Bilan: Le gouvernement se délivre un satisfecit
Le ministre du Budget, Driss El Azami, vient de dresser devant la commission des Finances le bilan de la situation économique et financière au 30 juin. Selon lui, le pays est dans une situation satisfaisante.
Driss El Azami est optimiste pour les prochains mois, en se basant sur le bilan du premier semestre 2013. La croissance du pays durant le premier trimestre a progressé de 3,8%, contre une croissance de 2,8% un an auparavant. Un bon point, soit. Mais c’est dû aux cieux et à un bon trimestre agricole. La valeur ajoutée du secteur agricole a augmenté de 17,7% durant ce premier trimestre au lieu d’une baisse de 8,3% durant la même période l’année dernière.
En revanche, la croissance du secteur non agricole, elle, connaît un ralentissement. Elle était de l’ordre de 1,9% ce premier trimestre contre 2,8% la même période l’année dernière.
Le BTP souffre, le tourisme se porte bien mais le chômage gagne du terrain
Le secteur du bâtiment et des travaux publics se porte mal. Les ventes du ciment, un des indicateurs du comportement du marché, a baissé de 11% à fin juin par rapport à la même période l’année dernière. Autre indicateur : les prêts des banques à l’immobilier qui connaissent également un recul.
Pour le secteur du tourisme, tout va bien. Tous les indicateurs sont dans le vert. Le nombre des touristes a augmenté de 9,9% à fin juillet. Les nuitées ont également augmenté de 5,6%.
Le chômage est passé de 8,1% le premier semestre 2012 à 8,8% à fin juillet. Le chômage en milieu urbain a atteint 13,8%. Pour les jeunes de 25-34, le taux de chômage a atteint 20,2% contre 18,4 un an auparavant. Et celui des diplômés de l’enseignement supérieur a atteint 17,9% au lieu de 16,7%. Le chômage, un mal auquel le gouvernement n’a pas trouvé de remède. Aucun plan n’a encore été lancé par le ministère d’Abdelouahed Souhaïl.
Allégement du déficit commercial mais aggravation du déficit budgétaire
Bonne nouvelle, l’allégement du déficit commercial. Un recul de 3,1% à fin aout grâce au recul de 2,4%, soit près de 4,2 milliards de DH, grâce au recul des importations énergétiques. Bonne ou mauvaise nouvelle? La consommation de l’énergie a connu une baisse (-2,5% par rapport à juillet 2012) à cause du ralentissement de l’activité industrielle, a expliqué M. El Azami.
Malheureusement, les exportations ont également reculé, de 1,5% suite surtout au recul des exportations du phosphates de 18,5% ! En revanche, pour pratiquement tous les autres secteurs, les exportations ont augmenté à l’image de l’automobile (+19%) ou de l’aviation (+19%).
Enfin, les réserves en devises couvraient au 6 septembre, 4 mois et 9 jours d’importations, soit 150 milliards de DH. C’est 6 milliards ded plus par rapport à fin 2012.
Pour ce qui est des finances publiques, cela ne s’arrange pas. On note un recul des recettes et une augmentation des charges. Les recettes fiscales ont baissé 2,5 milliards de dirhams par rapport à l’année dernière. Le taux de réalisation des prévisions de la loi de finance 2013 est de seulement 56%. Mais il y a aussi le recul des participations des grands contribuables. La même période l’année dernière, les grandes sociétés avaient versé 26 milliards de DH, aujourd’hui elles sont à 24 milliards selon les explications de Driss El Azami.
Les charges augmentent et surtout celles liées aux salaires : +2,8 milliards de DH. Avec un fait particuliers, la régularisation des opérations de promotion et d’avancement des fonctionnaires de l’Education nationale qui a nécessité une enveloppe de 1,9 milliard. 1 milliard versé en janvier et 900 millions de DH en juin.
Faut il être optimiste ou pas ?
Pour les prévisions, la valeur ajoutée du secteur agricole devrait avoisiner les 15% à la fin de l’année au lieu des 5,5% prévus initialement par la loi de finances 2013. Conséquence, la croissance économique pourrait atteindre 4,8% au titre de l'exercice 2013, contre une prévision de 4,5% au début de l'exercice.
Toutefois, le tissu économique reste fragile et la croissance est liée à des éléments conjoncturels et non structurels. Notre croissance dépend de la campagne agricole, des fluctuations des importations et des transferts des MRE.
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