Twitter démarre en trombe à la Bourse de New York
Twitter a démarré en trombe jeudi à la Bourse de New York, mais certains experts mettent en garde contre une possible poussée de fièvre sans mesure avec les performances réelles du site de microblogs.
L'action « TWTR » a clôturé sa première séance sur le New York Stock Exchange (NYSE) à 44,90 dollars, soit un bond de 72,69% comparé au prix d'introduction fixé la veille à 26 dollars et déjà supérieur aux attentes. Dans les minutes suivant le début de la cotation à 15H50 GMT, l'action s'est même envolée de plus de 90% pour toucher un sommet à 50,09 dollars, dépassant ainsi provisoirement le cours du plus grand réseau communautaire Facebook (-3,18% à 47,56 dollars en clôture).
Les principaux fondateurs et dirigeants de Twitter étaient venus assister à l'événement à la Bourse de New York, mais ce sont des utilisateurs du réseau comme l'acteur de « Star Trek » Patrick Stewart et une vendeuse de limonade de 9 ans qui ont sonné la « cloche » marquant le début des échanges. L'introduction en Bourse de Twitter était la plus attendue aux Etats-Unis depuis celle de Facebook en mai 2012, qui avait été émaillée de problèmes techniques. Les débuts de Twitter semblent pour leur part s'être déroulés sans problème majeur.
Au total, 70 millions d'actions ont été mises sur le marché jeudi, permettant de lever 1,82 milliard de dollars. Ce montant montera jusqu'à 2,1 milliards de dollars en cas d'exercice d'une option de surallocation portant sur 10,5 millions d'actions supplémentaires. C'est loin des 16 milliards de dollars levés par Facebook, qui détient le record de la plus grosse introduction en Bourse technologique aux Etats-Unis. Mais Twitter fait jeu à peu près égal avec le géant de l'internet Google, qui pointe jusqu'ici en deuxième position avec 1,92 milliard de dollars récoltés en août 2004, selon des données du cabinet de recherche Dealogic.
Intérêt démesuré?
« Les investisseurs auront toujours des lubies, mais cela ne nous dit rien sur l'avenir » de Twitter, avertit toutefois Larry Chiagouris, un professeur de marketing de la Pace University. « L'avenir sera déterminé par combien de dollars publicitaires Twitter arrivera à capturer », estime-t-il, « le reste n'est qu'un phénomène de court terme ». La présidente de l'autorité boursière américaine (SEC), Mary Jo White, s'était déjà inquiétée mercredi de l'intérêt peut-être démesuré pour des valeurs technologiques à la rentabilité incertaine, s'inquiétant « de l'impact sur les investisseurs » de certains paramètres dont la signification « peut ne pas être claire », comme un nombre important d'utilisateurs.
Certains analystes ont prévenu que le cours de Twitter risquait d'être très volatil dans les jours à venir, et les estimations sont d'ailleurs déjà très divergentes. La maison de courtage Topeka conseille d'acheter l'action, qu'elle voit monter jusqu'à 54 dollars. Le cabinet de recherche Pivotal estime le bon prix à seulement 30 dollars et conseille de vendre car avec une valorisation boursière proche de celle du nouveau géant publicitaire Publicis-Omnicom ou du groupe internet Yahoo, « Twitter est simplement trop cher ».
Twitter affichait jeudi soir une valorisation boursière d'environ 24,5 milliards de dollars. C'est beaucoup pour une entreprise qui a encore accusé une perte nette de 134 millions de dollars sur les neuf premiers mois de 2013 et un chiffre d'affaires de seulement 422 millions. Le directeur général du réseau, Dick Costolo, a souligné sur la chaîne de télévision CNBC que l'important était « l'activité à très, très long terme que nous essayons de construire ». Les recettes de l'entrée en Bourse doivent contribuer à financer le développement futur. Twitter, déjà très prisé pour la communication des stars et des hommes politiques, pourrait devenir incontournable sur internet, comme le sont déjà Google, Amazon et Facebook, estime aussi la banque RBC dans une note.
Beaucoup d'experts ont toutefois souligné ces derniers jours que la capacité de Twitter à améliorer sa rentabilité serait un facteur crucial, et jugé urgent de développer ses recettes à l'international, où le site a les trois quarts de ses utilisateurs mais où la publicité en ligne est souvent moins développée et moins rentable qu'aux Etats-Unis.
(Avec AFP)
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