Al Amoudi au Maroc pour “mettre fin” à la crise de Samir
Le cheikh Mohammed Hussein Ali Al Amoudi, président de Corral, l’actionnaire majoritaire de Samir, est attendu au Maroc ce mercredi 12 août. Et ce n’est pas une visite de courtoisie.
Selon des sources bien informées, le cheikh s’entretiendra avec toutes les parties prenantes pour trouver une solution à la crise que connaît le raffineur marocain.
Suite à ces rencontres, la Samir communiquera, de manière sélective, les éléments d’informations (autorisés par le président) pour rassurer le marché financier et les partenaires aussi bien commerciaux, sociaux que politiques.
La visite du président était attendue depuis que la Samir s’est embourbée dans un jeu de communiqués chaotique. En l’espace d’une semaine, la société annonce une information et dit son contraire en jouant sur les mots. Le 5 août, son premier communiqué annonce un retard d’approvisionnement dû au marché international et à des difficultés financières. «Ce retard entrainera l’arrêt de certaines unités de production», disait le communiqué de Samir. En fait, l’arrêt temporaire concerne la quasi-totalité des unités de production à part une seule restée en service.
Le 10 août, le communiqué de Samir dément l’arrêt définitif du raffinage et «confirme que l’activité du raffinage continue selon les programmes établis». Quel programme? Comprendre : livraison selon le stock disponible (pas la production disponible).
Le gouvernement n’a pas fait mieux. Alors que le Ministère de l’Energie reconnaissait la gravité de la situation et se disait attentif, selon ses termes, à l’évolution de cette affaire, le ministre des Affaires Générales soutenait (et continue à soutenir), dur comme fer, que Samir n’était pas en crise et que le raffineur suivait son chemin sous un ciel clair et dégagé, et que l'activité n'est pas arrêtée.
L’actionnaire affirme accepter la restructuration
Or, le même communiqué du 10 août prouve la gravité extrême de la crise du raffineur, en acceptant des conditions de restructuration financières contraignantes. La Samir y annonce son acceptation du plan de restructuration proposé par la banque d’affaires «Attijari Finances Corp». On y apprend aussi que Samir tiendra son conseil d’administration le 8 septembre prochain et une assemblée générale extraordinaire le 12 octobre 2015.
Selon des sources proches du dossier, les deux organes de gouvernances de Samir auront à statuer sur des arrangements chocs proposés par la banque d’affaires. Attijari Finance Corp avait, y a quelques mois déjà, proposé aux actionnaires de Samir de procéder à une augmentation de capital avec un aport d'argent frais de 1,5 milliard de DH. L’actionnaire saoudien devra ainsi puiser dans sa propre surface financière, supposée élevée, pour mettre de l’argent frais dans les comptes du raffineur.
A cela s’ajoutaient deux opérations financières complexes afin de dégager 3 milliards de dirhams additionnels, pour les besoins de trésorerie. Le conseil de la banque d’affaires pousse vers une levée de 1,5 milliard de DH en swap asset (échange ou reconversion combinant crédit et opérations obligataires) et 1,5 milliard de DH en lease back (crédit bail).
La banque d’affaire a suggéré la vente de certaines filiales. Cette option concerne notamment la société Salam Gaz, la plus importante des filiales du groupe Samir.
Les syndicats et la société civile réclament une agence nationale
En attendant, les syndicats et la société civile se préparent à agir. Une conférence de presse est prévue jeudi à Mohammadia pour défendre l’idée de la création d’une agence nationale pour le pétrole (ou produits énergétiques). Cette piste ne manque pas d’intérêt.
Selon des sources syndicales, l’Etat doit disposer d’un organe de gouvernance dont la mission sera de s’assurer de la sécurité d’approvisionnement en produits pétroliers. Qui dit sécurité, dit fréquence de livraison de matières premières, qualité du raffinage, qualité également des produits raffinés, provenance des produits pétroliers importés et niveau du stock….
La société civile défendra également le caractère stratégique du raffinage. Le Royaume se doit d’en disposer, il y va de la souveraineté énergétique du pays. Cela implique, toujours selon les mêmes sources, que l’activité du raffinage soit mise à l’abri de tensions économiques et financières. Autrement dit, l’Etat doit veiller à ce que le marché soit bien régulé, que l’actionnaire de Samir respecte ses engagements et que les distributeurs (ou certains d’entre eux) s’interdisent tout acte déstabilisateur qui pourrait mettre en danger l’activité du raffinage.
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