Essaouira. Rencontre avec Marcus Miller
Virtuose de la basse, compositeur surdoué et producteur inspiré, l’immense Marcus Miller s’est confié, en toute simplicité, à la presse ce samedi après-midi, quelques heures seulement avant de monter sur la scène Moulay El Hassan.
Si les grands hommes se distinguent par leur humilité, Marcus Miller est indéniablement un géant. Sous son éternel galurin noir, le jazzman, souriant et détendu, a d’emblée manifesté sa joie de revenir pour la seconde fois au Maroc afin de collaborer avec les grands maâlems de la musique gnaoua: «Une incroyable opportunité pour moi et mes jeunes musiciens» souligne celui dont la réputation n’est plus à faire.
«Vous savez, les Gnaoui jouent du guembri [un instrument de musique à cordes pincées des Gnaoua, NDLR]. C’est un peu le plus proche parent de mon instrument», s’amuse-t-il, avant de préciser qu’il s’agit pour lui d’un retour à ses racines musicales. Les similitudes entre la guitare basse et le guembri le captivent. «Au départ, je croyais avoir inventé le Slap [technique instrumentale qui consiste à la fois à frapper, tirer et faire claquer les cordes, NDLR]. Mais quand j’ai vu les joueurs de guembri, je suis tombé des nues. Ces musiciens utilisent la même technique, et depuis bien plus longtemps…»
Pourtant, bien plus que les notes et la musicalité, c’est un sentiment profond qui le lie à cet univers artistique. «La musique Gnaoua te permet de te sentir connecté», d’appartenir à une histoire plus ancienne et plus forte que les origines afro-américaines, dont il est fier et qu’ils revendiquent.
Le jazz est par essence de la fusion
Ce samedi à Essaouira, il renouvellera cette connexion en interprétant les titres de son dernier opus, Renaissance, chef-d’œuvre du genre, classé en tête des albums de jazz au Billboard en 2012 et 2013. Il partagera la scène plus tard avec le grand Maâlem Mustapha Baqbou, lequel a collaboré avec l’indétrônable Pat Metheny ou encore le génial Carlos Santana, près de 20 ans auparavant.
Malgré son incroyable parcours, MM conserve l’enthousiasme et la passion des premiers jours, couronnés d’une modestie déconcertante mais ô combien appréciable. Il déclare très naturellement avoir découvert Baqbou «sur Youtube. Et je me suis dit que c’était un très bon musicien. Cela s’est confirmé ! La répétition était tellement palpitante, on aurait dit un concert».
Pour Marcus Miller, la fusion signifie bien plus que quelques heures sur scène. Et pour cause, cette approche musicale est le fruit d’une histoire, intimement liée à la création du jazz et du blues. Or, depuis les années 1980, « le terme fusion a été employé à tort et à travers, et présenté comme une nouveauté. Ce qui est faux! Le jazz est par essence de la fusion et l’a toujours été. Dès qu’on met une étiquette sur un style musical, des murs se dressent. Il devient difficile de sortir de ces carcans ». Ce soir ils prouveront ensemble que leur musique ne connaît ni limites ni frontières.
à lire aussi
Article : Le Roi Mohammed VI s'est réuni à Rabat avec Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane
Le Roi Mohammed VI et Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane se sont rencontrés à Rabat dans le cadre de la visite privée que le Président de l’État des Émirats arabes unis effectue au Maroc. Les questions et défis que connaît la scène internationale, en particulier ceux qui concernent les États du Golfe et du Moyen-Orient, étaient au cœur de la rencontre.
Article : Préparation CDM 2026. Le Maroc s’impose sans peine face à Madagascar (4-0)
Les Lions de l’Atlas n’ont pas eu à forcer leur talent pour l’emporter face à des Malgaches limités, ce mardi 2 juin à Rabat, grâce notamment à un doublé d’Ismaïl Saibari. Les enseignements positifs ont été nombreux, mais le manque d’efficacité demeure un point noir en vue du Mondial 2026.
Article : Batteries : pourquoi le modèle industriel marocain inquiète-t-il Bruxelles
L’Union européenne durcit sa position face aux investissements chinois. Avec les projets chinois dans l’automobile électrique et les batteries, le Maroc se retrouve au cœur de cette nouvelle tension. Le précédent des jantes en aluminium montre que cette pression peut déjà se traduire par des droits commerciaux lourds. Le Royaume entend défendre ses intérêts. Des discussions sont en cours.
Article : Visa Fintech Day : le Maroc veut accélérer l’inclusion financière grâce à l’IA et aux paiements numériques
Rapprocher les services financiers des citoyens, soutenir les TPME et réduire les fractures d’accès… Le Maroc mise sur l’IA et la fintech pour accélérer sa transformation numérique.
Article : 1.700 passagers et 426 cabines : GNV baptise à Tanger son navire Aurora le plus moderne
Avec le baptême du GNV Aurora à Tanger, la compagnie maritime italienne GNV renforce son dispositif entre le Maroc, l'Espagne et l'Italie. Déployé à l'approche de l'Opération Marhaba 2026, ce ferry de nouvelle génération illustre les ambitions du groupe en matière de mobilité, de confort des passagers et de transition énergétique.
Article : Mines : ce que cachent les annonces de découvertes au Maroc
Le secteur minier marocain est en pleine effervescence. Mais entre l'effet d'annonce et la réserve prouvée, le chemin reste long et incertain. Décryptage d'un secteur où il faut savoir démêler le vrai du spéculatif.