Covid-19. Au ministère de la Santé, une communication inadaptée à la crise
Les règles les plus simples de la communication en général, et de la communication de crise en particulier, ne sont pas respectées.
En ces jours difficiles, la confiance est la base de tout. Et à la base de la confiance, il y a l'information.
Depuis le 2 mars 2020, jour de l'annonce du premier cas de coronavirus au Maroc, la publication des chiffres à l'intention des médias et du public, a été erratique. La plupart des journées pouvaient être résumées ainsi: "et soudain, les chiffres changent sur le site du ministère". Nous n'avons reçu que de très rares communiqués par voie de mail. L'un des responsables de la communication du ministère a créé à juste titre, un groupe WhatsApp pour communiquer avec les médias. Mais ce groupe n'a pas été alimenté régulièrement.
L'heure et le canal de diffusion des chiffres ont changé d'un jour à l'autre, selon une logique qui nous a toujours échappé. Les quelques rares rencontres avec la presse ont été annoncées généralement 60 mn avant leur tenue, ce qui, pour des journalistes de Casablanca par exemple, a parfois réclamé des prises de risque incompatibles avec la limitation de vitesse.
La plupart de ces rencontres n'avaient de conférence de presse que le nom. Si on arrivait à poser une question, on n'obtenait pas de réponse, car nos interlocuteurs avaient le don de répondre à côté.
Le lieu de la conférence de presse a changé au moins trois fois. Et les responsables qui s'exprimaient, encore davantage. L'opinion publique a eu au moins 6 interlocuteurs différents. Règle numéro 1 de la communication de crise: un porte-parole, un seul, et qu'on présente par son nom, qui n'est pas anonyme comme c'est le cas ces derniers jours.
Les rendez-vous doivent être fixes, et un par jour suffit. Le contenu de la communication doit être normé, c'est-à-dire qu'il faut répondre tous les jours aux mêmes questions: combien de nouveaux cas, de préférence sur la même plage horaire, par exemple de 18H à 18H, ou de 21H à 21H. La répartition par région doit être communiquée à chaque rendez-vous, et de préférence les régions doivent être citées dans un ordre logique; soit alphabétique, soit croissant, soit décroissant. Toujours le même, ce qui n'a jamais été le cas.
Le nombre de cas par ville doit être indiqué à chaque communication et pas une ou deux fois en 20 jours.
Les différents indicateurs également: sex ratio, l'âge moyen, les décès et leurs causes, les profils des malades, les origines des contaminations.
Les données statistiques doivent être disponibles sur un site officiel, avec leur évolution dans le temps et leur répartition dans l'espace. Le Maroc a l'un des sites web parmi les plus pauvres des pays touchés par le coronavirus. Et il ne fonctionne, à notre connaissance, que sur un seul navigateur: Chrome.
Obtenir les données est un droit. Ne pas répondre aux demandes de la presse, très nombreuses, donne l'impression d'avoir quelque chose à cacher. Ce qui va à l'encontre de l'objectif de confiance. Les médias n'ont aucun interlocuteur, aucun. Le minimum serait de recueillir les questions sur une adresse mail ou une plateforme, et y répondre d'une manière régulière, par exemple à l'occasion de l'apparition quotidienne de la personne chargée de lire les chiffres devant une caméra.
Cette manière en dit long sur une manière de faire, sur le peu d'importance accordé aux médias et à travers eux, à l'opinion publique. Au temps du coronavirus, nous pensons que le Maroc a changé. Vous aussi, au ministère de la Santé, vous devez changer.
à lire aussi
Article : La Mamounia distinguée par le “Condé Nast Traveler Triple Crown”
La Mamounia a été distinguée par le "Condé Nast Traveler Triple Crown", une nouvelle reconnaissance internationale attribuée aux hôtels ayant marqué les principaux classements du magazine au cours des trente dernières années. Cette distinction place l'établissement marocain parmi un cercle restreint d'hôtels de référence à l'échelle mondiale.
Article : Incertitude sur la date du 1er Moharram au Maroc
Selon des calculs astronomiques, la lune du mois de Moharram 1448 H annonçant le nouvel an de l'hégire devrait être observée dans des conditions jugées "difficiles", sans certitude sur sa visibilité, celle-ci restant dépendante des conditions météorologiques.
Article : Héritiers Azeroual : la Cour de cassation saisie après la victoire de BoA
Quelques jours après l’arrêt ayant fait tomber le redressement ouvert au profit de Chantal Azoulay, cette dernière a saisi la Cour de cassation. La haute juridiction devra notamment déterminer si une commerçante peut bénéficier d’une procédure collective pour des dettes héritées de son conjoint, alors que les difficultés invoquées sont antérieures à l’acquisition de cette qualité.
Article : Marques chinoises, véhicules électrifiés... le marché automobile franchit le cap des 100.000 ventes en cinq mois
Le marché automobile marocain continue sur sa lancée en 2026. Plus de 104.000 véhicules neufs ont été vendus entre janvier et mai, en hausse de 17,8% sur un an. L’électrification accélère avec une part record de 17,2% des ventes de voitures particulières, tandis que les marques chinoises dépassent désormais 11% du marché.
Article : URBA360 : une nouvelle plateforme de Coface pour analyser 250 millions d’entreprises
Coface a lancé à Casablanca URBA360, une plateforme digitale permettant aux entreprises d’accéder à des données financières sur 250 millions d’entreprises dans 197 pays. URBA360 offre aux entreprises des indicateurs de crédit, des analyses de risque et des tableaux de bord afin d’améliorer la prise de décision.
Article : Abdelmoula Ratibe prépare le lancement d'une plateforme dédiée aux investisseurs MRE
Abdelmoula Ratibe s’est associé avec Adil Chraoudou pour créer une plateforme globale dédiée aux Marocains du monde. Voici ce que nous en savons à ce stade.