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ECONOMIE

Libre échange UE-Maroc : quel impact sur la filière fruits et légumes ?

L’étude d’impact réalisée en vue de l’accord de libre - échange avec l’Europe prévoit des conséquences sociales et environnementales à court terme. Mais sur le long terme, l’accord devrait être positif pour le Maroc.  

Libre échange UE-Maroc : quel impact sur la filière fruits et légumes ?
Mélanie Xuereb
Le 15 octobre 2013 à 14h46 | Modifié 11 avril 2021 à 2h35

La version finale de l’étude d’impact des Accords de libre échange complets et approfondis (Aleca) est enfin disponible.

Cette étude, commanditée par l’Union européenne pour éclairer les négociations des accords en cours depuis le début de l’année 2013, analyse en profondeur l’impact des accords dans 4 secteurs clés de l’économie marocaine.

Médias 24 présente aujourd’hui les conséquences potentielles des accords pour la filière des fruits et légumes. Les études concernant les autres secteurs - textile et cuirs, l’off shoring dans les services de soutien à l’entreprise, énergie - seront publiées dans les jours suivants sur notre site.

Fruits et légumes : faible productivité et compétitivité

Le secteur des fruits et légumes au Maroc est exportateur net. C’est environ 20% de la production nationale qui est exportée. Il occupe 30% de la surface cultivée et emploie plus de 180.000 personnes, dont la moitié sont des femmes.

Mais en dépit de son potentiel d’exportation, la productivité du secteur reste faible, l’essentiel des cultures se faisant à ciel ouvert. Le secteur est dominé par les petites exploitations familiales qui pratiquent la culture saisonnière.

Le plan Maroc vert ambitionne d’accroître la valeur des exportations du secteur notamment en misant sur la production de fruits et légumes frais à forte valeur ajoutée. Mais le secteur des fruits et légumes marocains subit fortement la concurrence de l’Egypte qui bénéficie de prix de l’énergie plus faible et de plus fortes subventions.

Les cinq principaux produits exportés par le secteur sont : les tomates, les mandarines, les haricots, les oranges et les fraises. Ils sont exportés en Europe principalement vers la France, l’Espagne, le Royaume - Uni et les Pays-Bas. Mais la compétitivité du secteur s’est érodée. Par ailleurs, le Maroc importe, désormais, certains produits tels que les bananes et les pommes d’UE.

Comme l’ensemble du secteur agricole, la filière des fruits et légumes est exposé aux conséquences du changement climatique, avec notamment un déficit en eau croissant.

Les barrières à l’entrée du marché européen sont d’ordre sanitaire

Les accords entre le Maroc et l’UE entrés en vigueur en 2012 ont déjà éliminé la plupart des barrières tarifaires pour les fruits et les légumes (hormis pour les produits agricoles jugés politiquement sensibles). Donc, seules les barrières non tarifaires sont concernées par les Aleca.

Les principales barrières non tarifaires auxquelles se heurtent les exportations marocaines sont les exigences en matière de certification de la qualité (labels et tests). La satisfaction des normes phytosanitaires reste également une barrière majeure pour les exportations marocaines de fruits et légumes vers l’UE et un point central dans les négociations des Aleca. Mais les normes marocaines sont en cours d’harmonisation avec celles de l’UE.

Des conséquences sociales et environnementales à court terme

Les efforts d’alignement sur les normes européennes impulsés par les Aleca permettront d’accroitre à la fois la qualité et la valeur ajoutée de la production de fruits et légumes du Maroc, avec à la clef une augmentation de la production de 3,6%. Mais le niveau relativement faible des subventions accordées au secteur agricole marocain comparativement aux autres pays méditerranéens producteurs de fruits et légumes, placent le Maroc est situation de faiblesse sur le marché européen, si rien n’est fait pour contrebalancer ce déséquilibre. Ce faisant, la situation se caractérise par :

  • Des niveaux de subventions plus élevés dans les pays voisins concurrents ;
  • Un marché domestique des fruits et légumes relativement sous-développé par rapport au marché d’exportation ;
  • L’insuffisance d’investissement public et privé dans les PME du secteur ;
  • Le manque à gagner dans les zones rurales où les fruits et légumes à forte valeur sont gérés par des intermédiaires.

A long terme les effets des Aleca seront positifs, mais des effets négatifs de court et moyen termes sur le plan social – du fait de la hausse des prix qui devrait accompagner l’mélioration de la qualité –  et environnemental  - du fait d’une utilisation plus intensive des ressources en eau – doivent être pris en considération et des mesures palliatives devraient être envisagées, notamment par le développement d’un marché intérieur fort.

Pour consulter le rapport (disponible uniquement en anglais) : http://www.trade-sia.com/morocco/wp-content/uploads/sites/2/2013/10/Draft-Final-Report-Morocco.pdf

 

 

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Mélanie Xuereb
Le 15 octobre 2013 à 14h46

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