Enseignement: encore 15 ans pour réparer les erreurs du passé
Des propositions innovantes ont été faites par le Conseil supérieur de l’Education de la Formation et de la Recherche Scientifique pour refondre totalement la qualité de l’enseignement d’ici 2030.
Une des plus grandes préoccupations des Marocains est sans nul doute la qualité défaillante de l’enseignement public qui produit chaque années des cohortes de diplômés chômeurs.
Le chantier de refonte totale de l’enseignement public engagé par les autorités est énorme car en 60 ans d’indépendance, le dossier de l’Education Nationale reste le plus grand échec politique du Maroc.
Forts de leurs propositions respectives, le ministère de l’Education Nationale (MEN) et le Conseil Supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche Scientifique (CSEFRP) se sont tous deux attelés à la tâche de renverser la vapeur, sur le plan qualitatif.
Le MEN propose des mesures à court-terme, tandis que, le CSEFRP inscrit sa démarche de réforme au long terme (2015-2030) pour remédier aux défaillances du système de l’enseignement public.
La vision réformatrice livrée par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, appuyée par le Roi, devrait d’ailleurs faire l’objet d’une loi-cadre contraignante, selon une décision du Souverain révélée dans le cadre du discours du Trône.
En réponse aux carences relevées, l’instance présidée par Omar Azziman a proposé 4 axes de changement contenant 23 leviers de changement et de développement.
La refonte totale de l’enseignement public passera par une école de l’équité et de l’égalité des chances grâce à :
-La mise en œuvre du principe de l’égalité d’accès à l’éducation et à la formation;
-L’obligation et généralisation de l’enseignement préscolaire;
-L’introduction de la discrimination positive en faveur des milieux ruraux, périurbains et des zones déficitaires;
-La garantie du droit d’accès à l’éducation, à l’enseignement et à la formation pour les personnes en situation d’handicap ou à besoins spécifiques;
-La garantie aux apprenants d’un apprentissage continu et durable et de la construction du projet personnel et d’insertion;
-La dotation des institutions d’éducation et de formation de l’encadrement, d’équipements et de soutien nécessaires;
-La mise en place d’une École performante et attractive;
-L’enseignement privé doit devenir un partenaire de l’enseignement public dans la généralisation et la réalisation de l’équité.
La deuxième ambition de cette vision stratégique est d’introduire une école de qualité pour tous en:
-Rénovant les métiers de l’enseignement, de la formation et de la gestion;
-Structurant de manière plus cohérente et flexible les composantes et les cycles de l’École;
-Institutionnalisant des passerelles entre les divers cycles d’éducation et de formation;
-Développant un modèle pédagogique ouvert, diversifié, performant et novateur;
-Maîtrisant les langues enseignées et diversifiant les langues d’enseignement
-Promouvant la recherche scientifique et technique et de l’innovation;
-Instaurant une gouvernance performante du système d’éducation et de formation.
La troisième priorité de ce programme veut, à travers l’école, promouvoir l’individu et la société avec:
-L’adéquation des apprentissages et des formations aux besoins du pays, aux métiers d’avenir et à la capacité d’insertion;
-La consolidation de l’intégration socio-culturelle;
-L’édification d’une société citoyenne, démocratique et égalitaire;
-La généralisation de l’apprentissage tout au long de la vie;
-L’implication active dans l’économie et la société du savoir;
-La consolidation de la place du Maroc parmi les pays émergents.
Lors de son dernier discours, le Roi a déclaré que l’Education Nationale «devait sortir de l’idéologie et des enjeux politiques hypothéquant l'avenir des générations montantes, sous prétexte de protéger l'identité».
Le Souverain a souligné que «contrairement à ce que prétendent certains, l'ouverture sur les langues et les autres cultures ne portera aucunement atteinte à l'identité nationale».
Toutes ces propositions sont censées remédier aux nombreux dysfonctionnements internes et externes de L’école qui engendrent des diplômés sans valeur ajoutée pour le marché de l’emploi.
Leur finalité est d’offrir aux jeunes un enseignement adapté au marché du travail, car, les carences de l’EN entraînent un coût exorbitant pour le pays et un avenir incertain pour les apprenants.
Venant à l’appui de cet ambitieux programme, le rapport d’évaluation 2000-2013 de la Charte nationale d’éducation et de formation affirme la nécessité d’une réforme à long terme, puisque, les expressions de la crise de l’Enseignement sont toujours à l’oeuvre actuellement.
L’application de cette Charte a, certes, permis la généralisation de l’éducation au niveau du primaire, une diversification de l’offre de formation à l’université … mais n’a pas été en mesure de créer les conditions d’un renouvellement qui placerait l’école sur la voie de progrès durables.
Rappelant que le Maroc ne fait que payer le prix de ses précédentes politiques d’enseignement, ce rapport décennal préconise de s’adosser aux recommandations de la vision stratégique de la réforme 2015-2030 qui permettront d’ouvrir de vraies perspectives de réformes.
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