Documentaire: L’immortelle affaire Ben Barka
50 ans après l’enlèvement de Mehdi Ben Barka, Joseph Tual apporte son propre éclairage et ses vérités sur l’affaire d’un mort qui a décidément la vie longue.
Plusieurs documents écrits et filmés ont été consacrés à la disparition du plus célèbre opposant du Roi Hassan II, mais le documentaire “Ben Barka, l’obsession“ prétend apporter des nouveaux éléments de réponses aux circonstances de sa mort.
Pour rappel, le 29 octobre 1965, Mehdi Ben Barka, le leader de l’UNFP disparaissait à Paris. Au jour d’aujourd’hui, le corps n'a toujours pas été retrouvé et l’instruction de l’affaire reste ouverte à Paris car les vrais responsables de son assassinat n’ont jamais été inquiétés.
Le reportage commence par la révélation du lieu où serait enterrée la tête de Ben Barka.
A l’appui de la thèse du journaliste, le témoignage filmé d’Ali Bourequat emprisonné dans la prison secrète (Point Fixe 3) de Rabat aux côtés de 3 truands Boucheseiche, Le Ny et Dubail.
Désignés par la justice française comme les exécutants de l’enlèvement du célèbre leader de gauche, ces derniers s’étaient réfugiés au Maroc avant d’être emprisonnés puis disparaître à leur tour.
Ali Bourequat raconte devant la caméra que son voisin de cellule Pierre Dubail lui avait confié avant de mourir que la tête de Ben Barka était enterrée à quelques mètres de leur lieu de détention. «Elle est juste là-bas. Il m'a montré exactement l'endroit où elle était.»
Le journaliste poursuit que plusieurs sources différentes, dont il ne peut rendre publics les noms sans les mettre en danger lui auraient confirmé la même version.
Dans les images projetées du PF3, on voit quelques brèves images volées du terrain qui abriterait selon le journaliste, un possible charnier planté de plusieurs oliviers et orangers.
Joseph Tual désigne un endroit large où les arbres ne poussent pas et poursuit que selon un expert interrogé par ses soins l’explication est simple: «S’il n’y a pas d’arbres qui poussent à cet endroit, c’est parce qu’on y a versé de la chaux vive. C’est une substance utilisée pour camoufler l'odeur des corps dans les charniers».
Plus loin dans le reportage, le journaliste affirme que Mehdi Ben Barka a signé son arrêt de mort en voulant faire du Maroc une monarchie constitutionnelle.
S’il n’a jamais été établi formellement que le défunt Roi Hassan II était le commanditaire du meurtre, Joseph Tual avance que le témoignage filmé d’un des organisateurs de l’enlèvement ne laisse aucune place au doute.
Une séquence jamais diffusée montre en 2005 Antoine Lopez, alias «Savonette», ancien informateur du SDECE condamné et emprisonné pour son rôle dans l'enlèvement pointait du doigt le commanditaire de la disparition de Ben Barka.
Filmé à son insu chez lui, on le voit demander à Joseph Tual: «Tu sais qui était le chef de toute cette opération et sans attendre la réponse, répondre de lui-même: «Hassan II».
Le journaliste pense que son interlocuteur avait un peu honte et qu’au crépuscule de sa vie, il n'avait plus rien à perdre surtout qu’il n'avait jamais tenu de tels propos dans le passé.
Mais s’agissait-il d’une information ou d’une spéculation de la part de Lopez? Le rôle qu’il a joué dans l’affaire était trop subalterne pour qu’il puisse réellement constituer un témoin de premier plan.
Fruit de nombreuses années d’enquête, le documentaire se nourrit de confidences d’ex-prisonniers détenus au Maroc, du témoignage du juge d’instruction Ramaël, chargé de l’affaire pendant 11 ans et de celui de Me Buttin, avocat de la famille Ben Barka.
Si le travail de Joseph Tual est incontestablement intéressant pour les profanes, il n’apporte pas de véritables révélations hormis remettre l’affaire dans son contexte historique.
Bien avant lui, le journaliste Daniel Guérin avait déjà soulevé les mêmes pistes dans son enquête «.Ben Barka, ses assassins, 16 ans d’enquête.»
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