Hamid Chabat accusé de “menaces contre l'Etat” pour gagner les élections à Fès
Le cas a été soulevé en conseil de gouvernement. La nature des menaces n'est pas claire. Les sources sûres évoquent également un "chantage". S'agit-il de simples propos menaçants ou de démarche plus directe? Et en quoi consiste le chantage: s'allier au PJD ou provoquer des désordres à Fès"
Hamid Chabat est au centre de toutes les spéculations. Non seulement son éventuelle démission alimente toutes les conversations, ainsi que ses incompréhensibles volte-faces, mais voilà que le ministre de l’Intérieur, le très posé Mohamed Hassad, l’accuse d’avoir exercé des pressions inacceptables sur l’Etat.
L’info a été révélée par notre confrère Goud. Médias 24 l’a recoupée, complétée de trois sources différentes, toutes informées et sûres.
Le lieu est le conseil de gouvernement du 17 septembre 2015. Le conseil est ouvert comme à l’accoutumée par le chef du gouvernement, qui prononce quelques mots au sujet de l’actualité et notamment de la réussite des opérations électorales.
Le protocole immuable prévoit que chaque ministre concerné par un point inscrit à l’ordre du jour, fait un court exposé. C’est Mustapha Ramid qui ouvre le bal, en tant que ministre de la Justice chargé de co-superviser avec Mohamed Hassad, les élections, par délégation du chef du gouvernement.
Ramid fait son exposé et évoque la partie qui le concerne, respect des lois et des procédures, etc.
L’exposé de Hassad est plus consistant. De sa voix posée et calme, il donne des chiffres, dresse point par point un bilan, nombre de bureaux de votes, déroulement du vote, communication des résultats avec une célérité jamais connue auparavant, incidents (peu nombreux). Et il signale, selon une source sûre de Médias 24, que Hamid Chabat, secrétaire général de l’Istiqlal s’est livré à des actes inadmissibles à l’égard de l’Etat.
“-De quels actes s’agit-il? On a entendu parler de menaces, de chantage, d’extorsion…
-Je ne me souviens pas du terme exact, mais le contexte général, ma perception, me laissent penser au terme chantage. [en arabe ibtizaz, qui peut également faire penser à extorsion]“
Selon une deuxième source, présente également lors du conseil de gouvernement, il faut relier cette affaire à la vidéo dans laquelle Hamid Chabat dit ceci : “je jure devant Dieu, si la fameuse liste [PJD] ne tombe pas, il y aura des problèmes à Fès“. (vidéo ci dessus). Cette second source évoque une menace de semer le désordre, voire de "brûler" Fès. Elle ne cite ni source ni fait précis. Mais, elle était présente au fameux conseil de gouvernement.
De nombreuses informations, de sources différentes, font état par ailleurs de menaces explicites, qui concerneraient un soulèvement à Fès si Chabat n’arrive pas à remporter la président de la région de Fès-Meknès, finalement dévolue à Mohand Laensar. Médias 24 n’a pas confirmer ces informations, ni retrouver des déclarations ou des vidéos allant en ce sens.
Notre troisième source, mieux informée et bien placée dans la hiérarchie de l’Etat, est plus explicite: “il ne s’agit pas seulement de chantage, il s’agit également de menaces contre l’Etat. Je peux affirmer qu'il s'agit bien de menaces“.
“-Le dossier est-il fermé ?
-Non.
-Y aura-t-il des suites?
-Je ne sais pas“.
En d’autres termes, le dossier n’est pas clos, mais il n’y a pas encore de décisions quant à des suites éventuelles. Clairement, les informations ont été transmises aux plus hautes autorités du pays. Mais ceci est une déduction, pas une information.
Quel crédit accorder à ces accusations contre Chabat?
Aucun, tant que des preuves n’ont pas été avancées. Il s’agissait d’une délibération au sein du conseil de gouvernement, tenue par le secret professionnel et non destinée à la consommation publique.
Cependant, les sources sont crédibles. Il paraît difficile que le ministre de l’Int
érieur, un homme posé et peu porté sur la polémique et l’accusation facile, se lance dans des discussions de café de commerce dans une réunion officielle gouvernementale.
Du côté de l’Istiqlal, et bien qu’aucune déclaration gouvernementale officielle n’ait été faite, le comité exécutif du parti a pris position. Réuni vendredi soir à Rabat, sous la présidence du trublion Chabat, il a exigé du gouvernement des preuves de ce qu’il avance.
L’avenir nous dira. Après les élections ratées, voici maintenant de graves accusations contre Hamid Chabat. Celui-ci, très affaibli mais essayant de faire bonne figure, a convoqué le Conseil National du parti pour le 17 octobre.
MISE A JOUR:
Dans un article publié ce samedi 19 septembre dans l'après-midi, le portail Goud apporte des révélations qui lui ont été communiquées par des dirigeants présents au cours de la fameuse réunion du comité exécutif de l'Istiqlal tenue la veille:
-"il s'agit bien d'une menace de brûler Fès. Chabat, au cours de la réunion du comité exécutif présente les choses ainsi: j'ai appelé le ministre de l'Intérieur dans la journée de vendredi et lui ai rapporté que des milliers de citoyens ne pouvaient pas exercer leur droit au vote car ils n'avaient pas leur carte d'identité mais celle d'électeur qui était refusée. Je lui ai dit: si on ne les autorise pas à voter, la ville risque d'être brûlée. Je ne faisais qu'attirer son attention pour qu'il envoie des renforts dans la ville."
-"Hassad ne me fait pas peur, je sais lui tenir tête".
La réalité, c'est que Chabat se dégonfle et fait marche arrière. Il n'a même pas été capable d'obtenir une phrase de soutien de la part du comité exécutif.
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