A Casablanca, 24 km de littoral seront dépollués en décembre
De Casa Port à Mohammedia, la côte sera dépolluée grâce à la nouvelle station de prétraitement de Sidi Bernoussi. La Lydec compte mettre en service l’équipement en décembre, d’un coût de 1,4 milliard de DH.
La station de prétraitement de Sidi Bernoussi est l’un des plus grands chantiers de Casablanca et le plus grand investissement jamais réalisé par la Lydec, délégataire en charge de l’éclairement, de l’assainissement et de la distribution de l’eau et de l’électricité à Casablanca.
Sur les 2,8 ha de superficie de la station, 140 salariés de la Lydec sont mobilisés en permanence, 4 grues mobiles et une grue fixe sont mises en place, 26 entreprises dont 17 marocaines sont présentes sur le chantier.
Les travaux du système antipollution sont avancés à hauteur de 76%, annonce la Lydec, qui assure que le chronogramme sera respecté et que le projet sera donc opérationnel en décembre 2014.
Une station, un émissaire et des stations de pompage…
La station possède une capacité maximale de 11 m3/s. Lors de son fonctionnement en plein régime, elle traitera un volume total de déchets d’environ 34 tonnes/jour, soit 3 camions/jour.
Concrètement, sa mise en service permettra d’intercepter les rejets directs existants d’eaux usées situés entre le port de Casablanca et la ville de Mohammedia, de les prétraiter et de les écouler au large à travers un émissaire marin d’une longueur de 2,2 km, à une profondeur de 20 m par rapport au niveau de la mer.
Pour réaliser cet objectif, la station est équipée de fosses à bâtards, d’un pré-dégrillage des effluents, d’un dégrillage grossier, d’un dégrillage fin, de 3 dessableurs et d’un système de déshuilage.
Outre la station et l’émissaire marin, le projet qui s’étale sur 24 km se compose de deux intercepteurs côtiers de diamètres variant entre 900 mm et 2.500 mm (respectivement à Mohammedia et Casa Port) et de plusieurs stations de pompage dont une à Zenata.
Pour ce qui est du débit de traitement, l’émissaire de Sidi Bernoussi permettra de traiter 55% du débit global dépollué. Les 45% restant sont traités déjà sur l’émissaire existant à El Hank.
L’ensemble du littoral de Dar Bouazza à Mohammedia sera-t-il complètement assaini et dépollué avec des eaux de baignade conformes aux normes de salubrité ? Oui, assure Youssef Ettazi, chef de projet antipollution Casa Est. « On peut comparer avec la plage de Aïn Diab. Grâce à la station de prétraitement El Hank et son émissaire marin, la côte Ouest est très propre. Surtout que le projet Est est plus important en termes de capacités, » explique-t-il à Médias 24, rappelant que la zone Est regroupe 55% de la population du Grand Casablanca.
S'il est vrai que ce système permettra d'avoir des eaux de baignade plus propres, il ne s’agira nullement d’une station d’épuration (plus efficace mais plus coûteuse), mais d’une station de prétraitement qui consiste en trois étapes principales : le dégrillage (qui élimine les déchets volumineux), le dessablage (qui permet d’extraire les sables), le déshuilage (qui débarrasse l’eau de ses corps gras).
Rattraper le retard d’investissement
En investissant 1 milliard de DH (le reste est assuré par le Fonds de travaux), la Lydec compte bien rattraper les retards d’investissement par rapport au contrat initial signé en 1997 pour une période de 30 ans. Ces retards, observés malgré les marges solides de la Lydec, ont d’ailleurs été soulevés par le dernier rapport de la Cour des Comptes de Casa.
«L’actualisation du programme d’investissement, qui prend en compte l’extension du périmètre de Casa et la croissance démographique, donne lieu à un besoin d’investissement de 20 à 24 milliards de DH d’ici 2027, » déclare à Médias 24 Hamid Misbahi, directeur des grands projets à Lydec.
Autre argument avancé par M. Misbahi pour expliquer les retards d’investissement : La révision tarifaire qui n’a pas eu lieu à temps. Surtout, la Lydec affirme qu’elle n’arrive pas à trouver le foncier, ce qui fait que certains projets sont repoussés.
Pas de répercutions sur les factures
Le coût de fonctionnement lié à l’exploitation du système antipollution n’a pas été communiqué. Pourtant, l’envergure du projet laisse à penser qu’il sera important. Se répercutera-t-il sur les factures ?
Non, assure M. Misbahi. « C’est pour éviter cela que nous avons opté pour ce système au lieu d’une station d’épuration totale, comme convenu dans le contrat initial et qui aurait coûté entre 4 et 5 milliards de DH. Le système antipollution est donc moins cher et n’aura pas de répercussions sur la redevance d’assainissement, » affirme-t-il.
Faire de Zenata une éco-cité
D’un point de vue plus global, le système antipollution s’inscrit dans le vaste projet « éco-cité Zenata », considéré comme la future première éco-cité du pays. La future ville de Zenata, dont le maître d’ouvrage est la CDG à travers sa filiale Société d’aménagement Zenata (SAZ), devrait créer à terme 100.000 emplois et accueillir 300.000 habitants.
En plus du système antipollution, plusieurs chantiers ont été lancés pour réaliser ce projet. Il s’agit de l’élargissement de la route côtière entre Mohammedia et Sidi Bernoussi, le lancement de la zone logistique de Zenata ou la mise en place d’un échangeur pour desservir la voie ANP.
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