img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Redaction

Khadija Rouissi, la dame de fer du PAM

On aimerait voir plus souvent ce genre d’interviews télévisées sans concession et sans langue de bois, où les deux protagonistes, le journaliste comme l’invité, ont du répondant et de la consistance.

Khadija Rouissi, la dame de fer du PAM
N. E.
Le 4 novembre 2015 à 14h19 | Modifié 4 novembre 2015 à 14h19

Khadija Rouissi, membre du bureau politique du PAM, a été brillante mardi soir 3 novembre sur Al-Aoula, la chaîne nationale de tv.

Maîtrisant parfaitement la langue ainsi que la plupart de ses sujets, elle a été cohérente même si on peut ne pas être d’accord avec tout ce qu’elle a dit. Pour ceux qui la connaissent, elle a été elle-même, n’a pas joué un rôle, n’a pas endossé un costume qui n’est pas le sien. On lui sera même reconnaissant de ne pas avoir versé dans ce travers des politiques qui consiste à fuir les questions embarrassantes pour ne pas donner de réponses qui déplaisent.

Khadija Rouissi n’a pas cherché à plaire, mais à convaincre. Elle a été fidèle aux idées qu’on lui connaît. Elle avait une attitude sincère et c’est le plus grand compliment que l’on peut faire à un homme ou une femme politique.

Sur le fond maintenant.

Elle a défendu son parti, le PAM, a su déconstruire ou dégoupiller un certain nombre de questions pièges. Pour elle, le PAM est un parti de centre gauche démocratique et social, ce qui figure d’ailleurs dans les documents du parti mais ne correspond pas obligatoirement à la perception de l’opinion publique, ni à l’esprit de certains de ses fondateurs qui continuent à le prendre pour un parti libéral à l’anglo saxonne (libéralisme économique et libéralisme politique).

Le PAM, affirme-t-elle, a un projet de société complètement opposé à celui du PJD. Le PAM, selon elle, est un parti qui accepte les avis divergents, les opinions contraires, qui est favorable à la diversité. Un parti démocrate qui n’essaie pas de s’imposer comme détenteur de la vérité. Un parti favorable à la modernité, car celle-ci est indissociable de la démocratie, or le PAM défend, promeut la démocratie.

Sur la condition de la femme, elle avait un boulevard devant elle et elle s’y est engouffrée. Elle s’est interrogée sur le devenir du projet de loi contre les violences faites aux femmes. Sur la faible audience du rapport accablant du CNDH sur la parité et l’égalité dont "on" n’a retenu que la recommandation sur l’héritage. Sur l’officialisation de la langue amazighe qui avance à reculons.

Voici un verbatim des principaux points que nous avons retenus:

>Sahara: Il existe 126 mouvements sécessionnistes de par le monde. Selon une étude de l’ONU, un Etat qui a fait sécession devient généralement un failed state ou Etat défaillant, avec à sa tête une oligarchie qui pille sa propre population. L’autonomie, c’est l’autodétermination. Nous, Marocains, n’avons pas fait tout ce qui est en notre pouvoir pour défendre cette cause. Nous devons commencer par nous interroger sur ce que nous pouvons encore faire.

>Mehdi Ben Barka: Sa famille a le droit de savoir et de se recueillir sur une tombe.  Avec l’USFP, on se connaît bien, on s’est connu dans les luttes, les combats pour les droits humains, pour la démocratie, dans les prisons…

>Amendis: Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi on parle de "fitna" (discorde) [allusion à des propos de Benkirane]. Il est sain que les gens protestent, qu’ils expriment leur mécontentement, dès lors qu’ils le font dans le respect de la loi et de la Constitution. On veut faire taire toute contestation, on n’accepte pas l’avis différent ou contraire.

Dans une démocratie au contraire, il est sain d’avoir des différends, c’est pour cela qu’il y a une Constitution et des mécanismes pacifiques pour régler les différends.

>Amazigh: Pour Benkirane, c’est du chinois. Le chef du PJD a dit que l’amazigh est une rivière et la langue arabe une mer. Eh bien, moi je dis que cette rivière est antérieure à cette mer. La langue amazighe est antérieure à la langue arabe.

Il existe une idéologie [allusion au PJD] ennemie de la diversité. Elle veut que nous ayons une seule langue, une seule tenue vestimentaire, un seul discours. Cela fait quatre ans que nous attendons cette loi organique qui va officialiser la langue amazighe.

>PJD: Il y a un problème d’état d’esprit, de projet de société mais également un problème de compétence. Le Maroc ne doit pas être dans une mentalité de bienfaisance; il n’y a pas de vision stratégique; seuls 53% de la population bénéficient d’une couverture santé [en fait, le gouvernement veut atteindre la couverture universelle d’ici la fin de l’année]. Il faut être volontariste et audacieux.

