La Samir dans la tourmente
Plombée par un important coût financier, l’activité de la Samir a du mal à prendre son envol. Avec une charge financière incontrôlable, la société se lance dans la distribution à la conquête de nouvelles marges.
A fin 2012, la Samir couvre 57% du besoin national en produits pétroliers. Sur les deux dernières années, le prix moyen du baril de pétrole est resté relativement stable (111,3 USD en 2011 à 111,7 USD en 2012). La hausse des prix des produits pétroliers a permis de réaliser un chiffre d’affaires en évolution globale de 10% à 54.946 millions de DH. La demande a, quant à elle, reculé de 1,3% en 2012. Chose qui n’a pas empêché le groupe de mettre en service le projet Topping 4, qui a nécessité une enveloppe de 1,6 milliard de DH, afin de répondre à 80% de la demande nationale.
Ce projet d’investissement arrive à un moment où la demande européenne en produits pétroliers recule. Le Maroc suit la même tendance. «A cause de la crise, les marges de raffinage dans les pays méditerranéens sont les plus faibles au monde. Et des pays comme l’Espagne, le Portugal ou la Grèce dégagent des excédents en produits pétroliers, ce qui a pour effet direct une augmentation de l’offre et une baisse des prix dans la région. La Samir ne fait qu’en subir les conséquences», explique Jamal Ba Amer, DG de la firme, avant de poursuivre: «le groupe réalise une marge de raffinage de 6 USD par baril, nettement inférieure à la norme mondiale dans le secteur.»
Les filiales du groupe Samir (notamment Salam Gaz et Somas) affichent des performances meilleures, leurs résultats nets s’élèvent respectivement à 167 et 93 millions de DH.
Un constat plutôt amer qui pousse le groupe à s’endetter davantage. Résultat: des produits financiers en diminution de 2% et des charges financières qui augmentent du tiers, pour un résultat financier qui se dégrade, globalement, de -39% s’établissant à -666 millions de DH.
Un programme de restructuration de la dette, soutenu par la deux banques, BCP et AWB, prévoit un reclassement de 4 milliards de DH de dettes court terme en dettes long terme à un taux d’intérêt de 6,80%. Ce programme de reclassement est conditionné par une augmentation de capital de 1,75 milliards de DH, dans un délai de 3 ans, pour un prix de 600 DH/action. Chose que la tendance du marché ne permet pas, actuellement.
Boulimique en financements, la Samir a, par ailleurs, bénéficié d’un crédit d’enlèvement sur 18 mois, plafonné à 6 milliards de DH (auprès de la douane) et un contrat de préfinancement de 200 millions de dollars auprès de Glencoreenergy.
Au final, la Samir se retrouve avec une trésorerie qui se dégrade de 23% et des dettes de financement qui augmentent de plus de 110% s’élevant, à fin décembre 2012, à 8,6 milliards de DH.
Conscient de la faible rentabilité du secteur du raffinage, le groupe part à la conquête de parts de marché dans la distribution, en donnant naissance à la SDCC, qui sera dirigée par Youssef Ouhilal. En effet, la Samir a annoncé l’ouverture d’une trentaine de stations portant son nom dans les villes, sur les routes nationales et a affirmé son engagement dans les futurs projets autoroutiers.
«Pour le moment, la priorité est de restructurer le bilan afin d’en rétablir l’équilibre, en vue de faciliter de futurs accords de financements bancaires», nous confie Nabil Tazi, Directeur comptabilité de la Samir.
à lire aussi
Article : Préparation CDM 2026. Le Maroc s’impose sans peine face à Madagascar (4-0)
Les Lions de l’Atlas n’ont pas eu à forcer leur talent pour l’emporter face à des Malgaches limités, ce mardi 2 juin à Rabat, grâce notamment à un doublé d’Ismaïl Saibari. Les enseignements positifs ont été nombreux, mais le manque d’efficacité demeure un point noir en vue du Mondial 2026.
Article : Batteries : pourquoi le modèle industriel marocain inquiète-t-il Bruxelles
L’Union européenne durcit sa position face aux investissements chinois. Avec les projets chinois dans l’automobile électrique et les batteries, le Maroc se retrouve au cœur de cette nouvelle tension. Le précédent des jantes en aluminium montre que cette pression peut déjà se traduire par des droits commerciaux lourds. Le Royaume entend défendre ses intérêts. Des discussions sont en cours.
Article : Visa Fintech Day : le Maroc veut accélérer l’inclusion financière grâce à l’IA et aux paiements numériques
Rapprocher les services financiers des citoyens, soutenir les TPME et réduire les fractures d’accès… Le Maroc mise sur l’IA et la fintech pour accélérer sa transformation numérique.
Article : 1.700 passagers et 426 cabines : GNV baptise à Tanger son navire Aurora le plus moderne
Avec le baptême du GNV Aurora à Tanger, la compagnie maritime italienne GNV renforce son dispositif entre le Maroc, l'Espagne et l'Italie. Déployé à l'approche de l'Opération Marhaba 2026, ce ferry de nouvelle génération illustre les ambitions du groupe en matière de mobilité, de confort des passagers et de transition énergétique.
Article : Mines : ce que cachent les annonces de découvertes au Maroc
Le secteur minier marocain est en pleine effervescence. Mais entre l'effet d'annonce et la réserve prouvée, le chemin reste long et incertain. Décryptage d'un secteur où il faut savoir démêler le vrai du spéculatif.
Article : Mondial 2030 : Casa Aménagement lance un marché pour la construction du Centre international de diffusion de Casablanca
Nouveau jalon pour l’International Broadcasting Center qui diffusera le signal nécessaire aux retransmissions radiotélévisées des matchs du Mondial.