Canada: L'extradition du suspect de la rue Copernic en appel
La demande d'extradition par la France du Libano-Canadien Hassan Diab, principal suspect de l'attentat de la rue Copernic à Paris il y a plus de 30 ans, va être examinée en appel à partir de lundi à Toronto.
Hassan Diab, un ancien professeur de sociologie et qui aura 60 ans dans quelques jours, conteste son implication dans cet attentat et a fait appel de la décision du gouvernement canadien en avril 2012 de l'extrader vers la France. Interpellé au Canada le 13 novembre 2008 à la demande de la justice française, Hassan Diab est présenté comme celui qui a confectionné et déposé la bombe dans la sacoche d'une moto, qu'il aurait ensuite placée aux abords de la synagogue de la rue Copernic à Paris.
M. Diab se dit victime d'une homonymie et clame son innocence, soutenant qu'il était étudiant à Beyrouth au moment des faits. La moto avait été achetée quelques jours avant l'attentat du 3 octobre 1980 par un nommé Alexander Panadriyu, de nationalité chypriote, ce qui s'est révélé être une fausse identité par la suite. Selon la France, il s'agissait en fait d'Hassan Diab, la justice s'appuyant sur sa ressemblance avec les portraits robots dressés à l'époque, ainsi que sur des analyses graphologiques de la fiche d'hôtel remplie par le dénommé Panadriyu.
Pour Donald Bayne, avocat du Libano-Canadien, le ministre de la Justice a commis une erreur en signant l'ordre d'extradition de Hassan Diab notamment sur la base de l'analyse graphologique. Après son arrestation, le suspect a été remis en liberté en mars 2009, et placé sous un strict contrôle judiciaire. Selon l'avocat, le Canada ne peut pas extrader son client car la France n'a jamais formulé de chefs d'inculpation à son encontre. L'avocat estime que ce point est fragile et il reviendra à la cour d'appel de décider de le retenir ou non sachant que la France, légalement, ne peut signifier la mise en examen avant qu'un suspect soit préalablement en garde à vue.
Aveux sous la torture ?
Pour sa défense Hassan Diab va aussi contester son extradition en estimant qu'il ne serait pas en mesure légalement en France de contester des preuves transmises par les services secrets. Enfin, l'avocat estime que le ministre de la Justice aurait dû s'assurer que l'extradition ne repose pas sur une dénonciation sous forme d'aveux potentiellement arrachés sous la torture d'un ressortissant syrien, interrogé dans le cadre de cette enquête sur l'attentat de la rue Copernic.
Me Bayne affirme ainsi que certains éléments du dossier contre M. Diab ont été obtenus par les services secrets syriens ayant recours à la torture. Cet argument sera aussi porté par Amnesty International qui interviendra à l'audience de la cour d'appel en tant que « témoin désintéressé ». Sans prendre « position sur la culpabilité ou l'innocence de M. Diab » pas plus que de savoir « si son extradition doit être décidée », l'ONG fait valoir que « le droit fondamental de justice » applicable à M. Diab pourrait être bafoué en raison de « l'utilisation présumée par la France de témoignages » pouvant avoir été obtenus sous la torture.
Il y a quelques jours, à l'occasion de la commémoration du 33e anniversaire de l'attentat, qui avait fait quatre morts et une quarantaine de blessés, des représentants de familles de victimes avaient souhaité que le Canada donne une réponse favorable à la demande d'extradition. Réunis sous l'égide de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) dans l'enceinte même de la synagogue de la rue Copernic tout début octobre, ces représentants ont souhaité l'aboutissement de ce dossier avec le renvoi en cour d'assises du seul suspect sous le coup d'un mandat d'arrêt.
L'audience de la cour d'appel de l'Ontario est prévue sur deux jours mais la décision ne devrait pas être rendues avant plusieurs semaines.
(Avec AFP)
à lire aussi
Article : Sahara : Bruxelles se projette déjà sur l’investissement
La haute représentante de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a estimé, dans un entretien diffusé vendredi 17 avril 2026 sur Medi1TV, […]
Article : Agents de gardiennage : vers la fin des journées de 12 heures payées seulement 8
Le gouvernement, en concertation avec les partenaires sociaux, veut corriger une situation persistante en revoyant le cadre légal applicable aux amplitudes horaires dans la sécurité privée.
Article : Cinéma. Dans “Calle Málaga”, Maryam Touzani célèbre la vie et lève le tabou de la vieillesse
Né de la douleur, de la perte et du besoin de garder vivant le souvenir de sa mère, le nouveau film de Maryam Touzani se veut un hommage à la renaissance. Dans les rues de Tanger, la réalisatrice nous confie son souhait de transformer la vieillesse en un privilège et de faire de la fiction un espace de liberté pour filmer la persistance de l'être et l'amour de la vie.
Article : Race to the bunkers: Algiers rattled by the FAR’s technological rise
Satellite images circulating on social media point to unusual activity across the border. The Algerian army appears to be stepping up the construction of underground structures, underscoring its concern over the precision of Moroccan strike systems.
Article : Mondial 2030. Où en sont les chantiers des stades de Casablanca ?
Casablanca accélère la modernisation de ses infrastructures sportives à l’approche de la Coupe du monde 2030. Plusieurs stades emblématiques de la ville font l’objet de projets de réhabilitation ou de reconstruction, avec des investissements importants mobilisés. Round-up.
Article : Sahara : malgré ses efforts, Alger se heurte à une ligne américaine inchangée
En marge de l’Antalya Diplomacy Forum, en Turquie, le ministre des Affaires étrangères algérien et le haut conseiller du président américain pour le monde arabe et l'Afrique ont échangé autour de plusieurs "sujets d'actualité", dont le Sahara. Mais derrière les formules convenues du texte algérien, l'appui américain à l'intégrité territoriale du Maroc demeure clair et inchangé. Relevant depuis décembre 2020 de la logique de la continuité étatique, la position de Washington s'inscrit désormais dans la durée, indépendamment des alternances politiques internes ou des efforts diplomatiques engagés par Alger. Analyse.