Portugal: les pilotes des Canadairs français à la rescousse
Le Portugal qui n’a pas les moyens de lutter seul face au fléau des incendies meurtriers, a reçu l’aide de la France qui a dépêché trois Canadairs dont les pilotes ont été accueillis en sauveurs par la population.
«On a un peu changé les habitudes» des pompiers portugais, commente entre deux largages d’eau l’un des pilotes, Daniel Manzo, 57 ans, basé à Marignane (sud-est de la France).
Les Portugais «attendent qu’il y ait les feux et après ils mettent les moyens. Nous, on leur a un petit peu changé les habitudes depuis quelques jours», raconte à l’AFP cet ancien pilote de chasse de l’armée de l’air, avec sa combinaison rouge et ses lunettes de soleil remontées sur son front.
«Un feu, il faut le combattre tout de suite avant qu’il ne s’étende trop, et avec un avion en général on y arrive», explique-t-il.
«Les Portugais n’ont pas les mêmes moyens que la France, ils ont moins d’avions et ne peuvent pas faire de la prévention. Ce n’est pas une critique, ils font comme ils peuvent», ajoute cet homme robuste, chef pilote du secteur Canadair.
Stationnés sur la base militaire de Monte Real près de Leiria, à une centaine de kilomètres au nord de Lisbonne, les Canadair ont effectué entre 50 et 70 largages d’eau par jour.
Les bombardiers d’eau aux couleurs jaune et rouge et barrés de l’inscription «Sécurité civile» ont sillonné sans relâche le ciel du nord et du centre du Portugal pour combattre des feux de forêt difficiles à maîtriser, attisés par des vents violents et des températures élevées.
«C’est du non stop, les avions ne s’arrêtent pas tandis que nous, on s’arrête un peu de temps en temps», confie le pilote.
Des mises à feu
«Ce n’est pas possible qu’il y ait des feux qui démarrent un peu partout comme cela. Il doit y avoir des mises à feu», estime Daniel Manzo. Plus de 50 incendiaires présumés ont en effet été arrêtés dans l’ensemble du pays.
Le travail des Français a été particulièrement apprécié par la population locale, comme dans le village d’Alagoa (centre), dont la forêt autour a été ravagée la semaine dernière par des flammes de plusieurs mètres de haut, menaçant des maisons.
«Heureusement qu’ils étaient là!», s’était exclamé Joao, un habitant, les traits tirés après avoir avoir lutté de longues heures pour défendre ses biens. «Sans eux, tout serait parti en fumée», avait-il confié à l’AFP.
Cette gratitude a également été ressentie par les pilotes français.
«Quand on passe, il y a plein de gens le long des rivières qui applaudissent. Ils font tous pareils. Ils applaudissent», raconte Daniel Manzo, esquissant un large sourire.
Ces avions, dont la mission se termine mardi en fin de journée, «ont apporté une aide précieuse», a souligné Miguel Cruz, porte-parole de la protection civile.
Les Canadairs interviennent pour appuyer le travail des centaines de pompiers au sol, comme ce fut le cas dans la chaîne de montagne de Caramulo, dans le centre du pays, qui a coûté la vie à trois pompiers sur les cinq tués en exercice en août.
Le gouvernement français avait dépêché le 21 août dernier deux Candair français puis avait envoyé un appareil supplémentaire samedi pour aider les pompiers à faire face à cette vague de feux qui a coûté la vie à cinq pompiers.
Outre la France, l’Espagne et la Croatie ont répondu à l’appel. Les pompiers portugais ne baissaient pas la garde en raison des prévisions météorologiques défavorables prévues jusqu’à mercredi, marqués par des températures élevées et des vents forts.
(Par AFP)
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