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Egypte: Le réseau caritatif islamiste encombrant avant le référendum

Le gel des fonds du réseau caritatif lié aux Frères musulmans, la confrérie du président destitué Mohamed Morsi, risque d'alimenter le mécontentement de la population égyptienne la plus démunie avant le référendum sur la Constitution, considéré comme un test pour les nouvelles autorités.    

Egypte: Le réseau caritatif islamiste encombrant avant le référendum
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Le 13 janvier 2014 à 14h31 | Modifié 13 janvier 2014 à 14h31

Les autorités dirigées de facto par l'armée ont saisi les avoirs et gelé les comptes bancaires de centaines d'associations caritatives islamiques et mis sous tutelle les hôpitaux et les écoles qu'elles géraient, dans le cadre de la répression engagée contre la confrérie de M. Morsi, considérée désormais comme une « organisation terroriste », depuis la révolte de 2011 ayant renversé Hosni Moubarak. Conséquence: les autorités pourraient voir leur décision de couper les vivres au réseau caritatif se retourner contre elles lors du référendum sur la nouvelle Constitution prévu mardi et mercredi. Ce scrutin est la première étape d'une « transition démocratique » promise par l'armée lorsqu'elle a destitué M. Morsi.

Ces associations, qui affirment venir en aide à des millions d'Egyptiens, ont contribué à faire le succès de la confrérie qui a remporté tous les scrutins organisés le 3 juillet. « Les services fournis par ces associations apportent une véritable aide aux gens et la décision du gouvernement pourrait lui valoir un retour de bâton », alors que les islamistes pro-Morsi appellent à boycotter le référendum, explique Mustafa Kamel Al-Sayyed, professeur de sciences politiques à l'Université du Caire. La confrérie « peut se servir de ces réseaux caritatifs pour mobiliser les gens en faveur d'un boycott du référendum ou des élections, compte tenu de son influence », estime-t-il. Mohamed El Dmerdach, ex-conseiller au sein du ministère de la Solidarité, met lui aussi en garde: « Les Frères musulmans vont tirer profit de la situation des familles démunies qui n'auront plus d'aide. Elles participeront aux manifestations des Frères ».

Directeur de l'un des 30 hôpitaux de l'Association médicale islamique, Ayman Moustafa, dit redouter devoir bientôt fermer son établissement, qui traite chaque jour quelque 800 patients au Caire. « Les problèmes vont commencer à la fin du mois, quand nous allons devoir payer les salaires: les gens vont perdre leurs emplois et des milliers de patients n'auront nulle part où aller », souligne-t-il.

Mahmoud Sami, papa d'un prématuré, souligne que dans cet établissement géré par les Frères musulmans son bébé bénéficie « de soins de qualité, pour un prix abordable ». Il paye 200 livres égyptiennes (22 euros) par jour d'hospitalisation, un prix « très raisonnable », selon lui, par rapport aux 500 livres exigés dans une clinique privée. L'hôpital public serait certes moins cher mais beaucoup moins bien équipé, explique-t-il.

« Entre le marteau et l'enclume »

« Ces organisations (caritatives) ont créé une bonne image, une empathie » pour les Frères musulmans, souligne James Dorsey, spécialiste du Moyen-Orient à l'école S. Rajaratnam d'études internationales basée à Singapour. Certes les Frères musulmans peuvent se servir de ce réseau caritatif sur le plan politique « mais cela ne retire rien au fait que ces associations fournissent des services dont les gens bénéficient », ajoute-t-il, en soulignant que la confrérie « exploite légitimement les échecs de l'Etat ».

La plus importante association caritative islamiste, Gamaaya Charaaya qui dit aider plus de neuf millions d'Egyptiens dans ses 1.100 hôpitaux, cliniques et mosquées, dénonce une répression visant « tout ce qui s'apparente à quelque chose d'islamique ». Les autorités pensent que « nous sommes partisans des Frères musulmans », déplore Mostafa Ismaïl, secrétaire général de l'association vieille de 100 ans. « Mais ce n'est pas vrai, nous n'avons aucune affiliation politique, nous ne faisons qu'aider les pauvres et les nécessiteux ».

Le ministre de la Solidarité sociale Ahmad el-Boraie a annoncé le mois dernier que ces associations seraient autorisées à « payer les salaires de leurs employés » et ne devraient « pas arrêter d'aider les familles démunies ». Selon Ossama Diab, chercheur au sein de l'influente ONG Initiative égyptienne pour les droits de la personne, les autorités se retrouvent dans une position difficile.

Elles « voulaient frapper ces réseaux avant le référendum (...) et les élections car les Frères pourraient les utiliser pour revenir » sur le devant de la scène. « Mais aujourd'hui, le gouvernement est pris entre le marteau et l'enclume. Il ne peut pas laisser les réseaux en place (...) mais il ne peut pas non plus s'en passer » car ils « viennent en aide à des millions d'Egyptiens ».

(Avec AFP) 

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Le 13 janvier 2014 à 14h31

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