CAN 2015. Les trois scénarios possibles pour le Maroc
Au lendemain de la réunion à l’issue de laquelle la Confédération africaine de football (CAF) a choisi de maintenir la Coupe d’Afrique des nations 2015 à la même date, le Maroc dispose encore de 4 jours pour clarifier sa position définitive. Trois scénarios sont possibles. Le plus probable est le maintien de la position du Maroc.
La situation est en train de tourner au bras-de-fer. La Confédération africaine de football (CAF) s’entête à maintenir la CAN à la même date, en dépit de la demande du Maroc de reporter la compétition en raison du risque d’Ebola. L’instance présidée par le tout puissant Issa Hayatou lance un ultimatum au Maroc, qui a jusqu'à samedi 8 novembre pour clarifier sa position définitive. Trois jours plus tard, le 11 novembre, le Comité exécutif de la CAF se réunira au Caire pour trancher une fois pour toutes sur la question.
En attendant, trois scénarios sont possibles:
-le Maroc peut choisir de ne pas céder, malgré les enjeux économiques et les risques de sanctions auxquels il s’expose.
-Il peut aussi céder en partie et trouver un compromis.
-Dernière option, céder sur toute la ligne et accueillir la CAN en janvier, aux conditions de la CAF.
Aujourd’hui, toutes les options sont ouvertes.
Le Maroc ne cède pas
De source sûre, c’est l’option la plus probable. Elle sera probablement annoncée demain, selon nos informations. Suivant ce scénario, la CAF devra trouver un remplaçant, faute de quoi elle sera contrainte d’annuler la compétition. D’ailleurs, elle a déjà sollicité l'Afrique du Sud, le Ghana, le Soudan et l'Algérie pour suppléer le Maroc, mais tous ces pays ont décliné la proposition de l’instance du football africain. La CAF a lancé un appel à manifestation d'intérêt à tous ses membres qui seraient désireux d'organiser la compétition à la place du Maroc.
En revanche, si la CAF ne trouve pas de remplaçant et opte pour l’annulation pure et simple, le Maroc s’exposera à des sanctions. Sur le plan sportif, la qualification automatique de l’équipe nationale en sa qualité de pays hôte sera elle aussi remise en cause.
Lundi à Rabat, le porte-parole de la CAF a déclaré que le royaume et la CAF étaient liés par un «engagement contractuel», sans pour autant s'avancer davantage.
Médias 24 a consulté le règlement de la CAF. Son article 90 stipule que «si un pays qui a obtenu l’organisation du tournoi final de la Coupe d’Afrique des Nations se désiste, il lui sera infligé, outre les sanctions disciplinaires, une amende selon le barème suivant:
- Retrait notifié trois ans avant la date du tournoi final : amende dix mille (10.000) USD ;
- Retrait notifié deux ans avant la date du tournoi final : amende quinze mille (15.000) USD ;
- Retrait notifié moins de deux ans avant la date du tournoi final : amende vingt mille (20.000) USD ;
- Retrait notifié moins de six mois avant la date du tournoi final : amende Cinquante mille (50.000) USD.
Ce pays s’acquittera, également de la réparation de tous les préjudices moraux et financiers causés à la CAF et aux participants.
Ainsi, la CAF pourra évoquer les contraintes liées à ses engagements envers les sponsors et les médias et infliger au Maroc une très lourde sanction pécuniaire. Sans compter les sanctions sportives. Mais le Maroc pourra rétorquer qu'il a proposé ujn report, pour cas de force majeure, pas une annulation.
Le Maroc cède en partie et propose un compromis
A l’issue de ses entretiens avec les responsables de la CAF, Mohammed Ouzzine, ministre de la Jeunesse et des sports a prôné une solution de compromis. «La CAF nous a parlé de ses engagements et des contraintes liées au report de la compétition. Elle nous a laissé 5 jours pour revoir notre position», a-t-il lancé, ajoutant que la demande du Maroc est loin d’être anodine, puisqu’elle se base sur les recommandations de l’OMS selon lesquelles il fallait éviter les rassemblements auxquels prennent part des pays touchés par le virus Ebola. Le ministre a déclaré qu’il fallait trouver un compromis.
Aujourd’hui, le seul compromis possible concerne la gestion du public. Le Maroc peut instaurer un visa temporaire pour les trois pays les plus touchés par l’épidémie (Guinée, Sierra Leone et Libéria). Mais cette mesure sera perçue comme stigmatisante et portera un coup dur à l’image du pays.
De source sûre, Mohammed Ouzzine assure en privé que Maroc ne cédera pas et qu’il maintiendra sa position. Sa position conciliante dans les médias relève du langage diplomatique et ne reflète pas la position réelle du Maroc.
Le Maroc cède sur toute la ligne
Cela se traduira par la tenue de la CAN dans au Maroc en janvier dans les conditions initiales. C’est une décision extrêmement difficile à prendre. Elle signifie que le Maroc, en dépit de ses avertissements successifs sur le risque d’Ebola, ne se soucie pas de la santé de ses citoyens, et fait fi des recommandations de l’OMS.
En attendant, toujours pas de solution à la CAN 2015.
à lire aussi
Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.
Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.
Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.
Article : L’Oukaïmeden, station d’hiver et espace culte de transhumance
Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.
Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.
Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.