De la difficulté de la lutte contre l'hémophilie au Maroc
L’hémophilie est une maladie héréditaire rare qui touche environ 3.000 personnes au Maroc. Par le passé, la durée de vie du patient hémophile ne dépassait généralement pas 30 ans. Aujourd’hui, et grâce aux avancées de la médecine moderne, il peut espérer vivre jusqu’à 60 ou 70 ans.
Le traitement de l'hémophilie coûte cher, et contrairement aux pratiques chez les voisins tunisien ou algérien, la prise en charge de la maladie n’est pas automatiquement assurée au Maroc.
La maladie se caractérise par un trouble de la coagulation sanguine, dû à une déficience en facteurs 8 et 9, ainsi que l’apparition de plusieurs anomalies articulaires.
Il existe deux modes de traitement. Le premier consiste à extraire les dérivés plasmatiques nécessaires chez les sujets sains. Ce traitement reste coûteux, et n’est pas accessible à toutes les bourses. En revanche, le deuxième mode repose sur le génie génétique, en produisant industriellement les facteurs nécessaires à la coagulation.
Pourtant, dans un cas comme dans l’autre, des phénomènes de rejets peuvent survenir. Les hémophiles avec inhibiteurs sont soumis à un traitement lourd, avec des doses supérieures afin de combattre la résistance.
Le niveau de recensement de la population hémophile n’est pas le même dans les trois pays. On recense à l’échelle mondiale, une proportion de 1 cas pour 10.000 individus. En Tunisie, la moitié de la population hémophile est recensée, autant en Algérie. Au Maroc, seuls 30 à 40% de la population atteinte est diagnostiquée (environ 1.100 cas sur 3.000).
Invité à une récente table-ronde, le Dr. Mohamed Khorassani s’est montré confiant «nous revenons de loin. Il y a 5 ou 6 ans, les cas des personnes atteintes étaient désespérés. Actuellement, l’hémophilie est inscrite dans le plan national. » Armé d’un optimisme à toute épreuve, le spécialiste ajoute que «pour lutter efficacement contre la maladie, le Maroc devrait se conformer aux recommandations mondiales en vigueur, et allouer une enveloppe de 200 millions de DH. Ce montant constitue le coût théorique. Il se base sur le référentiel international en la matière. » Pourtant, le docteur estime qu’il faut s’atteler à gérer au mieux les ressources dont Maroc dispose. «Cette année, nous disposons du dixième du budget. C’est pourquoi nous faisons en sorte de rationaliser les doses, afin d’optimiser le rendement. »
Pour l’heure, le programme national passe par l’élargissement du nombre de centres de soins de l’hémophilie. 5 centres de traitements sont recensés au niveau des CHU, et 11 structures réparties au niveau régional autour des associations d’hémophiles. Il est attendu la création de 2 nouveaux centres annexés aux deux CHU, l’un dans la ville de Tanger et l’autre basé à Agadir.
À découvrir
à lire aussi
Article : Sahara : malgré ses efforts, Alger se heurte à une ligne américaine inchangée
En marge de l’Antalya Diplomacy Forum, en Turquie, le ministre des Affaires étrangères algérien et le haut conseiller du président américain pour le monde arabe et l'Afrique ont échangé autour de plusieurs "sujets d'actualité", dont le Sahara. Mais derrière les formules convenues du texte algérien, l'appui américain à l'intégrité territoriale du Maroc demeure clair et inchangé. Relevant depuis décembre 2020 de la logique de la continuité étatique, la position de Washington s'inscrit désormais dans la durée, indépendamment des alternances politiques internes ou des efforts diplomatiques engagés par Alger. Analyse.
Article : OCS-USMA (Coupe de la CAF) : quelle heure, quelles chaînes
L’Olympique de Safi aborde un tournant majeur de son histoire en accueillant l’USM Alger, le dimanche 19 avril 2026, en match retour des demi-finales de la Coupe de la Confédération africaine de football (CAF).
Article : Prévisions météorologiques pour le dimanche 19 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le dimanche 19 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM) : - Temps assez chaud à […]
Article : Formation continue. La loi 60-17 bientôt révisée, la S.A.bientôt créée
EXCLUSIF. Une page est sur le point de se tourner dans la gestion de la formation continue au Maroc. Le dispositif actuel, structuré autour de l’OFPPT depuis 2018, devrait céder la place à une nouvelle architecture portée par une société anonyme, dans un contexte de remise en cause croissante de la gouvernance et des performances du système.
Article : Finale CAN 2025 : trois premiers supporters sénégalais et le Franco-Algérien poursuivi dans le dossier libérés
Condamnés à trois mois de prison, les premiers détenus sortent de la prison El Arjat 2 à Rabat, cinq jours après la confirmation des peines en appel.
Article : Boudchart à Casablanca : une nouvelle étape dans une trajectoire artistique maîtrisée
Casablanca accueille Amine Boudchar les 16, 17, 18 et 19 avril pour une série de concerts qui marquent un tournant dans sa démarche créative.