Notation Maroc: le spectre de la dégradation n’est pas écarté
L’agence de notation américaine Standard and Poor’s (S&P’s) a publié vendredi 15 novembre la nouvelle notation du Maroc. Comme le laissait espérer la revue relativement satisfaisante du programme du FMI, le Maroc a conservé sa note de BBB-/A-3.
Mais il a également conservé des perspectives négatives, qui sont le signe que le spectre d’une dégradation n’est pas écarté pour la prochaine revue qui aura lieu en 2014.
Standard & Poor’s maintient sa note pour cette fois…
Bien que la situation du pays ne soit pas très florissante, S&P’s pense cependant que le pire est derrière lui. Les politiques engagées récemment ainsi que l’amélioration progressive de l’environnement international, en particulier en Europe, devrait permettre des améliorations significatives et durables pour la période 2013-2016.
Parmi les arguments qui militent en faveur du pays, on peut citer :
- Ses perspectives de croissance relativement bonnes : la croissance du PIB par tête devrait reprendre sur la période 2013-2016, après une chute drastique en 2012 ;
- La charge modérée de la dette, la dette du Trésor étant de 45,4% du PIB en 2012 ;
- Sa stabilité politique et sociale : malgré les atermoiements récents pour la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale, le système politique marocain a fait preuve de résilience. Le taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes diplômés, et les récentes réformes concernant l’indexation des prix constituent toute fois un risque d’instabilité sociale.
En revanche, les performances du pays sont minées par :
- Sa faible prospérité ;
- Les tensions sociales persistantes ;
- La position extérieure nette débitrice du pays ;
- L’étendue des déficits budgétaire et courant ces dernières années qui semblent autant structurels que cyclique.
…mais la menace d’une dégradation prochaine n’est pas écartée
Cependant, S&P’s maintient également les perspectives négatives car l’agence de notation estime qu’un risque de dégradation future persiste, avec une probabilité d’un tiers, si le pays ne parvient pas à réduire significativement et durablement ses déficits budgétaire et courant.
Cette dégradation pourrait avoir lieu dès 2014, si un ralentissement dans le rythme de consolidation des déficits venait à générer une accumulation plus rapide de la dette publique extérieure. L’agence reste donc particulière attentive à tout nouveau dépassement de budget pour les subventions, les salaires de la fonction publique et les investissements.
Une baisse des entrées d’investissements directs étrangers pourrait également conduire à une dégradation de la note pays dans la mesure où elle aurait un impact non seulement sur la capacité du pays à faire face au service de sa dette extérieure, par l’entrée de devise que ces investissements génèrent, mais également sur la capacité de l’économie à créer de nouveaux emplois et donc à terme sur la stabilité sociale.
En revanche, l’agence pourrait stabiliser la notation du pays si le gouvernement s’engageait véritablement dans un programme de réformes visant à réduire significativement les déficits jumeaux (budgétaire et courant), de façon à ce que les ratios d’endettement public et extérieur du pays repartent à la baisse, tout en maintenant la paix sociale et la stabilité politique.
Les réformes récentes engagées par le gouvernement notamment en matière d’indexation, si elles ont rassuré, n’ont donc pas suffi à convaincre l’agence de notation qui demande de vraies réformes inscrites dans la durée et non des solutions de replâtrage.
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