Régionales. Le rêve “surdimensionné” du programme du RNI à Casablanca
Le programme électoral défendu par l’équipe du RNI pour les régionales promet la préparation de Casablanca à l’accueil des jeux olympiques de 2028. Cette promesse électorale fait déjà le buzz. Le rêve du RNI est-il possible?
Vendre le rêve en politique est une règle immuable. Encore faut-il que ce rêve soit raisonnable et raisonné. Moncef Belkhayat, candidat du parti du Rassemblement National des Indépendants (RNI) pour les élections régionales à Casablanca, lui, rêve sans limite.
Pour preuve, le programme électoral défendu par l’équipe du RNI promet la préparation de Casablanca à l’accueil des Jeux Olympiques de 2028. Rien que cela! Derrière cette promesse, se cache l’état d’esprit de l’ancien directeur commercial de Médi Telecom et l’un des gros distributeurs de marques à grande consommation au Maroc: vendre les projets ambitieux, la grandeur et surtout faire du buzz.
Et pour faire le buzz, le programme de l’équipe Belkhayat ne manque pas d’idées. Sous son mandat, Casablanca serait promise à être la capitale africaine du digital, la capitale africaine du Co-working, le premier pôle économique et financier de l’Afrique du Nord et de l’Ouest…
Vues de près, certaines idées sont défendables et se nourrissent dans des programmes déjà lancés ou en cours de lancement par les autorités locales. Ainsi, la feuille de route du RNI pour les régionales fait sienne la mise en place du programme «Casa Smart City», un projet déjà entamé par la société Casa Prestations pour le compte du conseil de la ville de Casablanca. La digitalisation des services administratifs également.
Quant à faire de Casablanca la capitale africaine du digital, il suffit d’une bonne opération de communication pour positionner la cité sur le continent.
Le même schéma est à imaginer dans le domaine culturel. Le programme RNI donne la part belle à la promotion culturelle. Les Casablancais auront droit aux festivals internationaux d’art et de musque, à des espaces de création culturelle et des centres de loisirs. La ville se prépare déjà à ce positionnement avec le lancement du chantier du grand théâtre de Casablanca. Ce projet, surdimensionné par rapport à la création scénique marocaine, vise surtout à attirer des internationaux, comme le promet le programme des Rnistes.
Le plan économique du RNI
Le volet économique, en revanche, ne manque pas d’intérêt. Le programme du Rassemblement promet deux initiatives de taille. L’équipe Belkhayat reprend la vieille idée de la construction d’un centre de conférence de 5.000 places à Casablanca.
Il est en effet inconcevable que la capitale économique du pays et la région la plus riche du Royaume ne dispose pas d’un palais des congrès ou d’un centre de conférence. Le RNI y a pensé. Il reste à savoir comment il va y parvenir.
La construction d’un centre de conférences va de pair avec l’augmentation de la capacité litière de la région. Aussi bien à Casablanca qu’à Eljadida et Settat, la région ne cumule pas un nombre suffisant d’établissements hôteliers de bonne facture. Encore une fois, le programme de l’équipe casablancaise du RNI construit sur ce vide en promettant la mise en chantier de 25 hôtels classés. Une promesse difficile à prendre au sérieux vu la frilosité bancaire quand il s’agit de financer des projets touristiques.
Pour la création d’emplois, l’ambition des Rnistes voit plus grand que l’Agence Marocaine de Développement des Investissements. Le RNI s’engage sur l’implantation de 100 grandes entreprises dans la région de Casablanca-Settat à l’horizon 2020. Un chiffre déroutant, il faut le reconnaître.
En effet, la région s'est bien préparée à l’accueil de grands opérateurs dans deux secteurs bien définis: la finance dans le cadre de Casa Finance City et la parachimie suivant le programme d’investissement de OCP à Jorf Lasfar. Le secteur automobile se concentre actuellement à Tanger (et bientôt Kénitra), abandonnant ainsi la région de Casablanca et l’aéronautique peut attirer de grandes entreprises, mais dans le cadre de petites structures (des PME généralement). Moncef Belkhayat et son équipe doivent ainsi fournir plus de détails à ce sujet pour que leur promesse soit prise au sérieux.
Le vide de Belkhayat
Le rêve de l’équipe de Belkhayat a ses propres limites. Il suffit de parcourir certaines promesses électorales pour s’en rendre compte. A commencer par le transport et la sécurité.
Pour le transport, la feuille de route des Rnistes est d’une extrême pauvreté. Les têtes pensantes du parti n’ont pas trouvé mieux que de parler de la suppression des dos-d’âne. Elles se révèlent également à court d’idées pour l’amélioration du transport en commun. Le programme se contente de promettre la modernisation sans aller en profondeur, pourtant le secteur des transports est une des tares managériales de la région.
Quant à la sécurité, le groupe du RNI surpasse ses prérogatives futures. Il promet la mise en place d’une police de proximité, comme si le déploiement des forces de l’ordre était du ressort de l’autorité civile. En revanche, la mise en place d’une police administrative relève de la compétence de la région. Notons à cet effet qu’un projet de police administrative est déjà en cours dans le Grand Casablanca (découpage territorial précédent).
Toujours dans le domaine de la sécurité, le RNI table sur la sensibilisation pour «assurer la tranquillité des femmes». Une promesse bien placée pour séduire l’électorat féminin, mais sans garantie de succès.
Même promesse sans contenu dans le domaine du logement. Le parti s’engage à accélérer la construction de logements sociaux au moment où cette branche souffre de mévente et non pas de lancement de projets. Le logement pour la classe moyenne se contentera, lui aussi, d’une promesse creuse. L’équipe Rniste parle de favoriser le développement de ce segment qui demeure lié à la problématique de l’urbanisme et donc du foncier disponible.
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