Mediaco Maroc: Le silence du gendarme de la bourse
La société auparavant prospère et aux ambitions internationales est aujourd’hui presque réduite à néant. En 5 ans, le titre a perdu 89% de sa valeur à la Bourse de Casablanca. Et que dit le CDVM ? Rien.
Le marché ne sait plus à qui appartient la société de manutention. Et depuis que ses terrains ont été saisis par une banque créancière, il est difficile de savoir où se trouve l’entreprise et de joindre ses dirigeants. Lorsqu’on les contacte, ils sont soit « en réunion », soit injoignables.
Selon le dernier rapport de ses commissaires aux comptes, la situation nette de l’entreprise est inférieure au quart de ses capitaux propres. Malgré les recommandations des experts comptables, le management continue pourtant de faire tourner la boîte.
Ces deux dernières années ont été particulièrement mouvementées pour l’entreprise. Celle-ci est l’objet d’un procès opposant deux parties prétendant détenir le contrôle sur son capital.
Nicolas Mayet, directeur général démis de ses fonctions prétend, documents à l’appui qu’il avait racheté Mediaco sans que l’opération ne soit définitivement actée, ce qui est nié par Alexandre Vernazza, héritier de l’entreprise et qui siège à sa tête depuis un an maintenant.
En plus du procès sur le contrôle de l’entreprise, les biens de celles-ci ont été saisis par plusieurs créanciers, notamment les banques dont les crédits octroyés n’ont pas été remboursés par l’entreprisse.
Ainsi, les équipements (grues/camions, containers et autres engins) ont été saisis par Crédit agricole et la Banque populaire. Quant à la BMCI, elle a mis aux enchères, suite à un jugement, le principal terrain sur lequel se trouve le siège social de l’entreprise, et son entrepôt. Ce terrain de plus de 8.000m² a été vendu à plus de 13MDH. La BMCI a été jusqu’à revendre le fond de commerce de Mediaco Maroc, qui était estimé à 500.000 DH seulement.
Que fait le CDVM ?
Ni les téléphones de l’entreprise, ni ceux d’Afrique Levage, sa maison-mère, ne répondent aux appels. Les dirigeants de l’entreprise non plus.
Selon un employé contacté par Médias 24, celle-ci garde quelques marchés qui la font subsister, notamment à Jorf Lasfar. Mediaco Maroc a fini l’année 2013 avec un déficit net cumulé de plus de 200 MDH et un endettement dépassant les 300MDH.
Contacté par Médias 24 il y a plus de dix jours, le CDVM n’a accordé aucune réponse à nos questions. Ce dernier s’est montré particulièrement laxiste quant aux changements survenus à la tête de Médiaco.
L’entreprise n’a pas fait de communication, alors que celle-ci est obligatoire quand les actionnaires changent.
L’entreprise n’a pas versé de dividendes depuis 2006 et devrait, logiquement, déposer le bilan vu l’état de ses finances. Et là encore, aucune sanction n’a frappé Mediaco sachant que le non-versement de dividendes trois années successives est passible de sanctions selon le règlement du Conseil. Aussi, aucun profit warning n’a été diffusé par l’entreprise.
Et pourtant, sa décision de ne pas suspendre sa cotation, prise lors d’une assemblée générale dont les résolutions ont été diffusées par le CDVM, est passée sans que le Conseil ne réagisse.
Mediaco Maroc s’échange à 29 DH l’action, et plus aucun intermédiaire boursier n’émet de recommandation quant à la valeur.
À découvrir
à lire aussi
Article : Le Roi Mohammed VI s'est réuni à Rabat avec Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane
Le Roi Mohammed VI et Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane se sont rencontrés à Rabat dans le cadre de la visite privée que le Président de l’État des Émirats arabes unis effectue au Maroc. Les questions et défis que connaît la scène internationale, en particulier ceux qui concernent les États du Golfe et du Moyen-Orient, étaient au cœur de la rencontre.
Article : Préparation CDM 2026. Le Maroc s’impose sans peine face à Madagascar (4-0)
Les Lions de l’Atlas n’ont pas eu à forcer leur talent pour l’emporter face à des Malgaches limités, ce mardi 2 juin à Rabat, grâce notamment à un doublé d’Ismaïl Saibari. Les enseignements positifs ont été nombreux, mais le manque d’efficacité demeure un point noir en vue du Mondial 2026.
Article : Batteries : pourquoi le modèle industriel marocain inquiète-t-il Bruxelles
L’Union européenne durcit sa position face aux investissements chinois. Avec les projets chinois dans l’automobile électrique et les batteries, le Maroc se retrouve au cœur de cette nouvelle tension. Le précédent des jantes en aluminium montre que cette pression peut déjà se traduire par des droits commerciaux lourds. Le Royaume entend défendre ses intérêts. Des discussions sont en cours.
Article : Visa Fintech Day : le Maroc veut accélérer l’inclusion financière grâce à l’IA et aux paiements numériques
Rapprocher les services financiers des citoyens, soutenir les TPME et réduire les fractures d’accès… Le Maroc mise sur l’IA et la fintech pour accélérer sa transformation numérique.
Article : 1.700 passagers et 426 cabines : GNV baptise à Tanger son navire Aurora le plus moderne
Avec le baptême du GNV Aurora à Tanger, la compagnie maritime italienne GNV renforce son dispositif entre le Maroc, l'Espagne et l'Italie. Déployé à l'approche de l'Opération Marhaba 2026, ce ferry de nouvelle génération illustre les ambitions du groupe en matière de mobilité, de confort des passagers et de transition énergétique.
Article : Mines : ce que cachent les annonces de découvertes au Maroc
Le secteur minier marocain est en pleine effervescence. Mais entre l'effet d'annonce et la réserve prouvée, le chemin reste long et incertain. Décryptage d'un secteur où il faut savoir démêler le vrai du spéculatif.