Nouveau Port de Safi : la réception provisoire du projet est prévue fin 2019
Attendu pour 2017, le nouveau port de Safi ne sera fin prêt qu'en octobre 2020 à en croire le ministère de l'Equipement. La réception provisoire des travaux est, quant à elle, prévue pour fin 2019. Détails.
Le Conseil de gouvernement, réuni jeudi 22 août, a adopté un projet de décret N° 2.19.617, modifiant le décret relatif à la création de la direction provisoire pour superviser la réalisation du nouveau port de Safi.
A travers ce décret, le ministère l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l'Eau "vise à prolonger la durée de vie de cette direction afin qu’elle puisse accompagner l'exécution des travaux jusqu'à la livraison du port et l'apurement de l'ensemble des marchés, soit jusqu'au 15 octobre 2020", annonce Mustapha Khalfi, porte-parole du gouvernement. C'est la deuxième prolongation de cette direction faite par le ministère.
Ainsi, le ministère de tutelle donne une nouvelle indication sur la fin des travaux de la première phase de ce port qui était initialement attendue pour 2017, mais qui n’a pu être livrée à temps à cause de plusieurs incidents enregistrés au niveau des travaux de construction.
>> Lire aussi : Port de Safi: le quai charbonnier toujours pour fin 2018 ?
Pour rappel, en août 2017, soit deux mois après la fin supposée du chantier, les responsables constatent d’importants dégâts dans les fondations du quai charbonnier, une des principales composantes du projet, nécessitant sa démolition et sa reconstruction à zéro.
Le quai charbonnier vise à assurer l’approvisionnement de la nouvelle centrale thermique de Safi en charbon à raison de 3,5 millions de tonnes par an pour produire une puissance totale en énergie de 1320 MW. Cette première phase devait être opérationnelle en 2017.
Afin de justifier le maintien de cette direction provisoire, le ministère de tutelle s’exprime officiellement et pour la première fois sur les problèmes rencontrés dans la construction de ce port.
Le département dirigé par Abdelkader Amara explique dans la note de présentation du décret que les travaux ont connu plusieurs problèmes administratifs et techniques dont les plus importants ont été :
- L’apparition de fissures dans des blocs constituant le quai à charbon ce qui a conduit à l’arrêt des travaux et la réalisation de travaux complémentaires.
- La réalisation de certains travaux supplémentaires au niveau du quai à charbon afin de faire face à la pression exercée sur les fondations et garantir une exploitation optimale de l'infrastructure, conformément à la demande de la société en charge de la construction et de l'exploitation de la centrale thermique Safiec.
- La réalisation de certains travaux concernant la digue principale, afin de pouvoir protéger la falaise limitrophe des effets des vagues.
- La réalisation de certains travaux additionnels au niveau du quai des services pour son exploitation provisoire, afin d'approvisionner la centrale thermique en charbon, dans l'attente de la fin des travaux au quai à charbon.
Les éléments énoncés par le ministère confirment les différentes informations présentées par Médias24 dans les différents articles consacrés à ce sujet.
Lire aussi :
- Port de Safi: la reconstruction du quai endommagé n’a pas encore démarré
- Exclusif. Nouveau port de Safi: l’avancement des travaux en images
- Port de Safi: première réaction de Abdelkader Amara
À présent, le ministère préfère jouer la prudence dans l’annonce de la date de fin des travaux. Dans la note de présentation (en copie plus bas) le département d'Amara explique qu’en "prenant en considération les possibilités de retards dus à la houle, la réception provisoire du projet est prévue pour les derniers mois de l’année 2019. La réception définitive devra se faire après une année soit vers la mi-octobre 2020".
Le projet aura ainsi pris un retard de trois ans. Un glissement qui aura des conséquences sur les phases ultérieures. La deuxième phase consistait en le doublement de la quantité du charbon réceptionnée par le port à 7 millions de tonnes par an pour répondre aux besoins croissants de la centrale thermique destinée à produire une puissance totale de 2640 MW, à l’horizon de 2020. La troisième et dernière phase ambitionne de satisfaire les besoins du groupe OCP estimés à 15 millions de tonnes.

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