Les sécessionnistes de l’USFP créent leur propre parti
Le parti Alternative démocratique issu de la scission avec l’USFP, sera opérationnel avant la tenue des élections régionales, si le ministère de l’Intérieur valide son dossier. Le vrai test électoral n’aura cependant lieu qu’en 2016, pour les législatives.
Contacté par Médias 24, un des compagnons de route de l’ancien courant Zaidi revient sur les dernières étapes avant la tenue du congrès constitutif du nouveau parti. Notre interlocuteur a souhaité garder l’anonymat.
«Vendredi 19 juin à 10 heures du matin, nous déposerons le dossier de création de notre nouveau parti, prénommé Alternative démocratique (AD) au siège du ministère de l’Intérieur à Rabat. Alors que la loi demande le parrainage de 350 militants implantés dans 2/3 des régions du pays, nous avons réussi à obtenir 1.200 engagements dûment légalisés par des membres démissionnaires de l’USFP».
Malgré nos sollicitations, notre interlocuteur a refusé de révéler les noms des trois fondateurs du parti devant apposer leur signature dans le dossier administratif. D’autres membres interrogés annoncent sans certitude que les signataires sont Tarik Kabbaj, Abdelali Doumou et Ali El Yazghi.
Une fois déposé, le dossier sera traité par le ministère de l’Intérieur, dans un délai maximal d’un mois.
«Après traitement et si les autorités n’émettent aucune réserve administrative à la naissance du nouveau parti, nous disposerons d’une année pour organiser un congrès constitutif», ajoute notre source.
Interrogé sur le logo, il déclare que les instances d’AD n’ont pas encore tranché. «Nous avons le choix entre trois logos: un faucon, une orange (fruit) ou une grappe de raisin. Pour l’instant, nous n’avons pas encore tranché, car le visuel retenu devra contenir une forte symbolique».
Malgré le délai d’un an imparti par la loi pour créer les structures du nouveau parti, ses promoteurs organiseront un congrès, juste après la validation des autorités, c'est-à-dire dans un délai d’un mois.
Souhaitant savoir si cet empressement est lié aux prochaines échéances électorales, notre interlocuteur répond qu’il n’en est rien.
«Nous essayons avant tout de faire aboutir un projet de société et pour nous, le vrai test électoral aura lieu en 2016, lors de la tenue des élections législatives. Nous présenterons plusieurs candidats pour les communales, mais nous attendons de réunir toutes les conditions de réussite pour l’échéance décisive des élections nationales au suffrage universel».
Il poursuit que ce n’est qu’à cet horizon que les 30 députés et conseillers étiquetés USFP sympathisants de leur vision seront prêts à quitter le parti de la Rose pour les rejoindre officiellement.
«Même si nous avons été acculés à cette scission, nous ne sommes pas dans la précipitation. Face à la dégénérescence du parti historique de la gauche, nous voulons créer une alternative politique, en remplissant le vide laissé par l’USFP sur les questions sociales et économiques».
«Pour y arriver, nous allons investir en force les réseaux sociaux, avec la création d’un site alternatif qui donne la voix à tous les sans voix, grâce notamment à une interactivité continue. Au risque de vous surprendre, le seul parti qui présente actuellement des indicateurs de modernité, de démocratie interne et des mécanismes de base transparents est incontestablement le PJD. Je ne dis pas que nous allons nous en inspirer, mais comme nous avons l’ambition de coller à l’air du temps, nous nous sommes engagés dans une profonde réflexion sur la force des réseaux sociaux».
Concernant le leadership du parti, ce futur cadre d’AD affirme que les batailles d’ego n’auront pas leur place et que la seule priorité est la bataille collective pour se structurer avec des règles du jeu transparentes.
«Notre éthique, qui diffère de celle des autres partis marocains, commence par la négation de la course au positionnement personnel. Ce sera soit une femme, soit un homme qui prendra la tête du parti, mais l’essentiel est que notre futur leader soit personnellement désintéressé. Malgré nos différences de tempérament, nous sommes tous liés par une éthique commune, même si contrairement à l’USFP, nous sommes partisans de la divergence intellectuelle».
À la question récurrente de savoir si Tarik Kabbage est pressenti à la tête du parti pour rassembler les frondeurs, notre socialiste nouvelle génération pense qu’il ne faut pas brusquer les choses.
«Au vu de son expérience, Tarik Kabbage est un candidat légitime, plébiscité par tous nos militants. Personnellement, je voterai pour lui des deux mains, mais nous attendons le moment venu pour nous prononcer».
Sur le ralliement annoncé puis démenti de Ali Bouabid à la cause ou de Ahmed Reda Chami à la tête d’Alternative démocratique, notre interlocuteur se veut plus qu’optimiste:
«Chami nous soutient dans notre démarche, mais comme précisé précédemment, il est en tant que député tenu par un engagement électoral qui l’empêche de se joindre à nous avant 2016. Concernant Ali, nous lui donnons tout le temps nécessaire pour se décider. N’étant pas un acteur électoral, il peut se permettre de réfléchir, mais je suis sûr qu’il finira par nous rejoindre, car nous partageons les mêmes valeurs intellectuelles».
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