Lafarge Maroc joue la carte de la diversification
L’entreprise, propriété de la SNI à hauteur de 50%, étoffe sa palette de produits et renforce sa présence dans les activités non cimentières comme le béton, le granulat et le plâtre.
Ce n’est pas un scoop. Pour les cimentiers, 2012 a été très difficile et 2013 est en train de prendre le même chemin. Les statistiques du premier trimestre le confirment : le marché a encaissé une baisse de 21% par rapport à la même période de l’année passée. Comment sortir alors son épingle du jeu quand le bâtiment, qui représente 70% du chiffre d’affaires des cimentiers, tarde à montrer des signes de reprise ?
Une chose est sûre, Lafarge Maroc (dont 50% sont détenus par le groupe Lafarge et 50% par la SNI) est bien décidé à faire feu de tout bois. C’est ce qui ressort des déclarations de Saâd Sebbar, administrateur directeur général de l’entreprise dont le résultat net consolidé et le chiffre d’affaires ont baissé respectivement de 23,4% et 9,4% en 2012.
D’abord, il n’est pas question d’abandonner les projets visant l’augmentation des capacités de l’entreprise. La cimenterie d’Agadir est maintenue dans le programme d’investissement. Elle sera opérationnelle en 2016, assure-t-on.
Mais qu’en est-il des débouchés ? Pour booster ses ventes, l’entreprise n’envisage pas de procéder à une baisse des tarifs. En tout cas, pas de son propre gré vu que les prix ont déjà subi de fortes pressions courant 2012. « Le prix ne doit pas être le seul critère de comparaison. Notre stratégie consiste à proposer de nouveaux produits et services de façon à passer du statut du simple fabricant de matériaux de construction à celui de fournisseur de solutions pour les clients », ajoute Saâd Sebbar. Des produits adaptés au logement économique, à base de ciment, plâtre et granulés, sont par exemple mis en vente. «Ils ont déjà montré leur efficacité dans le cadre du programme El Baraka à Tanger », précise l’ADG de Lafarge Maroc.
Ce n’est donc pas une coïncidence si l’entreprise procède au renforcement de son intégration en aval. D’autant plus que les activités non cimentières, à savoir le béton, le granulat, la chaux et le plâtre, n’ont pas été frappés par la crise.
L’autre grand chantier stratégique mis en place par l’entreprise concerne la rationalisation des dépenses énergétiques. A ce sujet, Lafarge prévoit de doubler le taux d’utilisation des combustibles alternatifs et de couvrir plus de la moitié de son énergie électrique grâce à l’éolien. Aujourd’hui, l’usine de Tétouan produit 80% de ses besoins via cette technique. L’objectif à terme est d’y recourir pour approvisionner l’ensemble des sites à hauteur de 50% de leurs besoins.
À découvrir
à lire aussi
Article : Formation continue. La loi 60-17 bientôt révisée, l’OFPPT sur le point d’être dessaisi
EXCLUSIF. Une page est sur le point de se tourner dans la gestion de la formation continue au Maroc. Le dispositif actuel, structuré autour de l’OFPPT depuis 2018, devrait céder la place à une nouvelle architecture portée par une société anonyme, dans un contexte de remise en cause croissante de la gouvernance et des performances du système.
Article : Finale CAN 2025 : trois premiers supporters sénégalais et le Franco-Algérien poursuivi dans le dossier libérés
Condamnés à trois mois de prison, les premiers détenus sortent de la prison El Arjat 2 à Rabat, cinq jours après la confirmation des peines en appel.
Article : Boudchart à Casablanca : une nouvelle étape dans une trajectoire artistique maîtrisée
Casablanca accueille Amine Boudchar les 16, 17, 18 et 19 avril pour une série de concerts qui marquent un tournant dans sa démarche créative.
Article : Livret de famille. Pourquoi est-il devenu presque impossible d’en obtenir ?
Dans plusieurs bureaux de l’état civil, obtenir un livret de famille relève désormais du parcours du combattant. Entre transition numérique et gestion du stock, une situation qui suscite incompréhensions et interrogations.
Article : Iran : après une brève réouverture, retour à des restrictions strictes dans le détroit d’Ormuz
Après une reprise limitée du trafic, les navires sont à nouveau filtrés et contraints à des itinéraires imposés, sous supervision des forces iraniennes.
Article : Industrie : extension d’une unité de Fortune Maroc à Bouskoura, 220 MDH d’investissement
Cette extension marque une nouvelle étape pour l’industriel, engagé depuis 2014 dans la fabrication locale après une phase initiale d’importation.