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Nabila Mounib, la pasionaria de la nouvelle gauche

Entretien exclusif. C'est au siège du Parti socialiste unifié que la secrétaire générale Nabila Mounib nous a reçus. Elle revient avec nous sur son parcours, les ambitions de son parti et les projets qu'elle entend entreprendre.  

Nabila Mounib, la pasionaria de la nouvelle gauche
Amine Belghazi
Le 28 juillet 2015 à 14h27 | Modifié 28 juillet 2015 à 14h27

En tête de liste à la circonscription de Sidi Belyout, la secrétaire générale du PSU Nabila Mounib a su cultiver, tout le long de sa carrière en politique, une réputation de femme de terrain sensible aux valeurs sociales.

"J'ai été initiée très jeune à la politique. À l'âge de 14 ans déjà, je commençais à me poser des questions sur la société qui m'entourait et sur les valeurs qu'elle doit véhiculer. Plus tard, lorsque j'ai intégré la faculté des sciences de Rabat, j'ai été initiée, de près, aux valeurs prônées par l'Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM) et aux valeurs telles que l'égalité, les libertés, l'émancipation et la démocratie" nous confie Nabila Mounib.

Elle deviendra, en 2000, membre du comité central de l'OADP (Organisation de l'action démocratique populaire), qui sera rejoint, dès 2002, par le mouvement pour la démocratie, les indépendants démocrates et des membres non affiliés pour former la Gauche socialiste unifiée.

En 2005, l'association Fidélité à la démocratie, affiliée à l'USFP, rejoint le comité national donnant naissance au Parti socialiste unifié.

Plus récemment, le PSU est au centre de la création de la Fédération de la gauche démocratique, avec d’autres composantes de la nouvelle gauche marocaine.

Ces valeurs ressortent dans ses discours et ses prises de position publiques. Le 20 février 2011 a d'ailleurs été une étape importante dans la vie du Parti socialiste unifié: "en 2011, nous avons soutenu les jeunes du mouvement du 20 février, et avons appelé au boycott des élections législatives de novembre car il y avait un réel espoir de changement," nous confie Nabila Mounib, et d'ajouter que "le congrès national du parti s'est tenu du 16 au 18 décembre suivants. Mohamed Sassi était le seul pressenti pour le rôle de secrétaire général du PSU. Mais au dernier moment, il a  décidé d'apporter son soutien à ma candidature", se souvient l'actuelle secrétaire générale.

Le contexte régional, marqué par l'instabilité dans les pays du Maghreb et au Moyen-Orient a été profitable aux partis engagés, chose que confirme Nabila Mounib: "Le mouvement du 20 février a permis au PSU de définir clairement quelles étaient les attentes des jeunes, et aussi d'apprendre leur façon de concevoir et de faire de la politique. D'ailleurs, notre conseil national est composé d'un nombre important de jeunes." Ce nouveau souffle s'accompagne, comme le souligne la secrétaire générale, d'un encadrement par les aînés et du respect de la discipline.

En définitive, les jeunes sont plus conscients aujourd'hui de l'importance de la bonne gestion de la chose publique. "Toutefois, ajoute Nabila Mounib, il existe un phénomène répandu d'analphabétisme ou d’ambiguïté politique, même auprès de personnes disposant d'un très haut niveau de qualification, ce problème est aggravé par la dégradation du système de valeurs, l'échec cuisant du système éducatif et l'absence d'une mixité sociale."

C'est ce à quoi le PSU prétend remédier: "Les grands changements et les grands projets ne peuvent aboutir que si on milite à l'intérieur des institutions et dans la rue. Concrètement, les élus doivent batailler dur pour avoir une réelle autonomie de décision, en l'absence d'un projet fort de mise en place de la régionalisation."

Quoi qu'il en soit, la future candidate à la commune de Sidi Belyout ambitionne de faire du social la clé de voûte de toute réforme.

Pour l'emploi, par exemple, Nabila Mounib soutient la protection des droits des salariés contre les mesures de licenciement abusifs et entend lutter contre la criminalisation de l'action syndicale.

À cette défense des droits des travailleurs s'ajoute une démarche de prospection de nouvelles niches pour l'emploi. "Il est nécessaire d'identifier les besoins futurs au niveau local, d'en assurer la veille, et d'investir  dans les compétences en conséquence. Ceci doit impérativement s'accompagner d'une mise à niveau du monde rural, afin limiter l'exode et permettre aux programmes de développement urbains et ruraux d'aboutir."

Concernant les contrats de gestion déléguée, la secrétaire générale du PSU se montre particulièrement critique. "Les délégataires coûtent trop cher à la ville et au consommateur eu égard à la qualité des services qu'ils produisent" nous a-t-elle déclaré. 

Une autre priorité et non des moindres consiste à réduire et à limiter l'endettement de la ville,en assurant principalement une gestion transparente des biens et des deniers publics.

S'agissant de l'habitat et de l'urbanisme, Nabila Mounib entend redorer le patrimoine architectural de la ville de Casablanca, tout en s'attaquant à l'habitat insalubre.

"Toute personne a droit à un logement qui respecte sa dignité. Hélas, force est de constater que les projets qui ont été lancés jusque-là n'ont fait que déplacer le problème du centre, vers les périphéries de la ville" estime notre interlocutrice, qui ajoute: "il y a plusieurs exemples qui ont fonctionné à l'international et dont on peut s'inspirer. Il est par exemple possible de répartir les habitants des bidonvilles par métiers, et de les reloger en fonction de ce paramètre dans tel où tel autre quartier. Cela servira a créer de nouveaux pôles économiques à l'intérieur de la ville... En effet, si on loge une famille sans lui donner la possibilité de gagner son pain, elle finira par vendre sa maison pour se nourrir et se réinstallera dans une cabane de fortune, et le problème ne sera jamais résolu!"

D'ailleurs, concernant l'habitat économique, Nabila Mounib estime que la marge réalisée par les constructeurs est exagérée. "Un appartement de standing économique coûte au promoteur entre 70.000 et 120.000 dirhams, selon le prix d'acquisition du terrain construit. Ces habitats n'ont rien de social, car au final, l'acquéreur paye sa maison trop cher."

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Amine Belghazi
Le 28 juillet 2015 à 14h27

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