Opinion. Pourquoi je soutiens la grève générale
Débat au sein de la rédaction de Médias 24 ce jeudi matin: pour ou contre la grève générale? Omar Radi soutient la grève et explique pourquoi.
Cette grève générale était nécessaire. Il fallait imposer cet arrêt, même court, pour exprimer aux concepteurs des politiques douloureuses qui sont en train d’être exécutées par l’équipe Benkirane, tout le rejet de celles-ci.
Une grève nécessaire aussi pour affronter un gouvernement qui ne fait aucun cas des revendications syndicales et des contre-propositions des organisations qui défendent les droits des travailleurs.
L’organisation syndicale a pris un coup au Maroc, le nombre de personnes syndiquées a fondu comme neige depuis le début des années 90, et les syndicats ne forment plus cette boîte à idées qu’ils représentaient pendant plusieurs décennies. La grève permet de souder à nouveau, les luttes syndicales par-ci et par-là.
Ceci étant, et comme à chaque fois, le mouvement de grève a subi des critiques.
La plus importante critique consiste à déchoir les grévistes de leur patriotisme. Bloquer l’activité économique reviendrait, selon cette critique, à fragiliser le tissu économique et à repousser les investisseurs étrangers.
Les directions syndicales les plus bureaucratiques ont même intériorisé cette critique pour en faire un motif d’autocensure, au point qu’il est devenu permis de faire grève comme on veut sauf dans les trains, le transport aérien, et certaines industries comme chez l’OCP, activités jugées sacrées.
On s’autocensure au point d’oublier que la grève est, après tout, un moyen de pression, et qu’il faut faire mal là où ça fait mal le plus pour qu’un mouvement de grève fonctionne et donne ses fruits.
Ce n’est pas un droit fondamental, garanti par la Constitution qui détruira le tissu économique.
On connaît tous certaines raisons qui repoussent les investisseurs et qui bloquent l’économie : prédation économique, irrationnalité de la prise de décision politique, copinage dans le business, justice dépendante, corruption, dégradation de la qualité des services publics et de l’enseignement...etc
Le mouvement de grève a subi un autre coup: la récupération par des parties qui n’en ont rien à cirer des travailleurs, ou du pouvoir d’achat du citoyen.
Ainsi, plusieurs entités ont, certes, rejoint le mouvement de grève, car ayant Benkirane dans le viseur, et veulent porter la responsabilité de tous les dégâts sociaux au PJD.
Cet opportunisme s’est manifesté dans la volonté manifestée par de partis comme l’Istiqlal ou le PAM de rejoindre cette grève, mais aussi dans le traitement médiatique de la grève.
A ce titre, la télévision marocaine s’est illustrée cette fois-ci. Elle, qui n’accorde que très peu de place aux mouvements sociaux, voire les éclipse la plupart du temps, a fait une couverture “exemplaire” de la grève et surtout de la réussite de celle-ci.
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