Gaza transformée en décharge à ciel ouvert par la crise énergétique
Un enfant de dix ans mène sa charrette tirée par un âne entre les ordures qui s'amoncellent dans les rues de Gaza. Le territoire palestinien en est revenu à la traction animale pour suppléer les véhicules des éboueurs immobilisés par la pénurie de carburant.
Le garçon, Alaa, pieds nus, aide son père, Mahmoud Abou Jabal, 55 ans, à collecter les détritus dans ce quartier huppé de Gaza, où son attelage était jusqu'alors indésirable. « Au début, nous ramassions les ordures autour de l'hôpital Al-Chifa, mais à présent nous le faisons aussi devant les maisons et les magasins », explique le père. « Sans cette pénurie de carburant, nous n'aurions pas cette opportunité, ils nous payent 700 shekels (140 euros) par mois ce n'est pas assez pour répondre à nos besoins, mais c'est mieux que rien », raconte Mahmoud Abou Jabal, « je dois nourrir mes 12 enfants et l'âne ». Le bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) a mis en garde mercredi contre les conséquences du tarissement du trafic de carburant égyptien par les tunnels de contrebande sous la frontière avec la bande de Gaza, d'environ un million de litres par jour en juin, à entre 10.000 et 20.000 litres par semaine.
Cette pénurie, due à la démolition de centaines de tunnels par l'armée égyptienne, à la suite de la destitution du président islamiste Mohamed Morsi le 3 juillet, a entraîné l'arrêt le 1er novembre de l'unique centrale électrique de Gaza, où les coupures de courant atteignent désormais 16 heures par jour. « Le secteur le plus touché est celui de l'eau et de l'hygiène », précise l'Ocha, soulignant que, faute d'électricité, l'une des principales stations de traitement des eaux de Gaza a cessé de fonctionner le 13 novembre, et plus de 35.000 m3 d'eaux d'égout ont débordé dans les rues d'un quartier de la ville.
« Nuées de mouches »
Le ministre des Municipalités du gouvernement du Hamas, au pouvoir à Gaza, a annoncé dimanche l'arrêt, faute de carburant, du ramassage des ordures par les véhicules des éboueurs, qui collectaient 1.700 tonnes par jour. Les autorités ont retenu une partie des salaires de leurs fonctionnaires pour « employer 430 véhicules à traction animale », a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse devant une décharge publique à proximité d'un stade du centre ville, remarquant les risques sanitaires de la situation.
Le directeur général de la santé et de l'environnement de la municipalité de Gaza, Abderrahim Abou al-Qoumbaz, s'alarme du fait que « des centaines de milliers de tonnes de déchets s'entassent maintenant dans les rues de Gaza, attirant des nuées de mouches comme on n'en a jamais vu ». Une institutrice, Rim Abou Safia, doit empêcher ses élèves de s'approcher des déchets qui s'entassent près de son école « par crainte des maladies ». L'ONU prévient que d'autres stations de pompage des eaux usées dans le nord et le centre du territoire palestinien risquent de s'arrêter à leur tour, aggravant la situation.
En outre, le blocus israélien, qui affecte l'approvisionnement en pièces de rechange de matériaux de construction, menace la capacité des municipalités à entretenir les générateurs, de plus en plus sollicités depuis l'arrêt de la centrale, explique-t-elle. Après la capture en juin 2006 d'un de ses soldats - libéré en 2011 - Israël a imposé un blocus à Gaza, renforcé en juin 2007 lors de la prise de contrôle de l'enclave par le Hamas. « Nous supportons la pression du travail, aussi forte soit-elle, pour pouvoir vivre », soupire Mohammad Taramsa, 21 ans du camp de réfugiés de Chati, qui nourrit son âne avec les légumes trouvés dans les ordures, pendant que le contenu de sa charrette est vidé dans un grand container à côté d'une école.
(Avec AFP)
à lire aussi
Article : Ligue des champions de la CAF : l’AS FAR élimine la RS Berkane et rejoint Mamelodi Sundowns en finale
Battu 1-0 à l’extérieur, le club rbati a validé son billet grâce à son succès 2-0 à l’aller, retrouvant l’ultime rendez-vous continental pour la première fois depuis 1985, où il avait été sacré.
Article : Éducation : le Maroc renforce sa coopération avec l’université chinoise Beihang
Le ministère marocain de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a signé vendredi 17 avril à Rabat une convention de partenariat avec l’université chinoise Beihang University, visant à renforcer la coopération bilatérale en matière d’enseignement, de recherche scientifique et d’innovation technologique.
Article : Sahara : Bruxelles se projette déjà sur l’investissement
Sur Medi1TV, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères a présenté l’issue "politique" du différend autour des provinces du Sud comme un facteur d’accélération d’une dynamique européenne déjà amorcée sur le terrain.
Article : Agents de gardiennage : vers la fin des journées de 12 heures payées seulement 8
Le gouvernement, en concertation avec les partenaires sociaux, veut corriger une situation persistante en revoyant le cadre légal applicable aux amplitudes horaires dans la sécurité privée.
Article : Cinéma. Dans “Calle Málaga”, Maryam Touzani célèbre la vie et lève le tabou de la vieillesse
Né de la douleur, de la perte et du besoin de garder vivant le souvenir de sa mère, le nouveau film de Maryam Touzani se veut un hommage à la renaissance. Dans les rues de Tanger, la réalisatrice nous confie son souhait de transformer la vieillesse en un privilège et de faire de la fiction un espace de liberté pour filmer la persistance de l'être et l'amour de la vie.
Article : Race to the bunkers: Algiers rattled by the FAR’s technological rise
Satellite images circulating on social media point to unusual activity across the border. The Algerian army appears to be stepping up the construction of underground structures, underscoring its concern over the precision of Moroccan strike systems.