>Comment a fait le PAM, un parti très jeune, pour obtenir ces résultats aux communales et régionales? Nous sommes des militants depuis longtemps, nous ne sommes pas venus du néant, nous sommes connus depuis les années 60 et 70 pour notre implication dans le combat pour les libertés, les droits humains…

>Le CNDH, l’héritage: Il y a eu des attaques graves contre le CNDH, une instance constitutionnelle. Le CNDH est dans son rôle, tel que le définit la Constitution. Il doit se préoccuper, prendre connaissance, de TOUTES les questions qui relèvent des droits humains. Il était dans son rôle en publiant ce rapport sur la parité et l’égalité.

Nous avons besoin d’Ijtihad et de dialogue. Est-ce que la religion interdit le débat? L’élite est une locomotive, c’est son rôle de mettre le doigt sur les problèmes d’aujourd’hui et de demain. Celui qui attire l’attention sur un incendie n’est pas celui qui a allumé l’incendie. Et on lui demande de regarder ailleurs et de laisser l’incendie.

Nous avons été nombreux à militer pour la condition de la femme, pour la réforme de la moudawana. Et maintenant, je vois le ministre de la Justice s’approprier cette réforme comme une avancée, alors qu’il l’avait combattue.

Le problème de l’héritage, dans le cas où le défunt ne laisse que des filles, nous l’avons posé au sein du PAM depuis un an. Les Marocains savent, connaissent les situations d’injustice nées de la législation actuelle.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
N. E.
Le 4 novembre 2015 à 14h19

à lire aussi

BMCI-Crédit du Maroc : ce que pèserait le futur pôle bancaire de Holmarcom
BUSINESS

Article : BMCI-Crédit du Maroc : ce que pèserait le futur pôle bancaire de Holmarcom

Le rachat de la participation de BNP Paribas dans la BMCI, s’il est validé par les instances de régulation, ouvrirait la voie à une fusion avec Crédit du Maroc. Que pèserait alors le nouvel ensemble ? Et comment rebattrait-il les cartes du secteur bancaire ? Si toute projection précise reste délicate, une fusion ne se résumant pas à l’addition mécanique des indicateurs, nous vous proposons une première lecture indicative de la recomposition du paysage bancaire qui pourrait se dessiner.

Taux d’activité, le grand problème sous-estimé du marché de l’emploi marocain
ECONOMIE

Article : Taux d’activité, le grand problème sous-estimé du marché de l’emploi marocain

Depuis vingt-cinq ans, le taux d’activité recule continuellement, révélant une sortie silencieuse d’une partie de la population en âge de travailler du marché du travail. Le phénomène est particulièrement marqué dans le monde rural, chez les femmes et parmi les jeunes.

Souveraineté navale. Comment le Maroc a réinventé sa défense en mer
Defense

Article : Souveraineté navale. Comment le Maroc a réinventé sa défense en mer

Après une longue période de déclassement naval, le Maroc a engagé, sous le règne de Mohammed VI, une modernisation progressive de sa Marine royale. Loin d’une course aux bâtiments lourds, Rabat privilégie une flotte plus agile, adaptée à la surveillance d’un vaste domaine maritime et aux menaces asymétriques. Une doctrine de souveraineté fondée moins sur l’affichage de puissance que sur l’efficacité opérationnelle.

Tanger et Casablanca, vitrines du potentiel industriel marocain pour les entreprises basques
Quoi de neuf

Article : Tanger et Casablanca, vitrines du potentiel industriel marocain pour les entreprises basques

Une délégation réunissant une vingtaine de sociétés du Pays basque espagnol, aux côtés de leur chambre de commerce et des autorités provinciales, a multiplié cette semaine les visites de sites majeurs, dont les usines de Stellantis et Renault, ainsi que les échanges avec la GEM, afin d’identifier des débouchés concrets dans l’automobile, l’aéronautique et les équipements industriels.

Les États-Unis le réaffirment : l'autonomie, “unique base d'une solution juste et durable” au Sahara
DIPLOMATIE

Article : Les États-Unis le réaffirment : l'autonomie, “unique base d'une solution juste et durable” au Sahara

Les États-Unis ont réaffirmé, mercredi 29 avril 2026, leur "reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara" et leur soutien à l’initiative marocaine d’autonomie comme "l’unique base d’une solution juste et durable" à ce différend.

Officiel: Holmarcom prendra le contrôle de la BMCI et la fusionnera avec Crédit du Maroc
BUSINESS

Article : Officiel: Holmarcom prendra le contrôle de la BMCI et la fusionnera avec Crédit du Maroc

Holmarcom reprendra la totalité des parts de BNP Paribas dans la BMCI. L'accord a été signé ce mercredi 29 avril 2026. La finalisation est annoncée pour le quatrième trimestre 2026, sous réserve bien sûr des autorisations réglementaires. Après Crédit du Maroc, Holmarcom réalise une deuxième opération d'éclat.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité