Turquie: les auteurs du putsch de 1997 devant la justice
Le procès des auteurs présumés d’un coup de force militaire, le dernier de l’Histoire moderne de la Turquie, qui avait contraint en 1997 le premier gouvernement islamiste en Turquie à quitter le pouvoir, s’est ouvert lundi matin à Ankara.
Cent trois personnes, dont 37 en détention préventive, comparaissent dans cette procédure judiciaire, nouvel épisode de la lutte controversée engagée par le régime islamo-conservateur turc pour écarter les généraux de la sphère politique.
L’accusé n°1 de ce procès est le chef de l’armée turque de l’époque, l’ex-général Hakki Karadayi, 81 ans, qui ne comparaîtra pas en raison de sa mauvaise santé.
En revanche, son adjoint, l’ex-général Cevik Bir, incarcéré, est arrivé au tribunal.
De nombreux autres officiers à la retraite et des civils figurent parmi les accusés, qui risquent la prison à vie pour «renversement du gouvernement».
Les prévenus incarcérés sont aujourd’hui détenus à la prison de Sincan, dans la périphérie d’Ankara, où l’armée avait ordonné en février 1997 à une colonne de blindés de défiler dans les rues. La municipalité islamiste de la ville venait d’organiser une réunion publique sur «la libération de Jérusalem» en faisant l’éloge notamment du groupe islamiste palestinien Hamas.
Cette démonstration de force, assortie d’un ultimatum, avait suffi à pousser le gouvernement de coalition à la démission, sans effusion de sang et sans imposer un régime militaire.
L’armée turque, qui se considère comme la garante des principes de la République, à commencer par celui de la laïcité, a renversé trois gouvernements civils en 1960, 1971 et 1980.
Le gouvernement poussé à la démission en 1997 était dirigé par Necmettin Erbakan, décédé en 2011, le mentor politique de l’actuel Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.
Depuis l’arrivée au pouvoir de son Parti de la justice et du développement (AKP) en 2002, le gouvernement islamo-conservateur de M. Erdogan a réduit l’influence des militaires sur la vie politique.
Des dizaines d’officiers d’active et à la retraite sont actuellement en prison, condamnés ou inculpés dans plusieurs complots présumés dirigés contre le pouvoir.
(Par AFP)
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