La lutte contre la corruption, thème de rentrée du Centre Jacques Berque
Avec ce premier séminaire, le centre de recherche rbati se fixe pour objectif de mieux comprendre les rouages de l’Etat de droit au Maroc. Le point avec Nadia Khrouz, coresponsable du séminaire.
Le Centre Jacques Berque pour les études en sciences humaines et sociales, basé à Rabat, organise le 8 octobre prochain, un séminaire sur la lutte contre la corruption animé par Mohamed Berraou.
La coordination de cette rencontre est assurée par Mustapha El Mnasfi,Marouane Laouina etNadia Khrouz. Cette dernière nous en explique les motivations.
Pourquoi avoir choisi une telle thématique pour le séminaire du 8 octobre ?
Le Maroc s'est lancé récemment dans une dynamique de développement institutionnel, marquée par la nouvelle constitution de 2011. Nous voulons à travers ce séminaire, nous concentrer sur un thème considéré comme l'une des priorités des pouvoirs publics. Nous voulons donner l’accès à un espace de débats et d’échanges autour du sujet de « la lutte contre la corruption et les instances de contrôle ». Cette intervention autour de cette thématique fait d’ailleurs suite à une séance organisée le 11 décembre dernier autour de « corruption et Etat de droit » animée par Ahmed Yassine Foukara, directeur du pôle stratégie et études de l’Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC).
Au-delà de permettre à différents acteurs d’apporter leur analyse sur la question, ce lien entre les différentes séances du séminaire Etat de droit du Centre Jacques Berque (CJB) permet non seulement d’aborder la question de l’Etat de droit sous différents prismes et thématiques, mais de suivre également les évolutions du contexte marocain, des rapports entre gouverneurs et gouvernés, au travers du prisme des réformes engagées (notamment la réforme de la Justice) et de l’action des différents acteurs institutionnels et de la société civile.
Les temps d’échange avec les participants ont justement pour objet de permettre d’enrichir les discussions, à partir d’analyses de praticiens et/ou chercheurs.
Quel est le concept de ce genre d'événements ?
Les activités mises en place par le CJB portent sur les sciences sociales du contemporain au Maroc, en s’étendant au Maghreb, avec pour objectif de contribuer aux activités scientifiques et de recherche au Maroc, en lien avec différents partenaires et des institutions d’enseignement et de recherche au Maroc et à l’étranger. Cela permet un enrichissement réciproque, pour tous, pour les chercheurs et étudiants, ainsi qu’un soutien dans le cadre de certaines activités.
Le séminaire sur l’Etat de droit lancé il y a maintenant plus d’une année, s’intègre à l’orientation de recherche « dynamique politiques et juridiques au Maghreb », tout en intéressant de manière transversale plusieurs axes de recherches du CJB. Ce séminaire vise à se pencher sur les déploiements pratiques de l'Etat de droit, ses contraintes, ses évolutions, en confrontant ce concept au contexte marocain, au travers de différents prismes touchant tant aux questions de gouvernance, de démocratie et de citoyenneté, que ceux des configurations et relations entre les différents pouvoirs et acteurs.
Et ce, à un moment où ces thématiques font l’objet de nombreuses analyses et intéressent nombre de chercheurs et d’étudiants de différentes disciplines. Le CJB ouvre dans ce cadre un espace d’échanges à même de soutenir une meilleure perception des réalités, perspectives et contraintes des différents acteurs agissant ou s’intéressant à ces questions, ainsi qu’un espace de dialogue ouvert à tous autour des thématiques envisagées permettant le débat.
Pouvez-vous nous présenter les journées de la « jeunesse partisane » et l'évolution du concept ?
Le séminaire « jeunesse partisane » a été mis en place à la suite du mouvement du 20 février. La jeunesse apparaissait et était présentée comme un vecteur de changement au Maroc. Ce séminaire a permis en réalité de mieux percevoir les différents types et multiples sphères d’engagements des jeunes (culture, patrimoine, partis politiques, associations, journalisme, défense des droits, etc.) et de réinterroger ce concept de « jeunesse partisane ».
Ces séances ont permis à des jeunes de partager leurs expériences et analyses. Ils ont discuté de ce que leur engagement pouvait apporter, des difficultés rencontrées et des perspectives envisagées au regard du contexte marocain. Les échanges qui suivaient chaque séance ont permis de pousser encore plus la réflexion et l’analyse, tout en alimentant la perception, au-delà de la question de l’engagement des jeunes, de la place donnée au citoyen dans ces différentes sphères d’engagement. Le CJB a souhaité approfondir ce concept de « jeunesse » pour mieux en percevoir les contours. Il a cherché à impliquer des chercheurs autour de l’engagement particulier des jeunes, dans ces différentes sphères « partisanes » ou perçues comme moins « partisanes ». Cela s’est déroulé au cours d’une journée d’étude organisée en juin 2012 autour de « la jeunesse au Maroc et dans l’espace euro-méditerranéen - Nouveaux enjeux, nouveaux terrains : quelles approches sociologiques ? ».
Le public répond-t-il à votre appel ?
Ce séminaire tend à impliquer tant les chercheurs et étudiants travaillant ou intéressés, que le public large qui souhaite mieux comprendre et réfléchir à ces questions. Bien évidement nous recevons des personnes ayant des statuts différents et certaines thématiques intéressent plus que d’autres. Cependant, nous pouvons faire le constat d’une réelle demande des participants à pouvoir bénéficier de tels espaces de présentation de problématiques et de réflexion autour de sujets de société au Maroc.
Les questions en lien avec l’Etat de droit sont centrales à ce niveau et permettent de mieux appréhender les changements que vit le Maroc actuel. Les personnes qui assistent à nos activités s'intéressent de plus en plus aux évolutions vécues par le Maroc. Le CJB souhaite dans ce cadre permettre à un plus grand nombre de personnes d’être informé de nos activités et contribuer, à leur niveau, à une meilleure compréhension des dynamiques politiques et juridiques au Maghreb, en complément des activités, notamment de recherche, organisées par d’autres centres et institutions en la matière.
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