A Guelmim, un extraordinaire trésor de manuscrits anciens au sujet des relations Maroc-Sénégal
Médias 24 vous révèle ci-après un endroit méconnu: un musée qui contient plus de 2.000 manuscrits anciens reconstituant une partie des relations commerciales entre le Maroc et l'Afrique de l'Ouest. Un trésor inestimable découvert récemment.
C’est un événement : plus de 2.200 documents retraçant l’histoire des échanges commerciaux entre les tribus du Sahara et les pays de l’Afrique subsaharienne, notamment le Sénégal, au début du 20ème siècle, sont maintenant exposés au musée d’Ahl Salek, à Laksabi, une localité située à 10 kilomètres de la ville de Guelmim, après avoir été re-découverts au cours des dernières années par un membre de la famille.
Le démarrage du musée a eu lieu en 2009, mais l’adresse reste méconnue. Médias 24 est le premier journal à l’évoquer. « C’est la maison de mon grand-père, Mohamed Salem Oueld Ahmed Oueld Salek, qui abrite le musée », déclare à Médias 24 Ahmed Bensalem Ben Salek El Hanafi, héritier de ce patrimoine historique dont la richesse documentaire n’a d’égale que sa profondeur.
« Le musée a vu le jour pour retranscrire l’histoire des tribus du sud du Maroc. Ce fut une simple action qui a pourtant encouragé plusieurs autochtones des Ait Lahcen à ouvrir leurs anciens coffres pleins de documents historiques hérités de leurs ancêtres, et ignorés par la nouvelle génération ne sachant s’en servir et à qui confier ce trésor », indique notre source.
« Etant petit-fils de cette notabilité et ayant hérité une documentation historique datée de plus d’un siècle, j’ai décidé depuis mon départ de la fonction publique d’ouvrir ce musée et de mettre cet héritage, qui représente la mémoire de ma famille et de ma tribu, à la disposition des chercheurs, étudiants, administrations, médias et toute personne intéressée », poursuit-il.
Les documents, mis à la disposition de Médias 24, révèlent, avec une précision saisissante, les relations commerciales qu’entretenait la tribu de Laksabi, ex-Taougaoust, avec le Sénégal, où était établi un membre de la famille répondant au nom de Mohamed Salem, commerçant de son état. Une missive qui date de 1926 (voir diaporama ci-dessus), a pour objet de fournir la tribu d’Ait Lahcen en armes de sorte que celle-ci puisse être en mesure de défendre «son identité, sa terre, sa religion croyance, son honneur» ainsi que de se protéger contre les tentatives de pillage, récurrentes à cette époque-là.
Les mêmes documents nous éclairent sur le rôle joué par les familles commerçantes de Fès, qui étaient installées au Sénégal, dans le développement des échanges commerciaux entre le Sénégal et le Maroc. Les Bennouna, Ben Jelloun, Bakkali, Kettani, Iraqui, Guennoun, Douiri, Kadiri, Skalli, Chraibi – la liste est longue - échangeaient, à longueur d’année, comme le montrent les lettres suivantes, avec la famille Mohamed Salem. De très bonnes relations commerciales se sont tissées au fil du temps, contribuant ainsi à l’affirmation de l’amitié entre la ville du Sud et le Sénégal.
Mais le manuscrit le plus surprenant reste cette lettre adressée, le 8 juillet 1914, par Mohamed Salem au trésorier général de la ligue des droits de l’Homme. (voir diaporama)
Ksabi est la ville archéologique la plus ancienne du Sud. Lors de fouilles réalisées par le ministère de la Culture dans cette ville, dont le patrimoine semblait être détruit par des inondations, plusieurs objets précieux ont été découverts. « Les premières fouilles, effectuées après l’ouverture du musée, ont révélé l’existence de bijoux, d’agent, et d’autres objets, qui sont aujourd’hui déposés au ministère de la Culture. Vu que ce dernier ne dispose pas d’assez de moyens pour poursuivre les fouilles, il a été décidé de confier l’opération à l’Agence pour le développement des provinces du Sud. Les explorations reprendront dès le mois de septembre », nous confie Ahmed Bensalem Ben Salek El Hanafi.
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