Abdallah Laroui, 4è partie: “La culture marocaine ne peut pas devenir une culture folklorique”
Le quotidien Al-Ahdath Al-Maghribia poursuit ce samedi 23 novembre, la publication de l'entretien avec le penseur Abdallah Laroui au sujet de la problématique de l'enseignement en darija et annonce une 5ème partie pour lundi.
Voici les extraits qui nous paraissent essentiels de l'entretien de ce samedi:
-L'oral [darija] et l'écrit [arabe] ont chacun son territoire, il ne faut pas les mélanger. Il faut utiliser la darija dans tout ce qui est oral, tout ce qui relève de la communication, y compris les premières années de la scolarité, la chanson populaire, la comédie, la production télévisuelle, les dialogues au cinéma. Par contre, la darija ne peut s'élever au niveau de la production littéraire ou scientifique.
-Mais je refuse de consigner la culture marocaine au domaine de l'oral et du folklore.
-La culture marocaine ne peut pas devenir une culture folklorique. Ce serait rabaisser le Maroc et les Marocains. Se réclamer du Maroc et de sa culture orale est une chose, se réclamer du patrimoine culturel arabe, c'est autre chose. Plus que cela, il s'agit de la culture de Jahedh, Ibn Khaldoun et les Mille et une nuits.
-Des défenseurs de la darija et de l'amazigh disent que l'objectif n'est pas purement culturel mais qu'il est aussi social et politique, puisqu'il s'agit de réduire les inégalités sociales, l'analphabétisme, lutter contre les chaînes satellitaires obscurantistes etc. Tout cela est noble. Mais peut être atteint par une généralisation de de la fus'ha, l'arabe littéraire, ce qui conduira à l'émergence d'un arabe purement marocain, comme en Inde on a vu un anglais purement indien.
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