Le HCP confirme le ralentissement de la croissance au 1er trimestre 2019
L’arrêté des comptes nationaux par le HCP fait ressortir une croissance de l’économie nationale à 2,8% au premier trimestre 2019, au lieu de 3,5% durant le même trimestre de l’année précédente. Les activités non agricoles ont affiché une augmentation de 3,8% et celles du secteur agricole une baisse de 3,2%.
Il y a un mois, le Haut Commissariat au Plan (HCP) avait publié les comptes nationaux provisoires de l'année 2018 qui avaient établi la croissance économique à 3% contre 4,2% une année auparavant.
Dimanche 30 juin, l'institution dirigée par Ahmed Lahlimi a diffusé les comptes nationaux au premier trimestre 2019 qui confirment la poursuite du ralentissement économique prévu dans son budget économique exploratoire 2019 présenté l'année dernière.
Cet arrêté trimestriel des comptes nationaux fait en effet ressortir une croissance économique de 2,8% contre 3,5% en 2018 et ce, pour le premier trimestre. Le HCP prévoit pour l'ensemble de l'année 2019 une croissance de 2,9%, mais il actualisera sa prévision ce mois-ci à l'occasion de la présentation du budget économique exploratoire 2020. Bank Al-Maghirb prévoit pour sa part une croissance de 2,8%.
Croissance soutenue par les activités non agricoles
La valeur ajoutée du secteur primaire a enregistré une baisse de 1,1% en volume au lieu d'une progression de 3,1% réalisée durant la même période en 2018. Cette évolution s’explique par la baisse de 3,2% de l’activité de l’agriculture au lieu d’une hausse de 4% une année auparavant et par une augmentation de celle de la pêche de 18,4% au lieu d’une baisse de 6%.
La valeur ajoutée du secteur secondaire, en revanche, a réalisé une augmentation de 4,6% au lieu de 4,2% durant le premier trimestre de l’année précédente. Ceci a été le résultat de l’amélioration des valeurs ajoutées:
- de l’électricité et eau de 23,5% au lieu de 6,5%;
- du bâtiment et travaux publics de 1,5% au lieu de 0,6%;
et du ralentissement du rythme d’accroissement de celles :
- de l’industrie d’extraction à 5,6% au lieu de 16,7% ;
- des industries de transformation à 2,5% au lieu de 3,5%.
La valeur ajoutée du secteur tertiaire, de son côté, a affiché une légère augmentation de 3,1% au lieu de 3% le même trimestre de l’année 2018, marquée par une amélioration des activités:
- des services rendus par l’Administration Publique générale et la sécurité sociale, avec 3,4% au lieu de 2,4%;
- des services financiers et assurances, avec 2,5 % au lieu de 2% ;
- des services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale, avec 0,2% au lieu d’une baisse de 0,8%.
Et ce, malgré le ralentissement de la croissance des activités:
- des services rendus aux ménages et aux entreprises, à 4,5% au lieu de 4,8%;
- des hôtels et restaurants, à 3,4% au lieu de 6,6%;
- du transport, à 2,9% au lieu de 4% ;
- des postes et télécommunications, à 2,3% au lieu de 3,3%.
Au total, la valeur ajoutée des activités non agricoles a connu, ainsi, une hausse de 3,8% au lieu de 3,3% le premier trimestre de l’année 2018.
Dans ces conditions, avec le net ralentissement de l’accroissement des impôts sur les produits nets des subventions à 1,9% au lieu de 4,9%, le Produit Intérieur Brut (PIB) en volume s’est accru de 2,8% durant le premier trimestre 2019 au lieu de 3,5% une année auparavant.
Aux prix courants, le PIB a connu une augmentation de 3,5% au lieu de 5,2% une année auparavant, dégageant ainsi une augmentation du niveau général des prix de 0,7% au lieu de 1,7%.
La demande intérieure ralentit
La demande intérieure a affiché un taux d’accroissement de 3,3% durant le premier trimestre de l’année 2019 au lieu de 4,3% durant la même période de l’année précédente, contribuant ainsi pour 3,6 points à la croissance économique nationale au lieu de 4,7 points une année auparavant.
Dans ce cadre, les dépenses de consommation finale des ménages ont connu une hausse de 3,8% au lieu de 2,8%, contribuant pour 2,2 points à la croissance au lieu de 1,6 point. De même, la consommation finale des administrations publiques a connu une augmentation de 2,8% au lieu de 1,6% au premier trimestre de l’année précédente, avec une contribution à la croissance de 0,6 point au lieu de 0,3 point.
De son côté, la formation brute de capital fixe a enregistré une hausse de 3% au premier trimestre 2019 au lieu de 1,1% une année auparavant, avec une contribution à la croissance de 0,8 point au lieu de 0,3 point, durant le même trimestre de l’année précédente.
Contribution négative des échanges extérieurs
Les échanges extérieurs de biens et services ont dégagé une contribution négative à la croissance en amélioration, se situant à (-0,8) point au lieu de (-1,2) point le même trimestre de l’année précédente.
Les exportations de biens et services ont affiché une hausse de 1,7% durant le premier trimestre 2019 au lieu de 7,4%, avec une contribution à la croissance de 0,7 point au lieu de 2,7 points. Les importations, de leur côté, ont connu un accroissement de 3% au lieu de 8,4%, avec une contribution négative de (-1,5) point au lieu de (-3,9) points une année passée.
Besoin de financement en faible amélioration
Avec une augmentation de 3,5% du PIB aux prix courants et une baisse de 0,1% des revenus nets reçus du reste du monde, le revenu national brut disponible a enregistré une baisse de son rythme de progression, passant de 3,8% au premier trimestre de l’année 2018 à 3,4% durant la même période de l’année 2019.
Dans ces conditions, avec un accroissement de 3,5% de la consommation finale nationale en valeur au lieu de 3,7% enregistré une année auparavant, l’épargne nationale s’est située à 27,8% du PIB au lieu de 27,9%.
L’investissement brut (formation brute du capital fixe et variation des stocks) a représenté 32,8% du PIB au lieu de 33,1% durant le même trimestre de l’année précédente. Le besoin de financement de l’économie nationale s’est ainsi allégé par rapport au premier trimestre 2018 passant de 5,2% du PIB à 5%.
>>Lire aussi: Ralentissement économique: Jouahri épingle les politiques
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