Habillement : Chute drastique des exportations marocaines vers l’UE (-42%)
L’effondrement des exportations est notamment dû au manque de visibilité affiché par le Maroc, estime une source du secteur. Pour rectifier le tir, le royaume va devoir mettre les bouchées doubles et élaborer une stratégie claire. Car la crise sanitaire a impulsé des opportunités que le Maroc a tout intérêt à capter.
Les exportations du Maroc vers l’Union européenne dans le secteur de l’habillement se sont effondrées de 42% sur les cinq premiers mois de 2020, par rapport à la même période en 2019, selon des statistiques élaborées par Eurostat.
''C’est la plus mauvaise performance parmi les 50 premiers fournisseurs d’habillement de l’Union européenne'', analyse Jean-François Limantour, président d’Evalliance, une association chargée de contribuer au renforcement des relations partenariales et de la coopération économique entre l’Union européenne, l’Asie du Sud-Est et la Méditerranée, dans les secteurs du textile, de l’habillement, du cuir et des chaussures et luxe.
Le classement est dominé par la Chine, qui enregistre une baisse de 11,2% de ses exportations sur les cinq premiers mois de 2020.
Le redéploiement des chaînes de valeur, un enjeu de taille pour le Maroc
''La situation est dramatique et nécessite une réaction rapide pour relancer le secteur'', réagit auprès de Médias24 une source du secteur marocain de l’habillement. ''Cette chute va laisser des traces chez nos donneurs d’ordres... Elle est la preuve qu’ils ont privilégié beaucoup d’autres pays en raison du manque de visibilité affiché par le Maroc. Autrement dit, les clients du Maroc ont préféré passé leurs commandes ailleurs. Car lorsqu’ils débarquent, il y a de forts risques qu’ils ne reviennent pas s’ils voient que les choses ne sont pas rapidement maîtrisées et corrigées'', ajoute-t-il.
Notre source estime que cette crise a impulsé une opportunité de relocalisation vers les pays proches de l’Europe. ''On constate durant cette crise que les donneurs d’ordres, pour des raisons souveraines et industrielles, préfèrent s’approvisionner auprès de pays limitrophes ou au sein même de leur propre pays lorsque c’est possible dans certains secteurs d’activité.''
Or le Maroc a raté le coche : ''Parce qu’il n’a pas donné les bons signaux, parce qu’il n’a pas eu suffisamment de visibilité…'' Selon cette source, toutes les problématiques dont souffrait déjà le secteur de l’habillement au Maroc avant la crise sanitaire ont été exacerbées, notamment l’absence d’une R&D et des capabilities qui vont avec (l’assistance technique, la formation – l’ensemble des dispositifs qui améliorent l’offre d’une entreprise), ainsi que la concurrence déloyale endémique, à travers ''la contrebande, les importations déloyales, les produits subventionnés de certains pays comme la Turquie qui ont envahi le marché et fragilisé le secteur''.
Mais tout n’est pas perdu, estime notre source : dans l’absolu, cette opportunité de redéploiement des chaînes de valeur mondiales en chaînes de valeur régionales est bel et bien toujours là. ''C’est rattrapable mais à condition d’avoir une stratégie claire et de se positionner. Plus le Maroc attendra, moins il pourra rattraper cette opportunité. Seuls les pays les plus agiles parviendront à la capter.''
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