Interruption houleuse de la séance des questions orales au parlement
Alors que Abdelilah Benkirane était présent au parlement, ce mardi 28 avril, pour s'expliquer sur la dette du Maroc, il s'est heurté à l'opposition. Un conflit, des protestations, puis levée de la séance. Retour sur un après-midi de gâchis politique.
Chassez le naturel, il revient au galop. Après une introduction plutôt calme, Abdelilah Benkirane a saisi l'occasion pour répondre à l'opposition: "vous m'insultez, vous faites des déclarations impertinentes, vous dites du n'importe quoi". Une déclaration qui a suscité l'ire des partis de l'opposition, qui ont exigé de lui qu'il retire ce qu'il a dit. Benkirane a catégoriquement refusé.
Auparavant, le chef du gouvernement répondait aux questions sur la dette. Il a expliqué aux parlementaires que l'on ne peut demander à un gouvernement à la fois de réduire le déficit budgétaire et d'accorder des hausses de salaires ou de maintenir les subventions. Ni de réduire l'endettement sans s'attaquer aux charges lourdes comme la compensation. Maitrisant ses chiffres et la mécanique économique, il s'exprimait calmement lorsque tout d'un coup, il s'en est pris sans le citer, à un ténor de l'opposition. Il expliquera plus tard que c'était Hamid Chabat qu'il visait. Mais c'est surtout Lachgar, premier secrétaire de l'USFP, qui est monté au créneau.
Immédiatement après la déclaration de Benkirane, Driss Lachgar s'est levé de son siège pour hurler au chef du gouvernement: "impertinent! impertinent!" Et Benkirane de rétorquer: "il n'y a pas plus grand impertinent que toi!" [en arabe: safih]
Plus tard, il expliquera, s'adressant à Lachgar: "je n'ai pas parlé de toi (lorsqu'il l'a traité d'impertinent NDLR), mais de celui qui a parlé de Da'ech et du Mossad", en référence au secrétaire général de l'Istiqlal Hamid Chabat.
Une séance et un incident à oublier au plus vite.
Les relations et la communication entre l’Opposition et la Majorité se sont inexorablement dégradées depuis plusieurs mois. Particulièrement entre Benkirane d’un côté, Lachgar et Chabat de l’autre.
Le discours prononcé par le chef du PJD à Dcheira début mars avait suscité une profonde colère au sein de l’Opposition.
Mais la dégradation des relations avait commencé début 2014 et s'était aggravée avec le temps.
Il est inutile aujourd'hui, de savoir qui a tort ou qui a raison. Le spectacle est celui d'une empoignade permanente, sans aucun semblant de dialogue ou de communication civique.
Ce n'est en tous les cas pas comme ça que l'on redonera à l'opinion le goût de la politique.
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