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PLF2014: Le discours de Mohamed Boussaid dimanche au parlement

Le projet de la loi de finances pour l'année 2014 table sur un taux de croissance de 4,2pc en relevant deux défis essentiels relatifs à la préparation du terrain pour un décollage économique s'inscrivant dans le cadre d'un modèle renouvelé de croissance et le rééquilibrage des finances publiques, a indiqué, dimanche à Rabat, le ministre de l'Economie et des Finances, Mohamed Boussaïd.  

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Le 17 novembre 2013 à 16h41 | Modifié 17 novembre 2013 à 16h41

Dans sa réponse aux groupes de la majorité et de l'opposition devant la commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, dans le cadre de l'examen du PLF 2014, en présence notamment du Chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, et des membres de gouvernement, M. Bousaïd a précisé que ce projet ne s'articule pas sur une pure approche comptable, mais répond à une conception globale, qui encadre les politiques publiques pour les trois prochaines années afin d'apporter une réponse aux défis posés.

Cette approche est basée sur le réalisme dans le diagnostic de la situation économique et financière du Maroc, en repérant les lacunes entravant les équilibres financiers, dans l'optique d'un véritable décollage économique, s'inscrivant dans le cadre d'un modèle renouvelé et intégrant qui donne la priorité à l'emploi, à la réduction des inégalités sociales et sectorielles et se basant sur le lancement d'une dynamique de croissance grâce à l'investissement et la variation et le soutien de la compétitivité du tissu productif national, a-t-il expliqué.

Les aspects d'innovation dans le modèle de croissance, qui encadre les mesures du PLF 2014 et les politiques publiques durant les trois prochaines années, se manifestent à travers l'adoption d'une nouvelle approche d'orientation des investissements publiques, basée sur un rôle central de l'Etat en tant que partenaire et ce en créant les mécanismes adéquats pour réaliser les investissements participatif, où l'Etat joue le rôle du partenaire incitatif qui inspire la confiance et assure une ouverture sur l'avenir, a signalé le ministre.

Quelque 6 milliards de dirhams seront ajoutés, ainsi, dans le budget alloué à l'investissement public qui atteindra en 2014, 186 milliard de dirhams, conformément à une approche qui vise à tisser des partenariats avec les acteurs internationaux, a-t-il ajouté.

L'investissement public s'érigera ainsi en un levier pour attirer les financements extérieurs orientés pour parachever la politique des grands chantiers de développement tels que les autoroutes, les ports, le chemins de fer, les aéroports, les barrages, les complexes d'énergie solaire et éolienne, les projets de développement urbain et les services sociaux, outre le développement des stratégies sectorielles, notamment celles à haute valeur ajoutée, a-t-il détaillé.

Selon M. Bousaïd, cette conception a pour objectif d'encourager le partenariat entre les secteurs public et privé d'un côté, et l'augmentation de la rentabilité économique et sociale des investissements publics d'un autre côté, à travers l'amélioration de son impact sur la vie des citoyens et la création des emplois, outre l'allégement des pressions sur les équilibres des finances publiques et la balance des paiements.

Ce modèle, poursuit le ministre, a la qualité d'être renouvelé parce qu'il est basé sur une approche complémentaire qui fait de l'investissement privé, surtout étranger, une locomotive pour le développement du tissu productif national et l'augmentation de sa compétitivité, grâce notamment aux petites et moyennes entreprises, et parce qu'il adopte une approche pour inciter progressivement les réformes fondamentales, selon la logique du dialogue et de la participation qui intègre les différents acteurs et s'enrichit par l'ensemble des opinions.

Ce modèle ambitionne également d'élargir les possibilités d'intégration et de contribution à la création de richesse, de renforcer les mécanismes d'emploi et de lutte contre l'exclusion et la précarité, notamment dans le monde rural, grâce à une orientation harmonieuse et une vision intégrés des différentes composantes de l'économie sociale et solidaire, et grâce aussi au soutien de la très petite entreprise et à la mise en place du statut de l'auto-entrepreneur.

Concernant le rééquilibrage progressif des finances publiques, le ministre a estimé que cette démarche doit s'opérer à travers une dynamique globale de reprise économique et non par le biais d'opérations techniques basées sur l'austérité et le resserrement dans la politique financière, et ce pour protéger le pouvoir d'achat des citoyens et garantir un climat ouvert à l'investissement.

A cet égard, il a souligné que son département œuvrera pour la réduction progressive du déficit budgétaire en consolidant les ressources fiscales et en les renforçant par la poursuite de la diminution des exonérations fiscales, et par le recouvrement des impôts non encore recouvrés, tout en appuyant les capacités des services fiscaux et douaniers en matière de recouvrement et de contrôle. Le ministre a ajouté que son département va poursuivre la rationalisation des dépenses de gestion et optimiser le rendement des dépenses d'investissement tout en réduisant les crédits reportés par la même limiter leur impact sur les équilibres financiers, dans l'optique de ramener le déficit budgétaire à 4,9pc en 2014, grâce à des mesures visant à optimiser les dépenses publiques, exploiter les marges existantes au niveaux des ressources et placer les équilibres sociaux au cœur du PLF 2014 qui leur a consacré 53 pc.

Le ministre qui a rappelé le coût économique et financier de tout retard de la mise en oeuvre des réformes, a indiqué que le gouvernement est déterminé à poursuivre les réformes structurelles, dont notamment les dispositions relatives à la réforme du système judiciaire étant donné qu'une justice indépendante est un levier essentiel pour encourager l'investissement, de même que les recommandations issues des Assises nationale sur la fiscalité qui vise à réformer l'impôt sur la valeur ajoutée(TVA) en vue d'assurer la neutralité fiscale pour l'entreprise, et réduire progressivement l'exonération fiscale accordée aux grands agriculteurs.

Evoquant la réforme du système de compensation, M. Boussaïd a affirmé que le gouvernement, bien qu'il a veillé à mettre en place le système d'indexation, est tenu d'élaborer un nouveau système de protection conformément à une équation qui assure, en même temps, les mécanismes d'aide sociale aux pauvres, et les mécanismes de protection aux classe moyennes, tout en garantisant la compétitivité de l'économie nationale.

Concernant l'instauration de la régionalisation avancée et le renforcement de la décentralisation et de la déconcentration, le gouvernement tâchera à assurer la plateforme adéquate pour la mise en application du modèle de développement régional, à travers l'élaboration du projet de loi régissant la région et la charte de la déconcentration administrative comme point de départ pour réformer et de réorganiser les structures de l'administration et pour garantir plus de coordination, d'efficience et de proximité dans l'exécution des politiques publiques.

M. Boussaïd a d'autre part affirmé que le Maroc ne connait pas une crise de croissance, malgré la nécessité d'un taux de croissance plus élevé pour répondre aux exigences sociales et du marché de l'emploi, mais fait face à des difficultés liées aux déséquilibres des finances publiques, imposées par les mesures prises pour affronter la crise, les pressions sociales et le retard de la mise en application des grandes réformes.

 

(par la MAP)

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