Très faible amélioration des salaires dans le secteur privé en 2018
Le salaire moyen déclaré à la CNSS n’a augmenté que de 1,7% en 2018 pour atteindre 5.188 DH. Le salaire médian fait quasiment du surplace à 2.723 DH. Près de 40% des salariés déclarés perçoivent toujours moins que le SMIG mensuel.
La situation matérielle des salariés du secteur privé n'est pas confortable et s’améliore très faiblement. Quand on sait que la consommation des ménages demeure le moteur de la croissance au Maroc, la question devient préoccupante.
Une augmentation du SMIG vient d'être accordée dans le cadre du dialogue social. Mais elle demeure insuffisante pour redresser significativement le pouvoir d'achat des ménages aux revenus inférieurs.
L'écart des salaires avec le secteur public est important. Il est même le plus élevé de la région. D'où plusieurs interrogations : les fonctionnaires sont-ils trop bien payés ou bien les salariés du privé sont-ils très faiblement rémunérés ? S'agit-il d'un problème de morosité économique ? De pression concurrentielle de l'informel ? La répartition des richesses au Maroc privilégie-t-elle trop le capital au détriment du travail ? Est-ce plutôt un problème de structures de l'économie qui peinent à évoluer (secteurs productifs archaïques) ? Le problème réside-t-il dans le niveau de vie élevé par rapport aux revenus des travailleurs ?
La situation est complexe et peut s'expliquer par tous ces facteurs à la fois. En tous les cas, voici la situation telle qu'elle ressort du dernier rapport chiffré de la CNSS, présenté lors de son dernier conseil d'administration tenu mardi 16 et mercredi 17 juillet 2019.
85% des entreprises emploient moins de 10 salariés
En 2018, ils étaient 3,47 millions de salariés déclarés à la CNSS, un chiffre en hausse de 2,6% par rapport à 2017 et de 3,7% en moyenne par an au cours des 5 dernières années, selon les dernières données de la caisse.
La masse salariale déclarée est de 148 milliards de DH, en hausse de 7% en une année. Elle est payée par 234.000 entreprises, chiffre en hausse de 5%. Plus de 85% d’entre elles emploient moins de 10 salariés.
32% des salariés déclarés sont des femmes. Et 46% ont moins de 35 ans. L’âge moyen est de 37,6 ans.
Ces salariés exercent principalement dans les secteurs des services (21%), de l’industrie (18%), du commerce (15%) et de la construction (14%).
39% sont basés à Casablanca. Tanger, Rabat et Agadir concentrent chacune 11% des salariés.
Le meilleur salaire moyen, dans les activités financières. Le pire dans l'agriculture
Les salaires déclarés demeurent faibles. Le salaire moyen ne s’est amélioré que de 1,7%, à 5.188 DH. Dans le secteur public, la moyenne atteint 7.549 DH.
Le salaire médian, niveau qui coupe la population déclarée en deux, est beaucoup plus bas. Il est de 2.741 DH, en quasi-stagnation (+0,7%).
38% des salariés déclarés ne touchent même pas le SMIG mensuel. Et seulement 14% perçoivent plus de 6.000 DH par mois.
Le salaire moyen le plus élevé est celui du secteur des activités financières et d’assurance (14.749 DH), suivi de l’information et la communication (10.953 DH). Le salaire moyen le plus bas est dans l’agriculture (3.028 DH) et l’hôtellerie & restauration (3.963 DH).
Pire, le salaire moyen des nouveaux entrants (89.000 personnes en 2018) est d’à peine 2.973 DH. 62% touchent moins que le SMIG et seulement 18% perçoivent plus de 3.000 DH.
Une retraite moyenne de 1.961 DH par mois
La précarité de l’emploi est préoccupante. 31% des salariés sont déclarés moins de 6 mois par an. Seuls 25% sont déclarés toute l’année. Les secteurs qui présentent les nombres de jours déclarés les plus bas sont l’agriculture et la construction (145 et 198 jours respectivement).
Les retraités ne sont pas mieux lotis. Ils sont 394.000 à percevoir une retraite moyenne de 1.961 DH, en légère hausse de 1,4% par rapport à 2017. Dans le secteur public, elle dépasse 7.000 DH.
En intégrant toutes les pensions (retraite, réversion et invalidité), la moyenne tombe à 1.617 DH perçue par 568.829 pensionnés. 72% d’entre eux perçoivent moins de 2.000 DH par mois.
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