Entrée en scène du marché à terme : Attijariwafa bank décode les grandes lignes
Le lancement du marché à terme marque un tournant discret mais décisif pour la place financière marocaine. Une étape structurante qui ouvre la voie à une gestion du risque plus sophistiqué.
Avec le démarrage effectif du marché à terme, le Maroc franchit un nouveau cap dans la structuration de son écosystème financier.
Derrière ce chantier de longue haleine, des acteurs de place appelés à jouer un rôle clé dès la phase de lancement. Responsable marché des capitaux d’Attijariwafa bank, Mohamed Filali éclaire sur les enjeux de ce marché naissant, les choix effectués pour son opérationnalité et les conditions nécessaires à son développement progressif et durable.
- Medias24 - Le marché à terme démarre au Maroc. Comment qualifieriez-vous cette étape pour le marché des capitaux ?
Mohamed Filali : Il s’agit avant tout d’une étape structurante dans l’évolution du marché des capitaux marocain. Le lancement du marché à terme vient compléter l’architecture existante, en offrant aux investisseurs des outils supplémentaires de gestion et de couverture, dans un cadre réglementaire et opérationnel désormais stabilisé.
C’est le résultat d’un travail collectif de place, mené sur plusieurs années avec les autorités, les infrastructures de marché et les établissements financiers, et qui permet aujourd’hui un démarrage dans de bonnes conditions.
- Quel est l’apport de l’agrément de membre négociateur–compensateur pour une banque comme Attijariwafa bank ?
Cet agrément permet à Attijariwafa bank d’intervenir de manière complète et encadrée sur le marché à terme.
D’un côté, en tant que membre négociateur–compensateur, nous pouvons exécuter les opérations pour le compte de nos clients et en assurer la compensation auprès de la chambre de compensation, avec les exigences associées en matière de gestion du risque, de conformité et de solidité financière.
Et de l’autre, notre engagement comme market maker est important, parce qu’il vise à accompagner la liquidité et la continuité du marché dès la phase de lancement, en affichant des prix à l’achat et à la vente de manière régulière, dans le cadre des paramètres définis avec la place et sous la supervision des autorités.
C’est cette combinaison — capacité à servir les clients de bout en bout et contribution active au bon fonctionnement du marché — qui rend cette étape particulièrement structurante.
« L’objectif est double : accompagner nos clients et contribuer à un démarrage fluide et crédible du marché. »
- Pourquoi avoir retenu un Future sur indice comme premier produit, et en particulier le MASI 20 ?
Le choix d’un future sur indice s’inscrit dans une approche pragmatique et progressive.
Ce type de produit est généralement utilisé comme point de départ sur de nombreux marchés, car il repose sur un sous-jacent diversifié, lisible et largement compris par les investisseurs.
Le MASI 20, en tant qu’indice regroupant les valeurs les plus liquides et représentatives de la place, répond naturellement à ces critères. Il permet de proposer un instrument simple d’utilisation, tout en facilitant la concentration de la liquidité au démarrage du marché.
- Vous intervenez également comme market maker. Quel est l’enjeu de ce rôle dans la phase actuelle ?
Le rôle de market maker vise avant tout à accompagner le bon fonctionnement du marché, en contribuant à la continuité des cotations et à la fluidité des échanges.
Dans une phase de lancement, cet engagement permet de donner de la visibilité aux investisseurs à travers ces cotations, de faciliter les transactions et de soutenir une formation des prix ordonnée, dans le respect des paramètres définis avec la place et sous la supervision des autorités compétentes : Les spreads seront plafonnés, des tailles minimales de cotation seront exigées, et nous serons tenus d’assurer une présence au marché d’au moins 80 % du temps de séance quotidien.
Il s’agit d’un rôle encadré, exercé dans un cadre strict de gestion des risques.
- Comment envisagez-vous l’évolution du marché à terme dans les prochaines années ?
La priorité, à court terme, est de permettre une appropriation progressive du Future MASI 20 par les investisseurs et les différents intervenants.
Par la suite, le marché pourra évoluer vers d’autres produits, notamment des futures sur bons du Trésor qui présentent un fort potentiel, puis vers des instruments plus segmentés, en fonction des besoins observés et du cadre réglementaire.
L’approche retenue est clairement graduelle et pragmatique, avec l’objectif de consolider chaque étape avant d’envisager la suivante.
« Le développement du marché à terme s’inscrit dans une trajectoire progressive, construite en cohérence avec les besoins du marché et les exigences de stabilité financière. »
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