Les crédits à l'économie vont de plus en plus vers l'immobilier
Le système bancaire se substitue à l'Etat pour financer ses arriérés de paiement.
La part des crédits immobiliers dans le total des encours de crédit à l'économie continue de grimper, atteignant à fin février 2013 le taux record de 32%. Ce n'est pas un niveau alarmant, mais il exige de la vigilance.
Un second poste impose de la vigilance : il s'agit des crédits de trésorerie ou des préfinancements destinés aux entreprises subissant des arriérés de paiement de la part de l'Etat. On en connaît quelques secteurs : les sous-traitants de l'ONEE pour 4 milliards de DH, les pétroliers pour 14 milliards de DH, à titre de simple exemple.
Parallèlement, l'Etat continue de recourir à la dette intérieure, aggravant l'effet d'éviction au détriment du secteur privé et des particuliers.
Moins de crédits pour l'économie
Au final, il y a beaucoup de crédits, mais une faible demande de crédits sains, une hausse continue des crédits immobiliers, une raréfaction de la marge d'accroissement des liquidités et de moins en moins de crédits qui vont réellement à l'économie.
La dernière répartition des crédits en date concerne le mois de février dernier, et montre que la proportion des crédits destinée à l’économie représente 55% du total des crédits bancaires accordés, tous secteurs confondus. Cette proportion du crédit est adressée aux sociétés privées et aux entrepreneurs individuels. En 2002, la proportion était égale aux deux tiers.
La structure de la nouvelle répartition des crédits au Maroc risque de poser de sérieux problèmes dans un avenir proche; les crédits destinés à l’économie ralentissent. Ceux destinés à l’immobilier augmentent. Quels scénarios peut-on envisager ?
Le risque d'une bulle spéculative est important
Cette surenchère est dangereuse dans la mesure où le risque de formation d’une bulle est important. En effet, sur la partie du crédit destinée à l’immobilier, la proportion qui génère une valeur ajoutée, c'est-à-dire celle destinée aux promoteurs, représente 32% du total du crédit immobilier accordé, 68% concernent donc le crédit à l’habitat, n’ayant d’effet que sur la propriété du foncier, sans incidence sur la richesse.
L’une des conséquences du creusement du déficit budgétaire est l’amoindrissement du taux de réserve national (proportion déposée par les banques commerciales à Bank Al Maghrib), qui est passé, le 9 septembre 2012, à 4%. Le taux était de 6% avant cette date, et de 15% en 2008. Autant dire que la marge de manœuvre se rétrécit.
Par ailleurs, les chiffres des bilans des industriels et des banques, au terme de l’année 2012, montrent globalement d’importantes dotations aux provisions concernant les créances. S’attendraient-ils au pire ?
Pour le moment, ni Bank Al Maghrib, ni le Groupement Professionnel des Banques du Maroc ne souhaitent apporter plus de précisions à ce propos. Mais, une chose est sûre, les prochains mois nous le diront.
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