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Tunisie: Grogne et déception pour le 3e anniversaire de la révolution

La Tunisie marque mardi le troisième anniversaire de l'immolation d'un marchand ambulant à l'origine de la révolution et du Printemps arabe, mais dans un pays qui reste miné par les tensions sociales et politiques, cette journée sera aussi l'occasion de manifester.  

Tunisie: Grogne et déception pour le 3e anniversaire de la révolution
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Le 17 décembre 2013 à 12h00 | Modifié 17 décembre 2013 à 12h00

A Sidi-Bouzid, berceau de la révolte déclenchée par l'immolation le 17 décembre 2010 du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi excédé par la misère et les brimades policières, une manifestation devait débuter en fin de matinée pour dénoncer la marginalisation économique de cette région du centre-ouest du pays. Dans ce contexte, et alors que nombre d'actions de protestations ont dégénéré en violences ces dernières années, le chef de l'Etat, Moncef Marzouki, le Premier ministre Ali Larayedh et le président de l'Assemblée nationale constituante Mustapha Ben Jaafar ont préféré ne pas faire le déplacement pour assister aux cérémonies officielles. « Par mesure de sécurité, l'inauguration (du festival) en présence des trois présidents a été annulée », a indiqué à l'AFP Mohamed Jalléli, organisateur des célébrations officielles du « Festival international de la révolution du 17 décembre ». Il n'a pas précisé la nature des menaces, mais un dispositif sécuritaire important a été déployé au centre de Sidi Bouzid. Il y a un an les dirigeants tunisiens y avaient été visés par des jets de pierres.

Des manifestants ont commencé à se rassembler dès le début de la matinée face au siège du gouverneur régional où Bouazizi s'était immolé, un geste qui avait entraîné la chute le 14 janvier 2011 du régime tunisien de Zine El Abidine Ben Ali puis une vague de révoltes dans le monde arabe. La pauvreté reste le principal motif de mécontentement dans la région. Le taux de chômage y reste le plus élevé du pays, touchant 24,4% de la population active et 57,1% des diplômés. « Aucun des différents gouvernements des trois dernières années n'a réussi à améliorer les conditions économiques des hommes et des femmes de ce gouvernorat. Son destin de martyr continue de poursuivre le pays », relève le quotidien la Presse dans un article titré « Sidi Bouzid, le volcan ».

A Tunis, les autorités n'ont pas annoncé non plus de cérémonies en grande pompe, alors que des appels à manifester face au siège du gouvernement, ont été relayés sur l'internet. Le mouvement jihadiste interdit, Ansar Asharia, accusé d'attaques contre les forces tunisiennes et des assassinats de deux opposants cette année, a ainsi appelé à manifester. « La lutte est obligatoire (...) nous soutenons la sortie du peuple à la Kasbah » (le Vieux Tunis), a dit ce groupe qualifié de terroriste par les autorités.

Le ministère de l'Intérieur a interdit « la participation (aux manifestations) de toute organisation non reconnue ». Depuis juillet et l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi, la police a procédé à de multiples arrestations pour affaiblir ce groupe, qui s'est fait très discret. Longtemps, les islamistes du parti Ennahda, arrivés au pouvoir avec les élections d'octobre 2011, ont cherché à transiger avec les militants jihadistes, si bien que l'opposition les accuse de laxisme voire de complaisance. L'anniversaire de la révolte intervient aussi dans un contexte politique complexe. Samedi, après deux mois de tractations et malgré le refus d'une partie de l'opposition, le ministre de l'Industrie Mehdi Jomaâ, un indépendant, a été désigné pour succéder à la tête du gouvernement à Ali Larayedh.

De nouveaux pourparlers mercredi doivent déterminer le calendrier de la passation devant acter le départ volontaire du pouvoir d'Ennahda afin que le nouveau Premier ministre conduise la Tunisie vers des élections en 2014 et sorte le pays de sa profonde crise politique. La nouvelle Constitution, en cours d'élaboration, la commission et la loi électorales doivent cependant encore être adoptées. Si la Tunisie est confrontée à une crise politique, l'essor de groupes jihadistes et de profonds problèmes économiques et sociaux, elle n'a pas sombré dans la violence ou la répression comme les autres pays du printemps arabe. « La Tunisie est à ce jour la plus avancée des expériences initiées lors de cet épisode "printanier". Rien ne permet d’affirmer qu’elle s’enfonce réellement dans l’instabilité », juge même François Burgat, de l’Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman.

(Avec AFP) 

 

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Le 17 décembre 2013 à 12h00

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