ou domestiques qui atterrissent doivent en effet souvent patienter, des fois jusqu'à six heures, avant de récupérer leurs effets personnels.

Malgré plusieurs accords signés entre la société General Private Interim (GPI), prestataire de RAM Handling, et ses 700 employés chargés de la gestion des bagages à l’aéroport Mohammed V, les grèves sauvages ne se sont pas arrêtées et impactent de plus en plus la fluidité du trafic en mettant à rude épreuve la patience des passagers.

On a même assisté, vendredi 21 juin, à une scène surréaliste avec des passagers furieux qui ont investi une zone interdite au public puis la piste d'atterrissage pour tâcher de récupérer leurs bagages.

GPI promet un retour à la normale sans expliquer les ressorts des grèves

Joint par Médias24, un dirigeant du prestataire de services s’est voulu rassurant en affirmant qu’une réunion décisive avec ses employés était programmée ce mardi pour éviter tout nouvel arrêt du travail.

« Au moment où je parle, il n’y a plus aucune grève qui touche les aéroports marocains.

« Un accord est d’ailleurs en passe d’être signé avec les représentants de nos employés pour qu’il n’y ait plus aucune grève du zèle et que la haute saison se déroule normalement en termes de livraison de bagages », affirme notre interlocuteur qui préfère rester anonyme.

« Je ne tiens pas à envenimer la situation en étant mal compris », ce qui en d’autres termes veut dire que la tension et la méfiance sont toujours d’actualité entre GPI et ses 700 bagagistes à Casablanca.

S’il se veut optimiste sur « une solution imminente » à ce conflit qui s’éternise, il s’est cependant avéré incapable, malgré notre lourde insistance, d’expliquer les raisons de ces grèves qui reprennent chaque semaine.

"GPI ne veut pas perdre le marché du handling"

Selon une autre source proche du dossier, le conflit actuel a pour origine la fin proche du contrat liant GPI et RAM Handling (30 septembre) et l’appel d’offres international lancé au début du mois par l’ONDA.

« Sachant que l’actuel prestataire de services de RAM Handling veut gagner cet appel d’offres, la direction de GPI marche sur des œufs car ce marché à lui seul représente 75% de la manutention de bagages (handling) dans les aéroports marocains. Le reste (25%) est assuré par deux sociétés internationales qui ne connaissent aucun mouvement de grève.

« D’un côté, elle ne veut pas perdre ce marché de près de 2.000 personnes (transport de bagages, nettoyage, sécurité…) et de l’autre, elle doit faire face à un syndicat qui pousse ses employés à profiter de la situation et à faire monter les enchères en paralysant la livraison des bagages.

Pression syndicale en pleine haute saison

« Estimant que les bagagistes accomplissent une charge de travail supérieure à ce qui est prévu dans le contrat GPI-RAM Handling qui arrive à son terme, les représentants syndicaux poussent en effet le personnel à multiplier les grèves sauvages pour que leur employeur (GPI) obtienne de meilleures conditions salariales auprès de son client (RAM Handling) dans le cadre du nouveau contrat.

« C’est un chantage déguisé et une démarche très opportuniste sachant qu’au final, c’est la compagnie nationale qui sera tenue responsable du blocage actuel », avance notre source qui confirme cependant que les bagagistes travaillent plus que leurs obligations contractuelles.

« Les principales victimes sont les passagers de la flotte de la RAM mais également ceux d’autres compagnies internationales comme Air France, Emirates ... En cette période de forts flux aériens croissants, les bagagistes ont trouvé le bon filon pour faire aboutir leurs revendications salariales.

Pas d’arrêt des grèves avant l’adjudication de l’appel d’offres

« Ce mouvement ne risque pas de s’arrêter avant que le marché soit attribué début octobre. Et encore, tout dépendra de ses résultats... », conclut notre source qui pense que la RAM sera obligée de faire un effort financier pour ne pas voir son image à nouveau écornée en pleine haute saison touristique comme l’été dernier avec la grève de ses pilotes.

Il est vrai qu’en manquant à ses obligations d’enregistrer les bagages des passagers, de les embarquer et enfin de les décharger, c’est le transporteur national qui sera tenu pour responsable de leur sort et certainement pas GPI qui n’a vendu aucun billet et n’a signé aucun contrat avec les clients de la RAM.

Sollicitée à son tour, la compagnie aérienne nationale a préféré temporiser en assurant, sans plus de détails, que la situation serait bientôt réglée « une bonne fois pour toutes ».

Il faut donc croire que l’issue du bras de fer entre les bagagistes et RAM Handling trouvera son épilogue après l'attribution du marché mais d’ici là, les retards de livraison vont certainement se répéter jusqu'au 31 septembre et par conséquent à entacher la réputation de la RAM.

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Samir El Ouardighi
Le 25 juin 2019 à 16h50

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