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Adhérer à un parti politique: voici le mode d’emploi

A l’approche des scrutins régionaux et nationaux, les partis politiques veulent faire le plein des troupes en mettant l’accent sur le recrutement via internet. Marche à suivre pour les électeurs désireux de s’encarter politiquement au Maroc.

Adhérer à un parti politique: voici le mode d’emploi
Samir El Ouardighi
Le 29 mai 2015 à 11h46 | Modifié 11 avril 2021 à 2h37

Qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, les huit principaux partis marocains sont tous désireux de recruter en masse à la veille des élections mais pour cela, chacun s’y prend à sa manière.

Dans tous les partis interrogés, il existe des basiques définis par la loi marocaine pour obtenir une carte de nouveau membre.

- Etre un homme ou une femme de nationalité marocaine qui soit âgé de plus de 18 ans

- Jouir de ses droits civiques et politiques

- Remplir un imprimé physique ou électronique avec son état civil complet.

Ci-dessous, un tour d’horizon, parti par parti.

>Le Parti de la Justice et du Développement (PJD)

Soucieux de son image de marque, le PJD n’accepte pas n’importe qui dans ses rangs car depuis sa création les candidatures font l’objet d’un examen minutieux de la part de ses instances.

Pour Hassan Lamrani, porte-parole du PJD, la réputation de son parti tient d’abord à la probité de son capital humain. La meilleure manière de se faire accepter est d’ailleurs être coopté par un membre officiel du parti.

Malgré l’ouverture aux candidatures à distance par le net, l’enquête de moralité est l’élément essentiel du recrutement des futurs adhérents.

Un candidat ayant des antécédents judiciaires ou des mœurs contraires à la morale sera systématiquement rejeté sans aucune voie de recours.

Si notre interlocuteur assure que son parti ne demande pas d’extrait de casier judiciaire, il ne donne pas d’explication sur les critères d’enquête de moralité.

A l’issue du traitement de la demande qui ne doit pas dépasser 15 jours, celle-ci est acceptée ou pas.

Une fois admis, les nouveaux membres s’acquittent d’une cotisation mensuelle ou annuelle qui varie.

Un chômeur ou un étudiant versera 50 DH/an mais les salariés reverseront 0,5% de leurs revenus mensuels. Les députés, ministres ou conseillers municipaux paieront 20 à 30% de leurs salaires ou indemnités. Le parti ne demande pas de fiche de paie mais une simple déclaration sur l’honneur du montant de salaire.

Malgré une volonté assumée de filtrer l’arrivée des nouveaux venus, Hassan Lamrani assure que tous le monde est le bienvenu au parti y compris les candidats sans référentiel religieux.

>Le parti de l’Istiqlal

Pour adhérer au plus ancien parti politique du Royaume, les portes vous sont grandes ouvertes.

Hormis les trois conditions basiques énoncées précédemment, il suffit d’attendre quelques jours l’aval de la commission de l’inspection des candidatures pour être accepté.

En théorie, ce délai sert à détecter les candidats de mauvaise moralité ou membres d’autres partis concurrents mais en réalité, tout le monde est le bienvenu dans un désir de continuer à recruter en masse.

Hassan Cherkaoui, directeur exécutif du PI nous déclare que son parti a mis les bouchées doubles via son site et les réseaux sociaux pour encourager l’adhésion électronique qui se banaliserait.

Ne disposant pas de statistiques journalières ou mensuelles, il assure cependant qu’à l’approche des échéances électorales, les candidats sont de plus en plus nombreux à postuler par le net.

Les nouveaux adhérents modestes ne sont pas soumis au paiement d’une cotisation même s’il est demandé une contribution aux cadres moyens et supérieurs selon leur bon cœur.

>L’Union socialiste des forces populaires (USFP)

Incontestablement, ce parti est celui qui a choisi l’outil informatique pour étoffer ses troupes. Il faut dire qu’en pleine scission avec une de ses ailes, le parti risque de vivre une véritable hémorragie.

Si dans les années de plomb, il fallait être coopté ou faire l’objet d’une quasi-enquête policière pour éviter justement les infiltrations, il suffit désormais de postuler pour obtenir sa carte en moins de 15 jours.

Vous devrez néanmoins vous acquitter d’une somme de 50 dirhams si vous êtes chômeur ou étudiant et de 100 dirhams pour les salariés.

>Le Mouvement populaire (MP)

Selon Ahmed Siba, directeur du siège central de Rabat, le parti du livre s’ouvre de plus en plus vers le recrutement numérique qui entre petit à petit dans les mœurs marocaines.

Le traitement de la demande dure une quinzaine de jours en contrepartie de 200 dirhams. Les handicapés ou les chômeurs sont quant à eux exonérés de toute cotisation.

Si tous les sites des grands partis ont éliminé la langue française de leur site, le parti de l’épi est encore un des seuls à donner le choix entre le français et l’arabe.

Notons cependant qu’étrangement, ce parti d’origine amazigh ne propose pas la langue berbère pour postuler sur son site officiel.

>Le Rassemblement national des indépendants (RNI)

Ce parti est sans doute celui qui demande le moins de temps pour en devenir membre.

Que votre demande s’effectue  par formulaire électronique ou physique, la réponse positive est quasiment automatique et d’une célérité étonnante.

A l’issue d’un traitement expéditif de la demande d’adhésion, une carte de nouveau membre vous est remise pratiquement sur le champ sans débourser le moindre centime.

>Le Parti du progrès et du Socialisme (PPS)

Dans un désir de ratisser large et de récupérer les voix de la grande famille de gauche, le PPS a facilité l’adhésion de ses nouveaux membres. En quelques jours, vous obtiendrez votre carte et vous ne serez astreint à aucune obligation financière hormis un petit effort pour les plus nantis.

>L’Union constitutionnelle (UC)

Malgré les dénégations de son porte-parole, Hassan Adiaba, contrairement aux autres grands partis, l’UC ne dispose pas de site en état de marche pour postuler à une adhésion par voie électronique. Pour l’instant, seule une page Facebook donne quelques informations sur l’actualité du parti.

Pour ce parti d’opposition, les critères de recrutement ne changent pas pour une éventuelle adhésion. Après avoir déposé votre candidature par écrit, il faudra patienter une petite semaine après une enquête sommaire (droits civiques …) avant d’obtenir le précieux sésame.

Hormis une petite participation réclamée aux cadres moyens et supérieurs, aucune cotisation n’est demandée aux classes sociales défavorisées.

>Le Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM)

A l’instar du RNI, le dernier-né des partis marocains fait preuve de célérité dans le traitement des demandes d’adhésion. Il suffit de remplir un formulaire papier ou électronique pour obtenir votre carte en quelques jours pour peu que l’employé responsable soit miraculeusement présent à son bureau.

A l’issue de notre enquête sur les procédures pour devenir membre d’un parti politique, il apparait qu’hormis le PJD qui reste tatillon sur le profil de ses nouveaux membres, tous les autres partis se contentent d’un formulaire regroupant les informations basiques d’une carte nationale.

Malgré l’approche des élections, aucun parti n’a modifié sa ligne de recrutement même si tous prétendent qu’ils privilégient désormais les adhésions directes sur leurs sites officiels.

L’important pour eux n’est pas tant de faire adhérer les nouveaux membres à leur projet politique mais simplement de recueillir un maximum d’adhérents et donc de votes dans les urnes.

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Samir El Ouardighi
Le 29 mai 2015 à 11h46

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