Saïd Bouftass, éditeur du 9e art
Fondateur de la première maison d’édition de bande dessinée et promoteur du festival de la BD de Casablanca, Saïd Bouftass impulse un laboratoire du 9e art à l’Ecole supérieure des beaux-arts de Casablanca.
Saïd Bouftass n’est pas un nouveau venu dans le monde de la bande dessinée. Dès 1999, ce diplômé des Beaux-arts de Paris innove en lançant le mensuel de BD gratuit « Boom magazine », mais se voit contraint d’abandonner faute de financement. Et, lorsqu’une dizaine d’années plus tard, il revient à la charge avec un scénario et quelques planches, les maisons d’éditions lui ferment leurs portes. Un éditeur va même jusqu’à lui exiger une avance de 10.000 DH ! « C’est le monde à l’envers. A ce prix-là, je peux créer ma propre maison d’édition ! », pense alors Bouftass, qui fonde les Editions Alberti en 2011.
Dès 2012, « Foukroun et les tortues de la Maâmora », de Jean-François Chanson et Hervé Furstoss, paraît dans la collection « la BD pour les petits ». Bouftass se sent alors prêt à concrétiser son ambition : « accompagner les jeunes créateurs, initier une vraie génération de bédéistes et participer à l’essor de la BD ».
Un festival et des promesses
Porté par cet élan, Bouftass organise la 1ère édition du festival international de la BD de Casablanca à l’Ecole supérieure des beaux-arts, négocie avec la Ville l’hébergement et un sponsor les billets d’avions. Il contracte même un crédit à la consommation pour boucler le budget. « C’est à cette occasion que je me suis lancé le défi de publier 6 albums de BD avant la prochaine édition du festival, et je compte bien le remporter. », insiste l’éditeur. Le pari est presque gagné puisque la maison d’édition travaille actuellement sur 5 BD simultanément. L’une d’elles serait d’ailleurs destinée à une grande entreprise nationale, ce qui devrait bientôt mettre Alberti à l’abri des soucis financiers. « En plus de la création et de la qualité graphique, l’impression coûte cher. Pour 2.000 exemplaires, il faut compter 40.000 DH. Une bonne assise financière permettra donc à Alberti d’investir dans de nouveaux talents ».
Un laboratoire de recherche
Pour remédier à cela, il entreprend de créer un laboratoire de la BD, le premier du genre au Maroc, et négocie sa construction avec la Ville de Casablanca et l’Ecole supérieure des beaux-arts. Côté financement, Bouftass confie être en négociation avec une banque et un opérateur télécom marocains. Les travaux sont donc lancés et l’inauguration prévue en novembre 2013, à l’occasion du 2e festival de la BD, dont Francis Groux, co-fondateurs du Festival de la BD d'Angoulême, est désormais le parrain.
Un projet pédagogique
Parallèlement, Bouftass négocie un partenariat pédagogique pour organiser des ateliers avec la FNAC. « Je compte également beaucoup sur la FNAC Maroc une fois que nous aurons édité les 6 BD promises. Mais aussi sur les Editions L’oiseau indigo qui m’assureront une diffusion en France, en Belgique, en Suisse et au Canada.», confie l’éditeur. Mais Saïd Bouftass voit encore plus grand et compte rencontrer prochainement le ministère de l’Enseignement supérieur. Son idée ? Intégrer, dans la filière Littérature de jeunesse, une spécialisation dans l’écriture scénaristique pour la BD et le dessin animé.
À découvrir
à lire aussi
Article : Éducation : le Maroc renforce sa coopération avec l’université chinoise Beihang
Le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a signé vendredi 17 avril 2026 à Rabat une convention de partenariat avec l’université chinoise Beihang University, visant à renforcer la coopération bilatérale en matière d’enseignement, de recherche scientifique et d’innovation technologique.
Article : Agents de gardiennage : vers la fin des journées de 12 heures payées seulement 8
Le gouvernement, en concertation avec les partenaires sociaux, veut corriger une situation persistante en revoyant le cadre légal applicable aux amplitudes horaires dans la sécurité privée.
Article : Cinéma. Dans “Calle Málaga”, Maryam Touzani célèbre la vie et lève le tabou de la vieillesse
Né de la douleur, de la perte et du besoin de garder vivant le souvenir de sa mère, le nouveau film de Maryam Touzani se veut un hommage à la renaissance. Dans les rues de Tanger, la réalisatrice nous confie son souhait de transformer la vieillesse en un privilège et de faire de la fiction un espace de liberté pour filmer la persistance de l'être et l'amour de la vie.
Article : Race to the bunkers: Algiers rattled by the FAR’s technological rise
Satellite images circulating on social media point to unusual activity across the border. The Algerian army appears to be stepping up the construction of underground structures, underscoring its concern over the precision of Moroccan strike systems.
Article : Mondial 2030. Où en sont les chantiers des stades de Casablanca ?
Casablanca accélère la modernisation de ses infrastructures sportives à l’approche de la Coupe du monde 2030. Plusieurs stades emblématiques de la ville font l’objet de projets de réhabilitation ou de reconstruction, avec des investissements importants mobilisés. Round-up.
Article : Sahara : malgré ses efforts, Alger se heurte à une ligne américaine inchangée
En marge de l’Antalya Diplomacy Forum, en Turquie, le ministre des Affaires étrangères algérien et le haut conseiller du président américain pour le monde arabe et l'Afrique ont échangé autour de plusieurs "sujets d'actualité", dont le Sahara. Mais derrière les formules convenues du texte algérien, l'appui américain à l'intégrité territoriale du Maroc demeure clair et inchangé. Relevant depuis décembre 2020 de la logique de la continuité étatique, la position de Washington s'inscrit désormais dans la durée, indépendamment des alternances politiques internes ou des efforts diplomatiques engagés par Alger. Analyse.